Des élèves en immersion pour dynamiser le commerce de proximité au Puy
Budget 2026, échanges vifs et premières tensions : le second conseil municipal de la nouvelle mandature, réuni ce jeudi 23 avril au Puy-en-Velay, a donné le ton. Pendant près de trois heures, élus de la majorité et de l’opposition ont débattu d’un dossier central, celui des finances, sur fond de contraintes budgétaires et de premières lignes de fracture politique.
Trois heures de débats, 33 délibérations et des échanges parfois vifs : le conseil municipal du Puy-en-Velay a pris, ce jeudi, des airs de véritable arène politique. Au cœur des discussions, le budget 2026 a servi de révélateur aux désaccords qui animent la nouvelle assemblée.
Si le maire Michel Chapuis réaffirme sa volonté d'appliquer son programme avec rigueur, les oppositions du Puy en Commun et du Puy-en-Velay Populaire (LFI) n'ont pas manqué d'interpeller la majorité sur des sujets aussi brûlants que la mixité sociale ou la transparence des subventions.
Présenté par l’adjointe aux Finances Caroline Barre, le budget 2026 concentrait à lui seul 14 des 33 délibérations examinées. Dans un contexte décrit comme contraint, la municipalité met en avant un équilibre entre rigueur et maintien des services publics, sans hausse d’impôts.
La majorité défend ainsi un budget tourné vers « l’attractivité et le bien vivre », tout en soulignant le poids de dépenses jugées incompressibles, notamment en matière de personnel.
Les dépenses de fonctionnement s’élèvent à 26,8 millions d’euros, dont près de la moitié consacrée aux charges de personnel (13 millions d’euros pour environ 240 équivalents temps plein). Une évolution en partie liée à des mesures nationales, comme la revalorisation du point d’indice ou l’augmentation des cotisations.
Les autres postes se répartissent entre :
En face, les recettes atteignent 31,1 millions d’euros. Elles reposent principalement sur la fiscalité (59 %) et les soutiens publics (23 %). Une partie de l’excédent 2025 (3,7 millions d’euros) sera mobilisée pour limiter le recours à l’emprunt.
La municipalité prévoit par ailleurs 13,4 millions d’euros d’investissements, majoritairement autofinancés. Ces crédits doivent notamment financer des projets d’aménagement urbain, des équipements éducatifs et sportifs, ainsi que l’entretien du patrimoine.
Au-delà des chiffres, plusieurs délibérations ont donné lieu à des échanges nourris entre la majorité et les groupes d’opposition, Le Puy en Commun et Le Puy-en-Velay Populaire.
Sur le dispositif du Livret Loisirs Jeunes, l’élue Le Puy en Commun, Saloua El Aazzouzi, a pointé une incohérence : les jeunes de 13 ans ne bénéficient d’aucune aide. Une remarque reconnue par le maire Michel Chapuis, qui a indiqué vouloir corriger ce point.
Le ton est en revanche monté autour de la question de la subvention accordée à l’association La Source. Cette dernière a récemment fait l’objet de signalements pour des faits présumés d’agressions sexuelles sur mineurs, actuellement en cours d’enquête. Le Puy en Commun a demandé un vote distinct, refusé par le maire. La majorité a maintenu sa position, invoquant des critères d’agrément par les services de l’État, conduisant Le Puy en Commun à s’abstenir, tandis que Le Puy-en-Velay Populaire a fait le choix de voter pour.
Un échange particulièrement nourri a également eu lieu autour du projet de renouvellement du quartier Jean Solvain – République (qui fera l’objet d’un article séparé). Présenté comme une opération structurante mêlant logements, commerces et espaces publics, le projet a suscité des critiques de l’opposition sur la question de la mixité sociale. Plusieurs élus ont regretté l’absence de logements sociaux, évoquant un risque de « gentrification » du secteur. En réponse, le maire Michel Chapuis a rappelé que la commune respectait ses obligations en matière de logement social, tout en défendant un projet combinant accession à la propriété et résidence senior, destiné selon lui à favoriser la diversité des profils. Les échanges ont mis en lumière des divergences de fond sur la place du logement social et la stratégie d’attractivité du centre-ville.
Un autre échange plus vif a porté sur la question du financement des écoles. L’élu Laurent Johanny a dénoncé un mode de calcul qu’il juge déséquilibré, notamment concernant la prise en compte des enfants de moins de trois ans, intégrés pour les établissements privés mais pas pour les écoles publiques. Il s’est appuyé sur des données issues, selon lui, d’un collectif de soutien aux écoles publiques de Saint-Étienne. Une référence contestée par le maire Michel Chapuis, qui a évoqué des chiffres similaires publiés par Mediapart tout en les jugeant « mal comptés ».
Affirmant que la loi impose à la commune de participer au financement des écoles privées, l’édile a rejeté toute idée de traitement différencié, assurant que « le même calcul » était appliqué. Un échange animé, au cours duquel il a également déploré des remises en cause récurrentes de la méthode de calcul. Le groupe d’opposition a finalement voté contre cette délibération.
La politique de stationnement a également été pointée du doigt par l’opposition, qui estime qu’elle pèse sur l’activité commerciale du centre-ville. L’élu Laurent Johanny a dénoncé un dispositif jugé « contre-productif » et appelé à une révision de la stratégie de mobilité, afin de favoriser davantage la dynamisation du cœur de ville. Si la majorité défend de son côté une politique d’aménagement global, incluant les déplacements et l’attractivité urbaine, ce sujet continue de cristalliser des divergences sur l’équilibre entre régulation de la voiture et soutien au commerce local.
Plus largement, les échanges ont parfois été marqués par des divergences de fond. Michel Chapuis a rappelé que la majorité appliquait le programme sur lequel elle avait été élue, tout en laissant à l’opposition la possibilité d’exprimer ses positions.
Entre présentation budgétaire et premières confrontations politiques, ce conseil municipal illustre les lignes de fracture classiques d’un début de mandat. Si certains échanges ont permis des ajustements, d’autres ont mis en évidence des désaccords plus profonds sur les priorités municipales et la gestion des politiques publiques au Puy-en-Velay.
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