Pourquoi un mouvement de contestation dans cet EHPAD de Haute-Loire ?

Par EMa , Mise à jour le 22/04/2026 à 17:00

Temps de lecture : 4 minutes

Les personnels de l’Ehpad l'Orangeraie, situé à Saint-Maurice-de-Lignon, se sont réunis ce mercredi 22 avril pour dénoncer un manque d’effectifs et des conditions de travail jugées dégradées. Une large majorité du personnel serait mobilisée, avec « plus de 90 % de grévistes », selon la CGT.

Pour marquer le coup, une partie du personnel était rassemblée ce mercredi 22 avril à 10h devant l’établissement. Ce rassemblement a permis aux agents grévistes d’exposer publiquement, mais aussi à la presse, leurs difficultés quotidiennes, leurs revendications et leurs attentes vis-à-vis de la direction.

« Une seule aide-soignante pour 14 résidents…»

Secrétaire du syndicat CGT Santé des établissements publics de Haute-Loire, Amandine Rabeyrin dénonce une situation ancienne et structurelle. Elle estime que « la situation n’est pas nouvelle, les conditions de travail dans les EHPAD sont particulièrement compliquées ». Elle souligne également une dégradation des conditions de prise en charge depuis la reconstruction et la mise en service du nouvel établissement : « Les effectifs sont largement insuffisants pour prendre en charge les résidents… depuis qu’il y a eu la reconstruction du nouvel EHPAD en 2024, les effectifs ont diminué encore et aujourd’hui elles se trouvent en grande souffrance ».

La syndicaliste évoque aussi l’organisation du travail, notamment les journées de 12 heures expérimentées par certains agents : « 12 heures de travail quand on est aide-soignante, ça fracasse… une majorité voudrait revenir à des organisations moins fatigantes ». Elle décrit également une situation de sous-effectif chronique : « Une seule aide-soignante pour 14 résidents… les toilettes doivent être faites très rapidement, en 10 minutes, ce n’est pas satisfaisant ».

Un début de sortie de crise en demi-teinte

Des discussions ont eu lieu ce mardi 21 et ce mercredi 22 avril entre la direction, les organisations syndicales et les représentants des agents de l’EHPAD l’Orangeraie. Des échanges que les grévistes disent saisir comme une véritable opportunité de négociation, tout en restant mobilisés tant que des avancées concrètes ne seront pas actées.

« Les propositions formulées restent toutefois loin de répondre aux attentes initiales ».

À l’issue de ces échanges, les grévistes évoquent une probable levée du mouvement, malgré des avancées jugées encore insuffisantes. « Mi-figue, mi-raisin », résument Amandine Rabeyrin qui affirme néanmoins avoir la volonté de trouver une issue. « Les propositions formulées restent toutefois loin de répondre aux attentes initiales, notamment en matière de renfort massif des effectifs. Les mesures évoquées portent davantage sur une réorganisation du travail que sur des moyens humains supplémentaires ».

Parmi elles, l’ajout d’une heure de temps AESH par jour, ou encore le maintien des journées de 12 heures, un point qui, selon la CGT, ne semble pas ouvert à la discussion. Dans ce contexte, la levée du mouvement pourrait intervenir dès ce mercredi. Mais la mobilisation et les discussions ne sont pas pour autant terminées : un nouvel échange avec la direction est prévu le 28 avril.

La direction met avant les contraintes budgétaires

Pathos

Le dispositif Pathos correspond à une enveloppe financière réévaluée tous les cinq ans et attribuée par l’Agence régionale de santé. Il repose sur un système de cotation des résidents en fonction de leurs pathologies : un médecin inspecteur évalue chaque situation et attribue des points, déterminant ainsi le niveau de financement accordé à l’établissement. L’Ehpad de Saint-Maurice-de-Lignon, qui s’est préparé à cette évaluation, a ainsi pu bénéficier d’une enveloppe favorable, contrairement à d’autres structures qui rencontrent davantage de difficultés.

Contactée, la direction a tenu à apporter des éléments de réponse. Marion Odadjian, directrice de l'établissement, évoque notamment des contraintes financières qui limitent les marges de manœuvre à court terme.

La création des postes demandés par les agents dépend de l'enveloppe Pathos, qui s'élève à 200 000 euros. Attendue pour janvier 2027, mais elle ne permet pas, à ce stade, de répondre favorablement aux demandes formulées par le personnel, car « les fonds ne sont pas disponibles », explique Marion Odadjian. Elle ajoute également que le nombre de personnels a une incidence sur le coût supporté par les résidents et leurs familles.

Au cours de la réunion de ce matin, la direction s'est dite favorable à l'augmentation des amplitudes horaires du personnel hôtelier et à « une réorganisation de certains services ».

Sur la question du temps de travail, les positions restent partagées. Après un passage à des journées de 12 heures, certains agents souhaitent revenir à des amplitudes de 7 h 30. Pour trancher, la direction propose l’organisation d’un vote de l’ensemble du personnel, qui pourrait intervenir avant l’été.

 

 

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