« Si on continue comme ça… » : l’agglo du Puy inquiète pour ses finances

Par Nadia MEYER , Mise à jour le 29/04/2026 à 17:00

Temps de lecture : 4 minutes

Entre hausse des dépenses, recettes insuffisantes et incertitudes économiques, le conseil d’agglomération propose un budget 2026 placé sous le signe de la prudence.

Le budget 2026 est marqué par une nette hausse des dépenses face à des « recettes peu dynamiques », créant un « effet ciseau préoccupant ». La collectivité assure que la situation reste solide grâce aux bons résultats de 2025, mais anticipe une dégradation.

Dans ce contexte, la prudence s’impose : maîtrise des coûts, maintien de l’investissement et priorisation des projets. Des efforts sont aussi engagés pour soutenir les communes et dégager de nouvelles recettes.

Des dépenses qui augmentent

Avec près de 32 millions d’euros, les charges de personnel restent le premier poste de dépense. Les dépenses de fonctionnement augmenteront de 3,1 millions d’euros, contre seulement 200 000 euros de recettes supplémentaires.

« Si on continue comme ça, l'effet ciseau, on comprend tout de suite ce qui peut se passer », alerte Roland Lonjon, vice-président aux finances.

Les charges de personnel progresseront de 400 000 euros, une hausse jugée « maîtrisée » grâce à des non-remplacements liés à des départs à la retraite et des fins de mission. « Sur 30 millions d'euros de budget, 400 000 euros c'est vraiment raisonnable », ajoute-t-il.

« On entend en permanence : "qu'est-ce que nous amène l'agglo ?" », relève le président, Jean-Paul Bringer, président

Les dépenses globales concernent directement des services du quotidien pour les habitants : déchets, transports, petite enfance… :

  • déchets, mobilités, GEMAPI : 13,8 M€
  • cohésion sociale et petite enfance : 8,9 M€
  • culture : 7 M€
  • sports : 5,7 M€
  • SDIS : 4,1 M€
  • économie : 3,3 M€
  • tourisme : 2,5 M€
  • aménagement et habitat : 1,7 M€

L'élu rappelle la participation au financement du SDIS « alors que ce n'est pas une obligation ».

Solidarité avec les communes

L’agglomération perçoit les dotations de l’État pour les communes et les répartit selon des critères fixés au niveau national. Mais depuis plusieurs années, elle applique un régime dérogatoire permettant de stabiliser les montants versés à chaque commune, indépendamment des variations de l’État.

Au total, 1,3 million d’euros ont ainsi été prélevés sur le budget de l’agglo pour être reversés aux communes « au titre de la solidarité ».

« C'était la volonté des élus de ne pas pénaliser les communes (…) parce qu’elles sont aussi en difficulté », précise Jean-Paul Bringer.

Des recettes insuffisantes

Les recettes, en hausse de 200 000 euros, ne compensent pas l’augmentation des dépenses. Une situation jugée « préoccupante » et « à surveiller de près ».

« On a des recettes qui sont peu dynamiques et qui dépendent en grande partie de décisions nationales », insiste Jean-Paul Bringer.

La fiscalité représente plus de la moitié des ressources mais les taux resteront inchangés en 2026.

La collectivité s’appuie toutefois sur une année 2025 particulièrement favorable, avec une épargne brute record de 10 millions d’euros. Celle-ci devrait toutefois reculer en 2026, pour se rapprocher d’un seuil jugé minimal pour continuer à investir.

Des arbitrages nécessaires sur les investissements

L’investissement est maintenu à 29 millions d’euros, dont 12 millions reportés de 2025. Mais tous les projets ne seront pas réalisés.

« On ne fait jamais la totalité des investissements parce qu’il y a des dossiers qui traînent, qui sont retardés, décalés... » reconnaît Roland Lonjon.

Des choix devront donc être faits :

« On agit prudemment, comme de bons Auvergnats. », résume le président.

Plusieurs budgets annexes restent sous tension. C’est notamment le cas de la mobilité, impactée par la hausse des coûts du transport scolaire. « C’est une inquiétude », reconnaît Jean-Paul Bringer. C’est également le cas du côté de l’abattoir, malgré des efforts déjà engagés pour réduire le déficit.

La collectivité met en avant une gestion prudente, sans augmentation des impôts, et insiste sur la nécessité de préserver sa capacité d’investissement. Côté financements, 60 % proviennent de l’autofinancement, 20 % de subventions et 20 % de l’emprunt. La dette est jugée « raisonnable ».

Perspectives malgré la crise mondiale

Dans un contexte marqué par les incertitudes économiques, la hausse des coûts et la baisse des dotations de l’État, les élus veulent identifier de nouvelles recettes et définir leurs priorités lors d’un séminaire.

Quelques projets ont néanmoins été validés, comme une crèche à Chaspignac, la poursuite de la Via Fluvia, les seuils de la Minoterie à Brives-Charensac ou encore la mise en lumière du patrimoine.

Mais les inquiétudes restent fortes.

« Il y aura moins de croissance, moins de TVA et une inflation qui augmente », alerte Roland Lonjon.

« On était en train de revenir à une situation pré-Covid, et aujourd’hui on se retrouve face à une crise mondiale », conclut Jean-Paul Bringer.

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