Le plan radical de Vorey face au manque d’eau
Après la violente attaque qui a coûté la vie à 25 ovins à Landos dans la nuit du 5 au 6 mai, les analyses de l’Office français de la biodiversité concluent à "une prédation pour laquelle le loup ne peut être exclu". Le préfet, Yvan Cordier, s'est rendu sur le lieu de l'attaque ce jeudi 7 mai. Une visite porteuse d'annonces insuffisantes pour les acteurs agricoles.
Le choc est encore immense pour Romain Avond. Installé depuis seulement quelques mois (le 1er janvier) au GAEC du Sillon, à Ribains, sur la commune de Landos, le jeune agriculteur ne pensait pas être confronté si rapidement à une attaque de loup. Dans la nuit du 5 au 6 mai, son troupeau de brebis noires du Velay, une race locale à faible effectif, a subi une attaque violente.
Cette formulation est souvent utilisée par l'OFB dans les rapports officiels pour éviter les affirmations définitives sans preuve ADN ou observation directe.
"On est arrivés sur les lieux vers 6 h 30 et on ne voyait pas les brebis. On a d’abord pensé qu’elles s’étaient échappées, puis on s’est rendus compte qu’elles étaient cachées plus loin. On est rentrés sur la parcelle et on a trouvé six brebis mortes au milieu. D’autres étaient blessées et apeurées", témoigne-t-il. L’éleveur a immédiatement contacté l’Office français de la biodiversité (OFB) ainsi que le vétérinaire. "En attendant l’OFB, le vétérinaire a euthanasié les premières brebis. Au total, nous en avons perdu 25", poursuit-il.
Avec 250 bêtes sur l’exploitation, cette attaque représente près de 10 % du troupeau ovin. Un coup dur pour cette famille d’agriculteurs implantée depuis plusieurs générations sur le territoire. Au-delà des pertes directes, l’éleveur craint désormais les conséquences sur le long terme. "Beaucoup d’ovins blessés ne pourront plus agneler", explique-t-il.
Le lieu de l’attaque surprend également : la parcelle se situe en bord de route, à proximité immédiate d’un stade et à quelques centaines de mètres d'habitations. "Quand on s’installe, on ne pense pas subir une attaque aussi rapidement", conclut le jeune éleveur.
Présent sur place, aux côtés du député Jean-Pierre Vigier et du maire de Landos Jean-Louis Reynaud, le préfet de Haute-Loire Yvan Cordier a tenu à réaffirmer l'engagement de l'Etat face à cette problématique. Avec l’arrêté du 3 septembre 2025, pris dans le cadre du Plan national loup 2024-2029, les indemnisations couvrent désormais également les pertes indirectes. Stress du troupeau, avortements et baisse de production peuvent désormais être pris en compte dans les calculs d’indemnisation.
Le représentant de l’État a également insisté sur la rapidité d’intervention des services. "Notre souci, c’est la réactivité. On a obtenu les résultats de l’OFB en moins de 24 heures et la commune est passée en cercle 2 aujourd’hui à 16 h", a déclaré Yvan Cordier. Ce sont 31 nouvelles communes de Haute-Loire qui ont intégré le classement en cercle 2 du Plan national loup, portant désormais leur nombre à 70 dans le département.
Ce zonage permet aux éleveurs d’accéder à davantage d’aides publiques pour protéger leurs troupeaux : financement de clôtures électrifiées ou encore recours facilité aux louvetiers pour des tirs d’effarouchement ou de défense. L'an dernier, l’OFB a formé 18 chasseurs à ces interventions.
Le classement en cercle 2 facilite également le recours aux tirs de défense par les éleveurs eux-mêmes, sous réserve de disposer d’un permis de chasse valide et d’une autorisation préalable via une télédéclaration. Sur l’exploitation de Romain Avond, les premières mesures concrètes ont déjà été engagées avec la livraison de 500 mètres de clôtures électrifiées.
Le préfet de Haute-Loire s'inscrit dans la ligne fixée par Emmanuel Macron lors d'un déplacement en Aveyron en 2025 : "La mission est de protéger le pastoralisme." En effet, depuis 2026, le loup est passé d’espèce "strictement protégée" à "protégée". Accès facilité aux tirs de défense, augmentation du plafond annuel d'abattage de loups... : une évolution qui permet un assouplissement de la réglementation.
Le député de la 2e circonscription de Haute-Loire Jean-Pierre Vigier a lui aussi réaffirmé son soutien aux éleveurs : "On doit se demander si on veut des loups ou des éleveurs." Une vision partagée par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs, pour qui "la coexistence imposée entre le loup et l'élevage pastoral ne fonctionne pas."
Face à cette nouvelle attaque, la FDSEA et les JA dénoncent une situation devenue "insupportable" pour les éleveurs, confrontés selon eux à "une pression de prédation toujours plus violente." Ils expliquent : "Derrière chaque attaque, ce sont des heures de travail détruites et des familles qui se sentent seules face à une situation devenue incontrôlable."
Dans ce contexte, les syndicats agricoles demandent des mesures immédiates de la part de l’État. Parmi leurs revendications, le classement de l’ensemble du département en "cercle 2", afin notamment de faciliter la mise en place de tirs de défense.
Dans les campagnes altiligériennes, la tension reste vive. Car pour les éleveurs, une inquiétude demeure : le loup peut revenir dans les 24 à 48 heures suivant une attaque. Cette nuit encore, des tirs d'effarouchement seront effectués par des lieutenants de louveterie.
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5 commentaires
Les donneurs de lecon lesy qua faut qu’on ils faut qu’ils achetes un troupeau de brebis qu’ils en vivent et apres on dialoguera on est reste plus de 70ans sans la presence du loup si nos anciens l’avait chasse ils avait une bonne raison
C'est stupéfiant de voir combien certains humains ne supportent aucune entorse à la perfection. Mais dans la nature cette perfection n'existe pas sinon ce serait la rupture de l'équilibre. De plus le loup ne se nourrit pas seulement de moutons mais régule des espèces qui sont aussi un problème pour l'agriculture. Alors avec les indemnités reçues en cas d'attaque il ne me semble pas qu'il y ait péril en la demeure.
Et si c'est pas un loup il va faire quoi le préfet?
Au lieu de se contenter de se plaindre, il existe des solutions concrètes à mettre en place : clôtures électriques, chiens de garde, systèmes d'effarouchement acoustique et lumineux,collier anti-loup.
Dans certains pays, les gens vivent au quotidien avec des tigres, des lions, des jaguars, des éléphants, des ours… Le loup, lui, fait simplement partie de l’écosystème, point final
A force de répondre au réel par des règlements, des périmètres et des comités, on finit par donner l’impression que l’essentiel est surtout de protéger la mécanique administrative. Pendant ce temps, sur le terrain, les éleveurs comptent leurs bêtes mortes et leur colère. Le loup, lui, ignore les circulaires : il rappelle simplement qu’entre la théorie bien ordonnée et la réalité, il y a parfois un fossé que ni les formulaires ni les éléments de langage ne suffisent à combler.