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4 760 m², 131 policiers : le futur commissariat du Puy se dessine

, Mise à jour le 17/04/2026 à 17:30

Ce vendredi 17 avril, Jean-Didier Berger, ministre en charge de la sécurité, était en visite au Puy-en-Velay. Accompagné de plusieurs personnalités locales, il a parcouru les couloirs sinueux du feu bâtiment qui abritait l’Éveil, passant de la salle de rédaction aux locaux d’imprimerie. Une plongée dans le passé du site, avant de se projeter vers l’avenir : celui d’un futur commissariat dont la première pierre pourrait être posée d’ici un an.

Depuis 2020, le projet a franchi plusieurs étapes clés, passant des études d’opportunité aux analyses de faisabilité, le bâtiment est resté sans acquéreur pendant plusieurs années, jusqu’en juillet 2025. Aujourd’hui, les élus ont pu parcourir ces locaux désormais inoccupés, les découvrant ou redécouvrant avant le lancement des travaux, dont la première pierre devrait être posée au printemps 2027.

Un équipement modernisé de fond en comble

Longtemps occupés par les plus de cinquante salariés de L’Éveil, ces locaux étaient devenus trop vastes quand le titre a été contraint de réduire drastiquement ses effectifs et fermer les rotatives. Aujourd’hui une transformation en profondeur va s'opérer. Le futur commissariat, d’une surface de 4 760 m² répartis sur sept niveaux, accueillera les 131 fonctionnaires de police. Il a été pensé « avec de nouveaux espaces de travail, de nouveaux bureaux qui soient adaptés en termes d'ergonomie, qui soient rationnels, il faut qu'on puisse rationaliser nos espaces simples et puis en termes d'environnement de travail qui soit très agréable pour les fonctionnaires » explique le porteur de projet.

« Nous allons doubler notre capacité avec cinq cellules individuelles et une collective, ainsi que des locaux adaptés pour les avocats et les médecins ».

Le bâtiment regroupera l’ensemble des services : état-major, police judiciaire et sécurité publique, afin de centraliser les équipes et optimiser leur travail.

Pour accueillir au mieux, plusieurs aménagements sont prévus. Le stationnement, aujourd’hui problématique, constitue une priorité : « Les véhicules sont principalement garés sur la voie publique, ce qui pose des problèmes de sécurité. Nous disposerons de nouvelles capacités de stationnement adaptées. »

La sécurité du site sera renforcée avec « vitrage pare-balles, contrôles d’accès et vidéoprotection ». Les zones de garde à vue, jugées vétustes, seront entièrement repensées : « Nous allons doubler notre capacité avec cinq cellules individuelles et une collective, ainsi que des locaux adaptés pour les avocats et les médecins ». Le projet prévoit également un stand de tir intérieur avec quatre pas de tir de 25 mètres, ainsi que des équipements destinés à améliorer les conditions de travail des agents, comme une salle de sport.

D’un montant total de 14,14 millions d’euros, le financement est partagé entre la commune, la région et l’État. Une « très belle opération » pour les acteurs impliqués, qui veulent un équipement « moderne, sécurisé, performant et pleinement adapté aux missions des forces de l’ordre ».

Retour dans le passé au cours de la visite
Retour dans le passé au cours de la visite Photo par Fanny Gimenez

Un projet au service de la sécurité et de la justice

Au-delà du bâtiment, le projet répond à une évolution des besoins. Il constitue « une réponse d'une manière générale à l'augmentation de la délinquance », souligne Antoine Jocteur-Monrozier, le procureur du Puy-en-Velay. La proximité avec le tribunal est jugée « indispensable », notamment dans un contexte où « le nombre de gardes à vue explose ». Le nouveau commissariat permettra ainsi « de mieux répondre à l’évolution de la délinquance », souligne Antoine Jocteur-Monrozier.

L’accueil des victimes est également au cœur des préoccupations, avec des espaces adaptés permettant de travailler en lien avec les associations d’aide, dans des conditions respectueuses et confidentielles.

« On est dans un moment assez crucial en matière de sécurité, puisque on a des projets de loi très importants. » Jean-Didier Berger

Des lois pour accompagner le terrain

La visite du ministre s’inscrit aussi dans un contexte législatif. « On est dans un moment assez crucial en matière de sécurité, puisque on a des projets de loi très importants », a rappelé Jean-Didier Berger, ministre en charge de la sécurité. 

Face à l'intensification des faits de délinquance, les moyens ont évolué. « Il y a plus de policiers aujourd’hui qu’hier, plus de voitures, plus de moyens », explique le ministre. Le travail se fait sur le terrain mais pour répondre efficacement, Jean-Didier Berger souhaite renforcer « les moyens juridiques, judiciaires et administratifs » pour garantir « l’immédiateté de la réaction et de la sanction » à travers deux projets de loi.

« Ce sont des mesures extrêmement concrètes pour obtenir des résultats rapidement. » Jean-Didier Berger

L'un d'eux se nomme « RIPOST ». Cette future loi entend répondre aux nouvelles formes de délinquance, telles que « tirs de mortiers, rodéos motorisés, protoxyde d’azote, squats d'Airbnb » en « alignant et en élargissant les compétences judiciaires » de la police municipale et des gardes champêtres des différents postes. 

Dans cette logique, le ministre annonce également un durcissement des peines de prison et des amendes, avec notamment l’augmentation de certaines amendes. « L'amende forfaitaire sur les stupéfiants va passer de 200 € à 500 € », explique-t-il avant d'ajouter : « Ce sont des mesures extrêmement concrètes pour obtenir des résultats rapidement. »

Un projet qui s'ajoute au moyen humain

Le futur commissariat s’inscrit dans une stratégie plus large.  Pour les élus et les instances locales, il s’agit d’« une énorme satisfaction » de bénéficier d'un tel projet qui s'ajoute aux moyens humains déjà en place.   « Quand toutes les planètes sont alignées, entre police, justice, élus et État, on peut avancer vite », souligne le ministre, saluant la participation de la ville, de la région et de l'Etat au financement du projet.

Visite des locaux inoccupés
Visite des locaux inoccupés Photo par Fanny Gimenez

 

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