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En ce dimanche 10 mai, la traditionnelle transhumance des brebis Noires du Velay, "Lou Pastre de la Neigre", a rassemblé petits et grands. Cette année, l'événement a pris ses quartiers au GAEC des Noisetiers au Monastier-sur-Gazeille. Un rendez-vous convivial pour promouvoir cette race locale, la "seule noire parmi les blanches".
Galerie photos à retrouver en fin d'article.
Le tintement des sonnailles, les brebis lancées au pas de course et des centaines de visiteurs derrière elles : la traditionnelle transhumance des brebis Noires du Velay a une nouvelle fois attiré la foule.
Portée par l’association des Producteurs d’Agneaux Noirs du Velay, créée en 1995, la manifestation a pour objectif de promouvoir la race de la Noire du Velay tout en rapprochant consommateurs et éleveurs. L’association rassemble aujourd’hui une vingtaine d’éleveurs.
C'est en milieu de matinée que le top départ de la transhumance a été donné. Au bord des chemins, dans l'herbe mouillée et la boue causée par la pluie de la matinée, tous attendaient avec impatience l'arrivée de la vague. À peine les barrières ouvertes, les brebis se sont élancées à vive allure au milieu de la foule, entraînant derrière elles une masse enthousiaste.
"Il va falloir marcher plus vite !", s’exclame un enfant au milieu de l'euphorie du moment, alors que certains participants tentent de suivre le rythme du troupeau. D'autres, résignés, glissent avec le sourire : "On les rattrapera jamais !"
Une fois les brebis dans leur pâturage, les marcheurs ont poursuivi avec une randonnée de 7,5 kilomètres à travers le viaduc de la Recoumène et des paysages à couper le souffle. Après l’effort, place au réconfort autour d’un repas du terroir : terrine d’agneau, grillades d'agneau, pommes de terre et fromage de brebis figuraient au menu.
L’après-midi s’est poursuivie avec un marché de producteurs locaux et d’artisans, des démonstrations de tonte et de chiens de troupeau, une exposition de tracteurs anciens et un concert du trio local O’Cab. Au total, ce ne sont pas moins de 1 000 visiteurs qui ont participé à l’événement et plus de 600 repas ont été servis. Plus de 50 bénévoles se sont activés toute la journée pour veiller au bon déroulement de l'événement.
Parmi les visiteurs, locaux et touristes, habitués et curieux sont venus profiter de l'événement. La pluie, tombée dans la matinée avant l'arrivée des premiers randonneurs, n'a visiblement pas découragé grand monde.
Cette famille venue des Villettes raconte : "On a découvert l’événement en visitant une ferme de brebis noires à Tence." Pour les parents : "C'est le côté convivial, la petite journée sympa en famille. Puis les animaux pour les enfants c'est le top." L'une des participantes a même enfin réalisé son rêve de participer à une transhumance.
Même enthousiasme chez ces quatre amis venus d’Isère en week-end : "On est venus en week-end aux Estables pour des randonnées et on a vu l’affiche chez le boucher." Là aussi, l'excitation de participer à une transhumance pour la première fois se fait ressentir chez les participants.
Si pour certains, la découverte est totale, d’autres reviennent tous les ans, comme cette famille du Puy-en-Velay : "Ça doit faire quatre ans qu’on vient, on vient chercher la convivialité et les produits locaux. Puis c’est bien de voir les exploitations, on n’est pas trop habitués."
"Beaucoup de gens qui n'aiment pas l'agneau sont agréablement surpris en goûtant de la Noire du Velay.", David Galland, GAEC des Noisetiers
Installés au Monastier-sur-Gazeille depuis 1995, David et Hélène Galland accueillaient l’événement pour la première fois : "C’est la première fois qu’on fait l’événement ici sous cette forme-là. Avant, on faisait un repas à la salle des fêtes du Monastier. Depuis une dizaine d’années, on centralise tout dans une exploitation et on change de ferme chaque année", explique David Galland. Il poursuit : "Ça permet de mettre en avant notre exploitation et la viande d'agneau."
Pour Jérémy Masson, président de l’association des Producteurs d'Agneaux Noirs du Velay, "le but, c’est aussi de casser ce cliché comme quoi la viande d'agneau est forcément forte". Une idée que partage David Galland : "C’est une viande avec une fibre fine et très tendre. On fait de l’agneau jeune, donc la viande est moins forte. Beaucoup de gens qui n’aiment pas l’agneau sont agréablement surpris en goûtant de la Noire du Velay."
D'ailleurs, l'association travaille avec les deux principaux abattoirs de Haute-Loire et peut commercialiser jusqu'à 4 000 agneaux par année dans toute la Haute-Loire mais aussi en Ardèche.