Je signale une erreur

Précisez éventuellement la nature de l'erreur
Saisir les caractères affichés dans l'image.

« Un ras-le-bol général » : les buralistes de Haute-Loire face à la crise

Par . . , Mise à jour le 08/09/2026 à 17:00

Du tabac moins cher acheté à l'étranger, des chiffres d’affaires qui plongent, des fermetures... À Givors, dans le Rhône, ce mardi 8 septembre, les buralistes ont exprimé leur ras-le-bol. Une vingtaine de professionnels de Haute-Loire ont fait le déplacement pour faire entendre leurs revendications.

La profession se mobilise du 7 au 11 septembre dans six villes françaises. Selon la Confédération des buralistes, pas moins de 22 500 professionnels sont attendus. Au cœur de la colère : la fiscalité sur le tabac, son indexation sur l’inflation et la concurrence du marché parallèle.

Une vingtaine de buralistes de Haute-Loire ont fait le déplacement jusqu’à Givors, dans le Rhône. Une profession d'ordinaire peu gréviste et assez discrète. Car oui, pour un buraliste qui travaille seul, baisser le rideau une journée entière n'est pas si simple.

Une situation qui se dégrade

La Haute-Loire aussi a sa chambre syndicale. Elle est représentée par Martine Jouve, gérante du bar-tabac Le Cyrano à Chadrac. Pour elle, le message à faire passer est clair : « Ce qu’on veut d’abord, c’est un gel de la fiscalité, avec un moratoire ferme et définitif sur plusieurs années. » Et surtout, « la fin de l’indexation du prix du tabac sur l’inflation ».

Derrière ces revendications, une demande presque élémentaire : être entendus. « Que non seulement l’État nous entende, mais qu’il écoute ce qu’on dit et en tienne compte. »

Les buralistes ont pourtant joué le jeu de la diversification : snacking, vape, CBD… « On nous a demandé de nous diversifier, chose que quasiment tous les buralistes ont fait. » Mais aujourd’hui, le constat est amer : « C'est pas pour ça que nos tabacs ne ferment pas. »

« À l'extérieur, c'est open bar »

Le tabac reste au cœur du problème. Avec des prix qui augmentent, les consommateurs cherchent moins cher. « Les gens vont s’approvisionner ailleurs. Aujourd’hui, un paquet sur deux s’achète à l’étranger », affirme Martine Jouve.

Une situation qu’elle juge d’autant plus difficile à accepter que les buralistes, eux, doivent respecter une réglementation stricte. « On respecte toutes les règles, toutes les lois, et on se rend compte qu’à l’extérieur, c’est open bar. »

Un marché parallèle qui met à mal, selon elle, leur activité. « Quand on vend du tabac, on signe un contrat de gérance qui nous donne le monopole sur la vente de tabac. On se rend compte qu’on ne l’a plus. On voit des paquets rouges, des paquets jaunes, il ne faut pas se voiler la face. »

« Des baisses vertigineuses » jusqu'à -40 %

Pas question pour autant de faire porter la responsabilité aux clients. « On ne peut pas en vouloir aux clients. Ils trouvent un paquet moins cher ailleurs, c’est normal. » Dans le viseur des buralistes, c’est donc bien la politique menée par l’État.

« On parle de l’Europe, mais on se rend compte qu’on est le dindon de la farce », lâche la représentante. Et les conséquences sont très concrètes : fermetures, baisse de fréquentation et chiffre d’affaires en chute libre. « On constate des baisses vertigineuses, certains sont à -40 %. » Martine Jouve résume : « C’est un ras-le-bol général. »

En vingt ans, plus de 8 400 établissements auraient fermé, selon la représentante. Derrière les revendications, la survie d'un commerce de proximité en dépend. Selon une étude menée par le Département et la préfecture, 24 % des communes altiligériennes n'ont plus aucun commerce.

 

Je renseigne ma commune de préférence :

  • Accès prioritaire à du contenu en lien avec cette commune
  • Peut être différente de votre lieu de travail
Valider