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599 signalements pour l’environnement en Haute-Loire

Par nadia , Mise à jour le 08/03/2026 à 19:00

Depuis dix ans, la plateforme Sentinelles de la Nature, portée par France Nature Environnement, permet aux habitants de signaler les atteintes à l'environnement ainsi que les initiatives positives en sa faveur. Un outil devenu un véritable baromètre de l’état des sols et des cours d’eau du département.

En Haute-Loire, les atteintes à l’environnement ne passent plus inaperçues. Décharges sauvages, rejets dans les rivières, disparitions de haies ou, à l’inverse, plantations et réhabilitations de berges : la plateforme participative centralise les alertes et les transmet aux collectivités concernées. L’objectif est double : faire cesser les dégradations et valoriser les actions favorables au vivant.

Signaler, suivre et s'informer

Cartographie interactive des Sentinelles de la Nature.

FNE 43 :

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« On a toujours besoin de bénévoles », Guillaume Charmasson, président de FNE 43

Des signalements pris en main par les citoyens

Lancée en 2015, la plateforme participative met à disposition une cartographie interactive permettant de signaler des atteintes à l’environnement ou de valoriser des actions favorables au vivant. Les signalements sont ensuite relayés par le réseau associatif auprès des communes, compétentes en matière de police environnementale, voire auprès d’autres autorités si nécessaire. Les citoyens peuvent suivre les mises à jour des dossiers concernant un territoire sur le site ou l'application.

En Haute-Loire, 599 signalements ont été recensés depuis l’origine : 461 dégradations environnementales et 138 initiatives positives. La progression est nette : 5 signalements en 2015, 75 en 2025, avec une stabilisation entre 70 et 80 alertes annuelles ces dernières années.

« Chaque alerte compte et peut faire la différence », souligne l'association

Derrière ces chiffres, l’association voit le signe d’une mobilisation durable des habitants pour protéger sols, eau, biodiversité et cadre de vie même si elle reconnaît que : « Le nombre d’atteintes est sûrement bien supérieur à ce qu’on nous signale ». Ces atteintes ont des conséquences directes sur la qualité des milieux, la biodiversité, les paysages, le tourisme et la santé publique.

Cartographie des signalements en Haute-Loire 2025 Photo par FNE 43

Décharges, BTP, pneus : les sols en première ligne

Près de 45 % des signalements concernent les sols : dépôts illégaux, gravats du BTP, pneus, véhicules hors d’usage ou brûlages à l’air libre.

Un phénomène jugé préoccupant, notamment concernant certaines entreprises facturant l’évacuation de déchets mais qui les déposent illégalement en pleine nature. La FNE 43 va essayer d’alerter le Préfet sur ce phénomène qui aurait commencé durant la période Covid.

« Un petit phénomène qui se développe depuis trois ou quatre ans, c’est les décharges sauvages de BTP. », remarque Pauline Roignant, chargée de communication

Autre constat : même après nettoyage, certains sites sont de nouveau utilisés. « Le déchet amène le déchet », résume-t-elle. L’amiante constitue également un point noir, avec des volumes parfois trop importants pour les petites communes, notamment à Rauret.

Les atteintes à l’eau représentent 18 % des signalements

Elles se manifestent sous forme de rejets dans les ruisseaux, déchets dans la Loire, l’Allier et leurs affluents, installations ou rejets agricoles mal positionnés. Dans ces cas, les dossiers sont transmis à l’Office français de la biodiversité ou à la fédération de pêche.

Mais les situations peuvent être sensibles, notamment lorsqu'elles impliquent des exploitations agricoles.

D’autant que la politique de la gestion de l’eau, « ça devient très compliqué » euphémisent les membres de l'association, tant au niveau local que national et mondial.

Des communes réactives… et d’autres plus en difficulté

Le traitement des alertes varie fortement selon les territoires. Une quinzaine de communes sont décrites comme particulièrement réactives. « À Brives-Charensac, un dépôt de pneus signalé le 5 novembre 2025 a été enlevé en moins d’un mois », rapporte Guillaume Charmasson, Président de FNE 43. La sentinelle à l’origine du signalement salue « un grand merci aux agents communaux et à la police municipale », exemple d’une coopération efficace entre citoyens et élus.

« Il y a des communes très efficaces, et d’autres où il faut pousser, revenir, relancer », Gabriel Peyret, administrateur-trésorier et référent Sentinelles

Certaines collectivités manquent de moyens techniques ou financiers. L’enlèvement d’une décharge de 12 tonnes de déchets à Coubon a ainsi coûté 4 500 euros. Or, même si le dépôt se situe sur un terrain privé, cela reste une responsabilité communale de la police de l’environnement.

« Il faut savoir que les communes ont le moyen aussi de faire, si c'est sur un terrain privé, à la place du privé et de facturer », précise le référent Sentinelles

Avant de rajouter : « Les intercommunalités (NDLR : communautés de communes ou d’agglomération) devraient se pencher sur ces problèmes car ce sont elles qui ont la compétence déchet (collecte, déchetteries, traitement). Nous on a du mal à les faire s’intéresser à ça ».

Environ un quart à un tiers des signalements aboutissent à une résolution complète. D’autres nécessitent des relances, voire l’intervention de la préfecture ou de la gendarmerie, notamment lors de compétitions mal encadrées ou de dépôts récurrents.

« On ne leur envoie pas juste un email en signalant la dégradation. Il y a tout un suivi, on leur dit également ce qu’ils peuvent faire et on peut les accompagner », ajoute Pauline Vigouroux, en service civique

Des atteintes… mais aussi des initiatives positives

Autres plateformes

L'association a cité d'autres plateformes de signalement et de collecte de déchets :

  • Le réseau Suricate, animé par le ministère chargé des Sports, permet de signaler les problèmes que vous rencontrez quand vous pratiquez un sport de pleine nature.
  • Aliapur, assure la collecte gratuite et la mission de recyclage pour la filière pneumatique en France.

Depuis 2017, la plateforme valorise également les actions favorables à l’environnement. Elles représentent aujourd’hui un signalement sur quatre : plantations de haies, réhabilitations de berges, collectes de pneus agricoles ou mobilisations citoyennes. Rien qu’en 2025, quatorze nouvelles initiatives ont été recensées.

Pour l’équipe locale, composée de cinq à six personnes et de quelques référents bénévoles, l’enjeu est désormais de renforcer le maillage territorial. Le dispositif n’est pas financé et repose largement sur l’engagement associatif.

« La protection du vivant n’est pas une option, elle conditionne l’avenir de nos territoires », FNE 43

Dix ans après son lancement, Sentinelles de la nature s’impose comme un outil de veille environnementale en Haute-Loire. Entre vigilance citoyenne, disparités communales et pressions persistantes sur les milieux naturels, l’association appelle à renforcer la mobilisation collective pour éviter que les dégradations ne s’installent durablement dans le paysage.

« Un sujet qui devrait être au cœur des municipales », pointe Guillaume Charmasson, président FNE 43

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