Blassac sans maire
Focus sur un « Rendez-vous en terrain JA » avec la chambre d'agriculture et Adrien et Hervé Gibert. L'occasion de faire un bilan sur la transmission et l’installation des exploitations agricoles dans le département. Les deux agriculteurs se sont récemment installés en GAEC au lieu-dit Meyzoux, sur la commune du Monastier-sur-Gazeille.
D’ici à 2030, un tiers des agriculteurs français prendra sa retraite. La chambre d'agriculture indique que cela concerne près de 200 agriculteurs chaque année dans le département donc plus proche des 20%. C’est un constat alarmant tiré par le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire. En Haute-Loire comme dans la France entière, l’installation et la transmission des exploitations agricoles sont donc des enjeux majeurs pour assurer la pérennité de l’agriculture française. Pour favoriser l’installation et la transmission des exploitations, la Chambre d’agriculture de la Haute-Loire, accompagne les porteurs de projet ainsi que les cédants.
188 personnes reçues en PAI
Au cœur de cet accompagnement, le Point Accueil Installation (PAI) s’impose comme la porte d’entrée pour tous les porteurs de projets en agriculture. Ouvert à tous les profils, c’est un lieu d’accueil et d’information, proposant à la fois des réunions collectives et des rendez-vous individuels. Le but : accompagner les porteurs de projet dans leurs démarches, les informer sur les aides existantes et les orienter vers les structures, formations et conseillers adaptés. En 2025, 188 personnes ont été reçues, un chiffre stable depuis quatre ans, et en hausse comparé à 2023 et 2024.
Dans la continuité, le Plan de Professionnalisation Personnalisé (PPP) vise à renforcer les compétences des futurs exploitants, notamment à travers des journées collectives. Sur les 95 porteurs de projet reçus en 2025, 81 ont été agréés et 66 validés. « C'est un travail de longue haleine », précise Floralie Martin, Responsable d'équipe Installation-Transmission à la Chambre d'agriculture de la Haute-Loire.
Le chiffre marquant de l’année 2025 concerne les installations aidées. Au total, 58 dossiers de Dotation Jeunes Agriculteurs (DJA) ont été déposés et validés par le Comité d’Étude des Projets, témoignant du renouvellement progressif des générations agricoles en Haute-Loire. Un chiffre encore une fois stable par rapport aux années précédentes.
« Sans cédants, les porteurs de projet ont trop de mal à mettre en œuvre leur projet. » Cyril Bonnefoi, Jeune Agriculteur.
Le Répertoire Départ Installation (RDI), outil du réseau des chambres d'agricultures joue un rôle essentiel. Il permet de mettre en relation sur un site internet dédié, cédants, potentiels associés ou repreneurs.
« On préfère ça plutôt qu'une installation précipitée qui amènera des difficultés "
« Chaque année, une dizaine de porteurs de projets font un stage test », indique Floralie Martin. D’une durée de 3 à 15 mois, il permet de se confronter à la réalité du terrain avant de s’engager définitivement. En 2025, 10 stages ont été réalisés : 2 ont été abandonnés, 3 ont débouché sur une installation en cours et 5 sont encore en cours. Des abandons étrangement perçus positivement par les professionnels. Ils permettent en effet d’éviter des installations ou transmissions non-viables et de mieux préparer les futurs agriculteurs. « On préfère ça plutôt qu'une installation précipitée qui amènera des difficultés », justifie-t-elle.
Anticiper pour mieux transmettre
L’objectif est clair : faciliter la transmission des exploitations, notamment chez les cédants. Cet objectif est structuré autour de trois axes. D’abord, la sensibilisation. Elle passe par des articles de presse, des événements et des interventions dans les écoles.
Ensuite, les permanences. Elles sont organisées sur tout le territoire altiligérien, avec 65 rendez-vous programmés en 2025.
Enfin, les actions collectives. Demi-journées, matinales et formations abordent les enjeux de l’installation et de la transmission.
Au moment de dresser le bilan, Julien Duplomb, président des Jeunes Agriculteurs de Haute-Loire, souligne l'importance d'encourager et de former la jeunesse. « L'important, c'est de former les jeunes pour qu'ils aient des bases solides pour s'installer et durer dans le temps. »
Des paroles illustrées par la présentation du GAEC de Montchiroux par Adrien Gibert, jeune repreneur d'une exploitation agricole de vaches laitières sur la commune du Monastier-sur-Gazeille.
C'est après un bac pro CGEA, un BTS ACSE et diverses expériences en tant que salarié dans le milieu agricole, qu'Adrien a créé le GAEC de Montchiroux avec son papa Hervé. Ils ont repris l'exploitation de vaches laitières du Monastier-sur-Gazeille, là où Adrien avait été salarié pendant un an. Le père et le fils, maintenant associés, disposent d'un deuxième site en vaches allaitantes à Freycenet-la-Cuche, site familial où Hervé Gibert est installé depuis 1995.
Aujourd'hui, le GAEC de Montchiroux, c'est : deux sites et deux associés qui se partagent les activités de l'exploitation, une salariée à mi-temps et 200 hectares de surface agricole utilisée. Côté production, c'est : 60 vaches laitières et 30 vaches allaitantes charolaises.
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