Une pluie de panneaux pour la mobilisation du 17 octobre, au Puy-en-Velay
Le chantier de la déviation de la RN88 entre Saint-Hostien et Le Pertuis avance, en témoigne la construction du viaduc du Roudesse. Alors que la Région met en avant les mesures de compensation écologique engagées, les opposants au projet continuent de contester son impact environnemental.
La pose de la première pierre du viaduc du Roudesse avait été inaugurée en avril par Laurent Wauquiez. En septembre, une nouvelle visite a permis de faire le point sur l’avancée du chantier. La fin des travaux du viaduc est annoncée pour octobre 2027, avant une mise en service de la déviation prévue à l’horizon de fin 2029.
Le projet reste toutefois l'un des dossiers les plus controversés en Haute-Loire. Alors que la Région défend un chantier présenté comme «
Ouvrage d'art le plus important des 16 composant le projet de déviation, le viaduc du Roudesse s’étendra sur 283 mètres et atteindra 25 mètres au niveau de sa pile la plus haute. Sa charpente métallique représentera 2 700 tonnes d’acier, pour un coût estimé à 30 millions d’euros.
Dans ses dernières communications, la Région indique que la première phase des mesures de compensation écologique, menée sur 29 sites, est achevée. Haies, mares, pierriers et autres aménagements ont été réalisés afin de créer, restaurer ou améliorer différents habitats naturels. Une seconde phase doit débuter à l’automne.
Selon la Région, 214 hectares d’habitats naturels ont été compensés. Le bilan fait également état de 9 kilomètres de murets en pierre sèche reconstitués, 60 kilomètres de haies aménagés, 2 600 mètres de protections acoustiques et 26 passages pour animaux.
Mais tout cela a bien du mal à convaincre l'opposition. Pour Renaud Daumas, vice-président de France Nature Environnement Haute-Loire et conseiller régional Les Écologistes, « il y avait des alternatives à mettre en place pour éviter ce carnage. »
Il reproche aux porteurs du projet d’avoir « repris un projet qui date des années 80 », alors que des propositions alternatives auraient, selon lui, été formulées sans être retenues.
À ses yeux, le chantier intervient dans un secteur particulièrement sensible sur le plan écologique et patrimonial. Il évoque notamment « des prairies, des zones humides, des bocages, des murets patrimoniaux en pierre sèche ».
L'élu résume en parlant d’un « immense gâchis financier et environnemental ».
Le conseiller régional reste réservé sur l’efficacité des mesures. « Ils essayent de compenser tant bien que mal leurs impacts, alors qu’ils auraient pu les éviter », affirme-t-il.
« Les mares ont dû être à sec tout l’été. Ils détruisent des haies qui ont des arbres de 50 ans, qui stockent du carbone, qui abritent des espèces et ils replantent des petits arbustes avec des équivalences écologiques inégales. »
Il affirme que France Nature Environnement Haute-Loire a demandé à la Région et au préfet des informations sur l’état d’avancement de ces mesures et leur correspondance avec les éléments détruits. « On attend toujours », déclare Renaud Daumas.
Une autre incertitude demeure sur le plan judiciaire. L’instruction devant la cour administrative d’appel de Lyon est close depuis mai. Renaud Daumas espère encore un appel susceptible d’annuler la dérogation environnementale et de remettre en cause le projet.
Au fil de l’avancée du chantier, il prévient : « Ce qui a été détruit, ce n’est rien par rapport à ce qui le sera. » En cas de décision favorable aux opposants, il évoque la possibilité de demander « une remise en état », qui pourrait impliquer la démolition des ouvrages déjà construits.
Contactée à ce sujet, la Région n'a toujours pas répondu à nos questions.
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9 commentaires
Je m'interroge toujours sur la passion des altiligériens pour le goudron.
Chaque maison ou presque est entourée de son ruban de goudron. En mettent-ils dans leur salle à manger ?
Même les plus beaux paysages ont parfois leurs petites contrariétés ( DAUMAS)

Un nuisible ( Daumas ) au pays des sucs…
Il faut lui reconnaître un talent assez singulier : ne jamais manquer une occasion de se trouver un nouveau sujet de croisade. Quand ce ne sont pas les Laurent, c’est Wauquiez… et désormais la RN88.
À ce rythme, la route des Sucs risque de devenir moins un axe routier qu’un itinéraire privilégié pour les querelles locales.
Certains construisent des routes, d’autres construisent des obstacles. Chacun, après tout, apporte sa pierre à l’édifice… même si, dans le second cas, elle semble parfois placée exactement là où il ne faudrait pas.
Je vous invite à passer devant ce chantier avec ces piles. C'est à pleurer !! Quel carnage dans ce patrimoine sans pareil. Tellement archaïque et irréversible par les dégâts déjà faits. Il y avait d'autres possibles mais c'est le choix de l'ego, du rapport de force et de la démagogie que nos élus ont faits.
Pendant que les riverains et les usagers attendent enfin que le dernier verrou saute au Pertuis et à Saint-Hostien, certains s’acharnent encore à vouloir bloquer la déviation.
À force de défendre le statu quo, on finit surtout par défendre les nuisances que les habitants subissent depuis des décennies. Le vrai gâchis, il est peut-être là.
Après des années de " Lutte des Sucs " de recours, de brebis, de patates et de barrages de chantier, voilà que Daumas découvre un " immense gâchis "… surtout parce que le chantier avance malgré lui. A ce rythme-là, le prochain combat sera peut-être de demander la démolition du viaduc une fois terminé. Quand on n’a pas réussi à empêcher la route, il reste toujours possible de vouloir refaire le chemin à l’envers.
Qui parmi nos dirigeants a compris que le monde était en train de vivre une immense bascule ? À l'heure où les conditions de vie se dégradent à vue d'oeil sur Terre (rappelons ici que le dérèglement climatique n'est qu'un symptôme parmi d'autres), qui peut encore juger judicieux de construire de nouvelles infrastructures ? Monsieur Wauquiez est un homme du passé, prisonnier d'un logiciel périmé. Quant aux mesures "compensatoires", il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que c'est de la poudre aux yeux. Il faut arrêter de détruire, point barre. Et préparer les populations aux grandes catastrophes qui nous attendent.
Il serait peut-être temps de faire une réevaluation de ce chantier, les contribuables risquent d'avoir une surprise XXL