Commerces de proximité : les « pistes » de Jean-Pierre Vigier

Par Hugo ULIANA , Mise à jour le 15/06/2026 à 17:00

Temps de lecture : 4 minutes

Désigné rapporteur d’une mission parlementaire sur l’avenir des commerces de proximité, le député de Haute-Loire Jean-Pierre Vigier a poursuivi ses travaux jeudi 11 juin avec son co-rapporteur Laurent Lhardit. Après des auditions à Paris et un déplacement à Marseille, les deux élus ont sondé le terrain en Haute-Loire avant la remise d’un rapport fin juin.

Depuis leur nomination le 11 février dernier par la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, Jean-Pierre Vigier et Laurent Lhardit planchent sur une question devenue centrale dans de nombreux territoires : comment sauver les commerces de proximité ?

Cette mission transpartisane, menée conjointement par le député de la deuxième circonscription de Haute-Loire et son homologue socialiste des Bouches-du-Rhône, doit aboutir à des propositions concrètes destinées aux élus locaux, aux chambres consulaires et aux acteurs économiques. Plusieurs pistes émergent déjà des travaux engagés depuis près de quatre mois.

Une mission nourrie par le terrain

Une première réunion de cadrage avait été organisée le 25 février avant le lancement d'un vaste cycle d'auditions. Chambres consulaires, collectivités territoriales, experts économiques, représentants du e-commerce et commerçants ont été entendus par les deux rapporteurs. Ces derniers mois, des auditions ont été menées à Paris. Une visite de terrain a également été organisée à Marseille.

Jeudi 11 juin, Jean-Pierre Vigier a accueilli Laurent Lhardit en Haute-Loire pour une nouvelle étape de cette mission. Accompagnés d'élus consulaires, les deux rapporteurs se sont rendus à Brioude à la rencontre d'artisans et de commerçants. Ils ont ensuite marqué un arrêt à Saint-Georges-d'Aurac pour visiter le dernier commerce de la commune, symbole des enjeux auxquels sont confrontés de nombreux villages.

La journée s'est achevée au Puy-en-Velay avec la visite de quatre commerces, afin d'identifier les points forts du tissu commercial local mais aussi les freins. « Cette mission est complémentaire entre les grands centres-villes, à l'image de Marseille, et les territoires plus ruraux, comme la Haute-Loire », souligne Jean-Pierre Vigier.

Une foncière publique contre la vacance commerciale

Parmi les pistes qui pourraient figurer dans le rapport final, les deux députés réfléchissent à la création d'une foncière publique associant collectivités locales et partenaires financiers.

L'objectif : acquérir des locaux commerciaux vacants, financer les travaux nécessaires, puis les remettre à la location. « Quand un commerce reste fermé longtemps ou est en cours de reprise, cela peut être rédhibitoire, car les repreneurs ne peuvent pas forcément prendre en charge les travaux », explique le député Jean-Pierre Vigier.

Pour les rapporteurs, cet outil pourrait faciliter les reprises d'activité tout en limitant la multiplication des cellules commerciales vides dans les centres-villes et centres-bourgs.

Les députés ont rencontré des élus et des acteurs commerciaux locaux
Les députés ont rencontré des élus et des acteurs commerciaux locaux Photo par Hugo Uliana

Taxer le e-commerce au niveau européen

Autre sujet largement revenu au cours des auditions : la concurrence déloyale exercée par certaines plateformes de e-commerce et les acteurs de la fast fashion.

Pour les deux co-rapporteurs, c'est un problème européen. « Il faut taxer cet e-commerce au niveau européen, pas national, car on voit que c'est facilement contournable », estime le député altiligérien.

Un constat partagé par Hacène Djerdi, président de l'Office de commerce et de l'artisanat du Puy, qui déplore : « On joue sur le même terrain, mais pas avec les mêmes règles. »

Miser sur la complémentarité

Les travaux mettent également en avant la nécessité de renforcer la complémentarité de l'offre commerciale dans les centres-villes.

Selon les deux rapporteurs, le développement d'une activité « locomotive » pourrait contribuer à attirer davantage de clientèle. Cette logique pourrait être accompagnée par des actions d'urbanisme destinées notamment à faciliter les livraisons et l'accessibilité.

Parmi les pistes évoquées, figure également le renforcement des aides du programme Action Cœur de Ville, ou encore une montée en puissance du rôle du manager de centre-ville.

Jean-Pierre Vigier souligne la nécessité de renforcer les complémentarités entre les zones commerciales de périphérie et les centres-villes. « Il y a déjà un faire ensemble au Puy. C'est une complémentarité qu'il faut qu'on développe. »

Des conclusions fin juin

Les conclusions de la mission parlementaire devraient être présentées à la fin du mois de juin. Elles prendront la forme d'un rapport contenant plusieurs recommandations.

Si aucune proposition de loi ne devrait être déposée avant les prochaines échéances électorales, en raison d'un agenda parlementaire chargé, plusieurs des préconisations formulées par Jean-Pierre Vigier et Laurent Lhardit pourraient nourrir un futur texte législatif consacré à l'avenir du commerce de proximité.

 

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