Sur les étals, certaines absences ne passent pas inaperçues. Cet été, des producteurs ont dû composer avec des récoltes insuffisantes pour alimenter leurs marchés, tandis que d’autres ont vu une partie de leur production compromise par les conditions météo.
Derrière les légumes proposés aux clients, ce sont aussi des semaines d’adaptation qui se racontent : horaires d’arrosage à revoir, cultures à protéger, plants à remplacer… et parfois la nécessité de repenser dès maintenant la manière de produire.
« Il va falloir que je change mon plan de culture »
Sur le marché de Rosières, Jean-Baptiste, maraîcher installé depuis peu à Malrevers, dresse un constat à la question des conséquences de la sécheresse sur son exploitation :
« Physiquement et moralement, cela a été très éprouvant »
Entre les restrictions d’arrosage qui imposent de trouver des moyens de secours et de s’adapter aux horaires fixés par l’État, voir les plants et les jeunes pousses brûler avant même de pouvoir produire, protéger la production exploitable, apporter de la fraîcheur aux animaux ou tenir les jours de marché malgré la chaleur intense — pour l’homme comme pour les légumes qui se conservent moins bien —, la saison a pris des airs de parcours du combattant.
Il y a forcément eu de la casse, notamment du côté des arbres fruitiers dont les branches, fragilisées par le manque d’eau, ont rompu rapidement. Les fruits n’ont pas suffisamment grossi et les plantes ont stoppé leur développement pour se mettre en réserve afin de survivre. La végétation trop sèche a également eu des conséquences sur la faune : les pollinisateurs n’ont pas joué leur rôle, notamment pour les fleurs de courgettes, tandis que les rongeurs sont grimpés sur les plants pour consommer les tomates directement en hauteur.
L'agriculteur explique : « Il va falloir que je change mon plan de culture afin d’optimiser l’espace et le développement des cultures pour supporter la chaleur des années à venir. »
L’impact financier est lui aussi bien visible. Les fruits et légumes plus difficiles à produire, désormais disponibles en quantités limitées, subissent mécaniquement une hausse de prix, bien que la situation reste délicate pour des consommateurs au pouvoir d’achat déjà restreint. Face à cette crise, la Fédération d’agriculture biologique (FAB) réalise actuellement un sondage auprès de ses adhérents afin de répertorier les pertes et d'alerter les pouvoirs publics pour demander des aides financières.
terroir utile JB marché de Rosieres
Des producteurs absents sur les marchés
Le discours est similaire auprès de Laura, maraîchère bio à Présailles, présente ce samedi matin sur le marché du Puy-en-Velay. Les salades, pommes de terre, carottes et choux ont vu leur croissance fortement restreinte, voire nulle, en raison des fortes chaleurs et de la grêle.
« Je n’ai pas trop à me plaindre quand même. Quand j’échange sur nos canaux de communication avec les collègues, l’altitude de mon exploitation m’a un peu préservée sur certaines cultures », nuance-t-elle.
De fait, certains producteurs sont absents des étals ce jour, faute de produits à commercialiser. Sur son stand, la hausse des prix reste contenue en dessous de 5 %, mais concerne tout de même certaines denrées.
Même constat du côté de l’exploitation Cornu, à Yssingeaux, où les rendements sont en nette baisse. Sur le plan humain, la présence sur les marchés cet été a représenté une épreuve, tant pour les clients que pour le personnel. Malgré ces contraintes, les maraîchers du bassin s'efforcent de maintenir des tarifs raisonnables afin de préserver leur clientèle fidèle.
production reduite des maraichers
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