Cette arnaque déjà signalée à Brives-Charensac se répand...
Le maire sortant du Puy-en-Velay, Michel Chapuis, a transformé ses vœux 2026 en un long plaidoyer pour une ville « qui avance, qui rayonne et qui danse » dans une halle de Quincieu archicomble.
Le tout, en respectant scrupuleusement sa réserve électorale à l’approche des municipales de mars, sans dévoiler d'information malgré les rumeurs persistantes et la présence de Baptiste Wauquiez, fils de Laurent, dans le public.
La halle multisports de Quincieu a débordé de plusieurs centaines de personnes dès 19 h 00 ce vendredi 16 janvier, avec des stationnements anarchiques sur trottoirs, pistes cyclables et avenue de Bonneville, tolérés par une police nombreuse mais qui n'a pas semblé interventionniste. Une file d’attente s’est étirée dehors tandis qu’un buffet en enfilade canalisait le flux intérieur vers la grande salle de judo où avait lieu la cérémonie.
Le public, très majoritairement debout, a encaissé une cérémonie de plus d'une heure trente, sous une chaleur vite écrasante due à la promiscuité.
Spectacle total sous haute précision
Le Conservatoire de l’Atelier des Arts, emmené par son directeur Raphaël Brunon, a assuré l’accueil musical sur des airs irlandais.
Le discours à peine entamé par l'édile, de superbes tableaux de danse ont pris le relais pour introduire cette cérémonie, portés par Espace Danse, Centre Danse, Hip Hop Académie et Studio Créa Danse – dont une ouverture tonitruante sur le Requiem – Dies Irae de Verdi et un passage classique sur Le Lac des cygnes de Tchaïkovski – célébrant la diversité associative et le soutien municipal aux jeunes talents.
« Vous l'avez compris, nous avons placé cette cérémonie sous le signe de la danse », a commenté Michel Chapuis.
Des vidéos projetées sur un grand écran surplombant la scène ont rythmé un discours parsemé de démonstrations, hommages et traduit en langue des signes, dans une mise en scène quasi théâtrale.
Un discours sous contrainte électorale
Dès l’introduction, Michel Chapuis a rappelé son « obligation stricte de réserve et de neutralité » en période électorale, se cantonnant officiellement au bilan 2025 sans annoncer de nouveaux projets ni entrer dans la campagne municipale qui se profile en mars.
Sur le front politique, le maire s’est néanmoins attaché à dessiner l’image d’une ville « qui danse », entre tradition et modernité, insistant sur l’engagement de son équipe, la coopération avec l’État, la Région et le Département, et une gestion financière présentée comme rigoureuse sans hausse des taux d’imposition en 2025 : « Nous agissons et investissons pour aujourd'hui comme pour demain, avec un objectif clair : protéger les Ponots. »
Une ville qui met en avant mémoire, culture et grands chantiers
Une large séquence a été consacrée au travail mémoriel de près de 200 élèves de neuf écoles publiques autour de résistants locaux, avec présentation de plaques qui seront exposées dans le jardin Henri Vinay et interventions d’enfants, sous l’œil de la DSDEN et de ses partenaires.
Le maire a longuement mis en avant les équipements et la vie culturelle : fréquentation record du théâtre (plus de 30 000 spectateurs et 4 500 scolaires), succès des Nuits de Saint-Jacques, d’Interfolk, du musée Crozatier et des 40 ans du Roi de l’Oiseau, récemment mis en lumière dans une émission spéciale de Stéphane Bern.
Côté aménagement urbain, il a déroulé un catalogue de rues rénovées (Cardinal-de-Polignac, Breuil, Charles-Rocher, Lashermes, Pont Lafayette, quartiers de Taulhac, Val-Vert, etc.), de requalification de logements insalubres et de nouveaux commerces, en particulier au Val-Vert, présenté comme un « cœur de village » retrouvé.
Sécurité, économie locale et soutien politique
Sur la sécurité, Michel Chapuis a revendiqué le renforcement du dispositif de vidéoprotection, avec 161 caméras, 155 réquisitions traitées en 2025 et la mise en service d’un centre de supervision urbain connecté au commissariat, présenté comme outil central de gestion du trafic et de lutte contre les « infidélités » – lapsus rapidement corrigé en « incivilités » sous les rires de la salle et du maire lui-même.
« Il en fallait un, je l'ai fait. », ironise-t-il.
Il a également multiplié les appels à « acheter local » et à soutenir le commerce de centre-ville, s’appuyant sur la satisfaction affichée des commerçants, le succès du marché de Noël, de la patinoire du Breuil et de la grande roue, et le dynamisme de la Rue des Arts et des braderies.
Laurent Wauquiez, bilan régional en contrepoint
Laurent Wauquiez, conseiller spécial de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, a conclu la soirée, livrant ses vœux pour la France et enchaînant « six raisons d’être optimiste » en revenant sur des chantiers portés par le Région : voie verte du Dolaison, RN 88, nouveau gymnase de Guitard, maintien et rénovation du commissariat en centre-ville, arrivée d’une entreprise créant une centaine d’emplois près de la gare et investissements dans la santé, de l’hôpital à la clinique.
« On est capables de faire des petits pas les uns vers les autres pour faire avancer les choses », a-t-il insisté, soulignant une stratégie d’appui politique fort, rare pour un "conseiller spécial" lors de vœux mayoraux, renforcée par la présence discrète de son fils Baptiste dans la salle.
Il en a profité pour faire des mises au point
Concernant la N88 d'abord : « Je vais finir par couler le goudron moi-même ! On a obtenu la déclaration d’utilité publique. [...] Merci à tous des témoignages que vous avez faits. [...] C’est un très grand acquis. On l’a porté ensemble. Ce sera mieux pour la sécurité routière, pour nos enfants sur les routes, pour ceux qui vont travailler, pour le désenclavement du Puy ».
Puis avec le gymnase de Guitard : « Mais dis donc, c’est devenu difficile de faire des choses dans notre pays [...] Parce que j’ai lu n’importe quoi, donc ça me permet de vous le dire : on détruit l’ancien qui était une passoire à chauffage. [...] L’agglomération va faire 25 000 € d’économie. »
Une danse électorale codifiée
Au-delà des bilans, cette cérémonie sonne comme un préambule électoral masqué : Chapuis en réserve ostentatoire déroule un autoportrait de ville conquérante, tandis que Wauquiez investit la scène pour un bilan parsemé de mises au point sur les polémiques récentes, liant son action à celle du maire dans un duo tacitement complice.
L’absence d’annonce de liste entretient le suspense, transformant les vœux en vitrine d’héritage potentiel pour mars 2026 – dans une mise en scène réussie malgré chaleur étouffante et sortie interminable, bloquée par le buffet assailli.
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