Le vendredi 30 janvier, les forces de sécurité étaient réunies en préfecture pour la traditionnelle cérémonie des vœux et la remise de médailles. Un moment qui permet également de dresser le bilan des interventions de l'année 2025.
Si le préfet le décrit ainsi : « la Haute-Loire est un département globalement épargné par les phénomènes de délinquance », cette affirmation s'avère pas tout à fait en cohérence avec les chiffres et les ratios.
Atteinte aux biens et aux personnes
Le préfet, Yvan Cordier, introduit son discours de cette manière : « Il y aura la continuité dans l'action, mais aussi des priorités clairement réaffirmables. En matière de sécurité publique, la lutte contre le narcotrafic est la priorité absolue», souligne-t-il.
Selon les statistiques, le département reste globalement plus sûr que la moyenne nationale, même si la vigilance reste indispensable. À la lumière des chiffres, la Haute-Loire essuie elle aussi maints actes de délinquance et de vols.
Que des hausses des violences sous toutes ses formes
Seul exception, le chiffre d’atteintes aux biens notent une baisse de 2,7 % avec moins de 3 000 faits recensés.
À l’inverse, les violences et agressions sont en hausse. Les atteintes volontaires à l’intégrité des personnes (AVIP) progressent de 7,6 %, tandis que les violences intrafamiliales augmentent de 9 %, avec 2 384 faits recensés au cours de l'année.
Les infractions liées aux stupéfiants connaissent également une hausse de 6,3 %, avec 872 faits constatés.
Face à cette évolution, les interventions se sont intensifiées. Le démantèlement d’un trafic de cocaïne au printemps, a permis d’importantes saisies et l’incarcération du principal mis en cause, en est l'exemple. Ces résultats illustrent l’action conjointe des forces de l’ordre et de la justice, permettant de résoudre rapidement les affaires et d'éviter toute aggravation de la situation.
Escroqueries, cambriolages... en pleine forme
Les vols et escroqueries présents sur le département restent également contrastés entre des augmentations et des diminutions. Si les vols liés à l'automobile affichent une forte diminution de 13,8 %. À l'opposé, les escroqueries et infractions économiques et financières (EIEF) accusent une hausse 5.8 %, avec 1 267 faits.
Les cambriolages accusent une hausse de 14,5 % avec près de 781 effractions.
Grâce au concours du travail de la justice, un groupe itinérant responsable d'une centaine de cambriolages de commerce, dont une cinquantaine à Haute-Loire, a pu être arrêté, suite à un flagrant délit sur la commune de Landos. À travers cette affaire « Ceci a envoyé un message clair au réseau de délinquance organisée » explique Yvan Cordier.
Au diapason avec les hausses des délits, le taux d'élucidation en augmentation
Zone police / zone gendarmerie
Les zones police et gendarmerie correspondent aux territoires d’intervention. La police agit principalement en milieu urbain, tandis que la gendarmerie intervient le plus souvent en zones rurales et périurbaines.
Les taux d'élucidation sont tous supérieurs à la moyenne nationale avec des atteintes aux biens qui atteignent 22 %, contre 14 % national.
Les cambriolages sont élucidés à 75 % contre 60 % au niveau national, un chiffre qui témoigne de la qualité du travail coopératif entre les parquets, les forces de l’ordre.
Dans le cadre du plan d'action départemental de restauration de la sécurité du quotidien initié en janvier 2025 par le ministère de l'Intérieur, « il s'agissait de stabiliser la délinquance », explique Yvan Cordier, un objectif atteint selon lui.
« L'efficacité de l'action et la qualité de la coopération entre gendarmerie, police, préfecture et parquet. » Yvan Cordier
Il rappelle alors le démantèlement d’un trafic de stupéfiants à Sainte-Sigolène, en février 2025, mais également d'une trentaine d'autres trafics sur la zone police en sont les exemples marquants. « C'est le reflet du dynamisme des équipes de voie publique et des enquêteurs avec une hausse très significative des infractions révélées », souligne le préfet.
Selon lui, c'est « l'efficacité de l'action et la qualité de la coopération entre gendarmerie, police, préfecture et parquet » qui permettent de faire aboutir les enquêtes et les procédures, comme les bailleurs sociaux l’évoquaient au cours de la signature d’une convention le 28 janvier dernier, confrontés quotidiennement à des trafics de drogue mais également à des troubles de jouissance.
La vigilance reste de mise
Un bilan qui pousse le préfet à conclure « le département est globalement plus sûr que le reste de la France, c'est une chance, mais c'est aussi une exigence, celle de ne jamais relâcher l'effort, de ne jamais considérer ces résultats comme acquis et de continuer à agir avec vigueur, professionnalisme et anticipation.»
L’année 2026 sera ainsi marquée par la poursuite de la lutte contre le narcotrafic, les violences et la fraude, des phénomènes ayant un impact direct sur le quotidien des habitants.
Par ailleurs, le projet de loi relatif à l’extension des prérogatives, des moyens, de l’organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres doit être débattu en séance publique à partir du mardi 3 février. Un texte qui permettrait de disposer de nouvelles marges de manœuvre à la police municipale.
Le préfet dresse le bilan et les chiffres de la délinquances de 2025
Photo par Fanny Gimenez