Pour Zoomdici, Enguerran Massis explique les motivations de sa candidature, son parcours et sa vision pour l’avenir de la commune.
Pourquoi avoir décidé de vous engager dans cette campagne municipale à Issoire ?
Je suis enseignant en lettres-histoire et en histoire-géographie. Je me suis politisé très jeune, dès le lycée, lors du mouvement contre le Contrat première embauche en 2005, sous Jacques Chirac. C’est l’une des dernières fois où un gouvernement a reculé face à la mobilisation sociale. Beaucoup de jeunes ont alors découvert l’action collective, et cela a structuré durablement mon rapport à la politique.
Votre liste est soutenue par La France insoumise, mais se présente sous le nom "Union populaire". Pourquoi ce choix ?
Nous assumons pleinement le soutien de La France insoumise, et, pour ma part, je suis militant de ce mouvement. Mais notre liste est composée majoritairement de militants associatifs, syndicaux, ou simplement d'habitants investis localement. Le nom "Union populaire" permet de respecter cette diversité et de ne pas assigner une étiquette politique à des personnes non encartées.
Pourquoi deux listes à gauche à Issoire ? Que s’est-il passé avec le PS ?
À Issoire, il n’existe plus de section structurée du PS depuis longtemps, et il a été absent de nombreuses mobilisations locales, notamment contre la réforme des retraites. Mais le désaccord est aussi national. Le Parti socialiste a été élu sur le programme du Nouveau Front populaire, puis a refusé de censurer le gouvernement issu de la majorité présidentielle. Pour nous, c’est une rupture avec les engagements pris devant les électeurs.
Quel regard portez-vous sur le bilan du maire sortant, Bertrand Barraud ?
Derrière le vernis brillant de la communication de M. Barraud, il y a peu d’anticipation et un manque de vision à long terme.
"Sa gestion politique a d’ailleurs été épinglée par la Cour des comptes en 2023 pour manque de projet de territoire."
Ce qui nous inquiète largement, notamment sur la question cruciale de la gestion de l'eau, actuellement assurée par API. Il faut regarder derrière ses belles vidéos et les apparences. Issoire donne une image très soignée, notamment dans le centre ancien. Quand on voit les façades colorées des maisons, on se dit que c’est beau en tant que touriste. Mais la réalité est tout autre.
"Beaucoup de logements sont de véritables passoires thermiques. "
Derrière ces façades, on trouve en majorité de véritables passoires thermiques, parfois même des logements insalubres. C’est un enjeu majeur à la fois social, environnemental et sanitaire, qui n’a pas été traité à la hauteur.
Que proposez-vous concrètement sur le logement ?
Nous voulons mettre en place le permis de louer. C’est un outil très concret qui permet à la collectivité de contrôler la mise en location de logements énergivores ou indignes. Cela protège les locataires et oblige les propriétaires à engager des travaux. C’est une mesure de justice sociale, mais aussi de transition écologique.
Concernant les transports, vous dites vouloir améliorer le réseau actuel. De quelle manière ?
Le réseau Sherpa fonctionne largement à vide. Les horaires sont inadaptés, certains quartiers ne sont pas desservis, et il n’y a pas eu de réelle concertation avec les habitants.
"Beaucoup aimeraient utiliser les transports en commun, mais les horaires du Sherpa ne correspondent pas à leurs besoins."
Vous revendiquez la gratuité de la cantine scolaire, pourquoi est-ce une priorité ?
Parce que c’est une mesure d’égalité. Comme l’école publique, la cantine doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Elle garantit un accès à une alimentation équilibrée, notamment pour les enfants des familles modestes.
Comment financeriez vous une telle mesure ?
La gratuité ne signifie pas que cela ne coûte rien. Cela signifie que le coût est socialisé. Le coût total serait d’environ un million d’euros, estimation haute, mais la part réellement nouvelle serait de quelques centaines de milliers d’euros. C’est un choix politique assumé.
Sur la sécurité en ville, que proposez-vous ?
Bertrand Barraud se targue d'avoir triplé le nombre de caméras de vidéosurveillance. Cela représente un coût important, à l’installation comme à l’entretien, pour une efficacité discutable.
"Nous pensons qu’il aurait fallu privilégier les moyens humains plutôt que les caméras qui sont un outil qui sert a posteriori. La police municipale est en sous-effectif et connaît un turnover important."
Quel message souhaitez-vous adresser aux électeurs d’Issoire ?
"Nous invitons les habitants à regarder les actions plutôt que les belles façades."
Notre projet vise à remettre les besoins réels des Issoiriens au cœur des décisions municipales, avec plus d’anticipation, plus de concertation.
Prochaine réunion publique : jeudi 29 janvier à 18h au Srapontin.