Je signale une erreur

Précisez éventuellement la nature de l'erreur
Saisir les caractères affichés dans l'image.

Sécheresse : pour Renaud Daumas, l'heure est à la « démocratie de l'eau »

Par . . , Mise à jour le 19/08/2026 à 17:00

Depuis hier, mardi 18 août, un arrêté sécheresse place les axes Loire et Allier en crise et le bassin Loire aval en alerte renforcée. C'est dans ce contexte que le conseiller régional écologiste Renaud Daumas remet sur la table une proposition défendue depuis 2023 : développer l’hydrologie régénérative pour mieux retenir l’eau dans les territoires.

Les pluies orageuses de ces derniers jours ont permis une légère remontée des débits de plusieurs cours d’eau, mais la situation reste fragile et très contrastée. Le nouvel arrêté sécheresse, pris ce mardi 18 août, en est la preuve. Une situation qui ravive, chez l’élu, les inquiétudes déjà exprimées il y a près de trois ans sur l’avenir de la ressource en eau.

En décembre 2023, Renaud Daumas avait débuté son intervention devant l’assemblée plénière régionale par une question : « Le mur ou la vie ? » Aujourd'hui, en août 2026, il affirme : « Le mur, on commence à bien le voir, on a même la tête dedans. »

Un appel à projets régional de 4 millions d'euros par an

C'était le 14 décembre 2023, lors d’une assemblée plénière budgétaire de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, que l’élu écologiste avait défendu un amendement visant à créer un appel à projets régional intitulé « Hydrologie régénérative au service des territoires », doté de 4 millions d’euros par an.

L’objectif : mieux gérer la ressource en eau en agissant directement sur les territoires. « L’idée de cet amendement était de lancer un appel à projets, et que des collectivités puissent y répondre pour restaurer massivement le cycle de l’eau par l’aménagement du territoire », explique-t-il.

L’hydrologie régénérative consiste notamment à ralentir, répartir, infiltrer et stocker les eaux de pluie et de ruissellement. Elle peut se traduire par la plantation de haies, la restauration de zones humides, la désimpermeabilisation des sols, l’agroforesterie ou encore la création de fossés d’infiltration.

Carte arrêté sécheresse du 18 août 2026 en Haute-Loire
Carte arrêté sécheresse du 18 août 2026 en Haute-Loire Photo par Préfecture de Haute-Loire

« Retenir l'eau plutôt que chercher à la faire ruisseler », Renaud Daumas

60 % de zones humides perdues en France

Pour Renaud Daumas, c'est une approche qui réunit agriculture, urbanisme et gestion des espaces naturels. Il défend surtout une action collective, une « démocratie de l'eau » : « Mettre tous les acteurs autour d’une table et chercher des procédures pour ralentir, répartir, infiltrer et stocker l’eau de pluie et éviter les érosions et les ruissellements. »

L’élu insiste également sur la capacité des sols à retenir davantage d’eau. Selon lui, une hausse de seulement 0,5 % du taux d’humus permettrait de capter environ 80 m³ d’eau supplémentaires par hectare, soit l’équivalent de 8 mm de précipitations.

« Il faut maintenir, voire recréer des zones humides », souligne-t-il, rappelant que 60 % d’entre elles auraient disparu en France depuis le début du XXe siècle. Un enjeu particulièrement important en Haute-Loire, qui dispose de peu de nappes phréatiques : « 100 000 personnes dépendent des nappes d’eau du Devès. »

À l’échelle communale, il plaide pour des aménagements simples : « Le but serait de désimperméabiliser, notamment en évitant les parkings en goudron et en privilégiant les gravillons. Retenir l’eau plutôt que chercher à tout prix à la faire ruisseler. »

« La Région ne protège pas assez »

Renaud Daumas cite en contre-exemple la Drôme, où « la préfecture a bougé avec le Département et la chambre d’agriculture ». Il évoque également la région de Košice, en Slovaquie, où 480 communes ont participé à la création de dizaines de milliers de micro-barrages pour ralentir les écoulements et limiter les risques d’inondation.

Selon lui, un appel à projets régional permettrait aussi d’associer les habitants : « Cet argent de l’appel à projet permettrait aussi de financer des actions pour mobiliser les habitants. »

L’élu écologiste entend donc revenir à la charge : « Je vais tenter de le reproposer différemment. » Il met directement en cause la politique régionale : « La région ne protège pas assez contre le réchauffement, elle n’a pas une vision d’avenir sur ces questions. » Et conclut : « On est la deuxième région qui artificialise le plus, on est loin d’avoir pris un virage raisonnable. »

Renaud Daumas, conseiller régional (Les Écologistes) de Haute-Loire
Renaud Daumas, conseiller régional (Les Écologistes) de Haute-Loire Photo par HU

Je renseigne ma commune de préférence :

  • Accès prioritaire à du contenu en lien avec cette commune
  • Peut être différente de votre lieu de travail
Valider