Ce jeudi 24 septembre, les préfets de région et du département, Etienne Guyot et Yvan Cordier, le député Laurent Wauquiez et les services de la Région se sont rendus chez Barbier, à Monistrol-sur-Loire.
Dans cet atelier de 150 m de long, Serge Vassal déroule le fil de ses machines. Après 25 ans à la tête du groupe, le patron s'apprête à passer la main à son directeur général, Thomas Baralon, le 1er octobre.
Mais jeudi encore, c'était lui le guide.
Ici, la matière première arrive en sacs de granules de polyéthylène. "Malheureusement, ça vient de moins en moins de France, mais surtout du Moyen-Orient et des États-Unis", déplore le président.
L'entreprise transforme ce plastique fossile, parfois mélangé à de la matière recyclée pour certains produits, en bâches agricoles ou en emballages, notamment ceux des bouteilles bien connues de Volvic.
Pour le procédé bien complexe de création d'une feuille de plastique, le secret, c'est l'extrudeuse. On y chauffe le plastique à 200 °C jusqu'à obtenir une pâte collante. "Exactement comme un chewing-gum", s'amuse Serge Vassal.
La matière est ensuite compressée à travers un anneau avant d'être refroidie dans une tour de 19 m de haut. En montant, le film se gonfle et peut former des bâches jusqu'à 20 m de large.
L'enjeu primordial du recyclage
Dans un autre bâtiment, nous découvrons le site de recyclage. Ici, chaque année, Barbier avale 30 000 tonnes de polyéthylène trié pour les réincorporer dans ses productions. "On ne revend pas cette matière recyclée, nous dit Serge Vassal, on l'utilise."
Sous les bâtiments de Barbier, on retrouve une piscine de 800 m2 qui stocke l'eau de pluie afin de permettre un fonctionnement en circuit fermé. On y extrait aussi de la pierre et de la ferraille, eux aussi recyclés.
Aujourd'hui, 28 % de production de Barbier provient de son plastique recyclé et de biodégradable. L'objectif est de 30 % en 2030 et 40 % d'ici 2035.
Mais si le recyclé, c'est l'avenir, encore faut-il le faire adopter aux industriels. "Il faut faire accepter aux clients qu'une matière recyclée donne un rendu plus mat et avec des grattons." Somme toute, le prix à payer pour ne plus dépendre du pétrole importé.
Au centre de recyclage, on réutilise le plastique.
Photo par Préfecture de la Haute-Loire