Fred Chaize est apiculteur à Chadron depuis 6 ans, c'est la troisième édition à laquelle il participe à la foire aux miels d'Aiguilhe.
Zoomdici : Avec les épisodes répétés de canicule et de sécheresse, comment les abeilles réagissent-elles ? Est-ce que la floraison s'arrête trop tôt ?
Fred Chaize : La floraison est de plus en plus courte, mais cette floraison printanière est plutôt jolie. La récolte a eu lieu au mois de juin contrairement à d'habitude où celle-ci se fait en août. Nous devons faire preuve d'une grande adaptabilité et faire face à ces enjeux climatiques de manière positive. Il y a une modification des circuits des récoltes depuis des années déjà, c'est assez aléatoire.
Zoomdici : On associe souvent le soleil au miel, mais à partir de quelle température la ruche souffre-t-elle ?
Fred Chaize : Au-dessus de 30°C, la ruche est déjà en souffrance, on a donc passé un été compliqué. Dès mi-juin, c'était la fin, j'ai dû nourrir mes abeilles avec du sucre bio au mois de juillet. En cas de nécessité, je leur donne du sucre issu de la filière française dans le nord de la France.
Zoomdici : Quel a été l'impact sur vos volumes de récolte cette saison par rapport à l'année dernière ?
Fred Chaize : J'ai eu à peu près la même récolte que l'année dernière. Cela dépend vraiment des secteurs avec des orages très localisés.
Zoomdici : Les événements climatiques vous obligent-ils à déplacer vos ruches ?
Fred Chaize : Il y a la nécessité de les changer de place à cause de la météo. Cette année, je les ai déplacées du côté de Tence où il a plu.
Un travail de nuit nécessaire
De son côté, Paul Silvers, apiculteur à Malrevers depuis 4 ans, a dû adapter ses habitudes de travail, nous confie-t-il. "C'est la première fois que je travaillais les ruches de nuit", explique-t-il. En effet, avec leurs combinaisons de protection, les températures peuvent vite atteindre les 5°C supplémentaires.
Paul Silvers est apiculteur à Malrevers
Photo par ML
Il explique également voyager, avec d'autres apiculteurs, dans des pays plus chauds et plus secs comme l'Espagne afin de voir comment les apiculteurs locaux travaillent.
Lui aussi a vu sa production se stopper net à la fin du mois de juin. Cependant, la quantité et la qualité du miel sont satisfaisantes selon lui. Il redoute toutefois "de la casse" cet hiver par manque de ressources pour les abeilles.
Autre sujet de préoccupation depuis plusieurs années, les frelons occupent les esprits des apiculteurs. Paul Silvers a été contraint de changer ses ruches de place en raison de la présence de ces prédateurs, en plus du manque de pluie.
La foire se déroule dans un cadre magnifique
Photo par ML