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Ils étaient venus interpeller la ministre de l’Agriculture. Ce dimanche 30 août, des militants de la Confédération paysanne 43 se sont rassemblés au pied du Mont Mézenc, où Laurent Wauquiez faisait sa rentrée politique, notamment en compagnie de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard.
La rentrée politique de Laurent Wauquiez et la venue de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard n'auront pas rassemblé que des sympathisants. Des agriculteurs et membres de la Confédération paysanne avaient fait le déplacement pour interpeller la ministre, présente aux côtés de l’ancien président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
Le syndicat indique avoir sollicité un entretien avec la ministre, demande qui n'aurait pas abouti au motif que sa présence ne s’inscrivait pas dans le cadre d’une visite officielle. Faute de pouvoir échanger directement, la Confédération paysanne a tout de même tenu à rester sur place pour faire valoir ses revendications.
À l'approche de la fin de l'été, l'heure est au bilan pour un grand nombre d'agriculteurs. Sécheresse, vagues de chaleur et incendies ont entraîné des pertes de récoltes et de rendements, mais aussi une hausse des charges et des difficultés d’approvisionnement en eau ou en fourrage.
La Confédération paysanne réclame ainsi un « quoi qu’il en coûte » pour l’agriculture, sur le modèle du dispositif mis en place par le gouvernement pendant la crise du Covid-19 pour l'économie. Première mesure avancée : une aide directe de 5 000 euros par agriculteur touché, sous forme de subvention.
Le syndicat demande une enveloppe de deux milliards d’euros et des démarches simplifiées, avec des critères adaptés aux réalités de chaque département. Il souhaite également que le dispositif soit accessible aux exploitations non assurées et reste ouvert jusqu’à la fin de 2027, afin de prendre en compte les conséquences qui pourraient se faire sentir dans les prochains mois.
« Aucune ferme ne doit disparaître », résume la Confédération paysanne, qui demande également la prise en charge des cotisations sociales, le versement anticipé des aides ou encore la suspension des échéances bancaires pour les exploitations en difficulté.
Le partage de la ressource en eau constitue un autre point important des revendications. La Confédération paysanne réclame notamment l’interdiction de l’irrigation des cultures destinées aux usages énergétiques lorsque les restrictions sont en vigueur.
« Sur six mois, un maraîcher contraint d’irriguer à l’eau potable va payer 4 500 € pour 1 800 m³ sur le réseau et 280 € pour 2 000 m³ sur son puits. »
L’organisation demande par ailleurs une révision des règles de gestion de l’eau afin que les volumes prélevables soient déterminés en fonction de l’état réel de la ressource.
Autre demande : revoir rapidement le système d’indemnisation des agriculteurs victimes des aléas climatiques. Le syndicat agricole estime que le dispositif actuel laisse une partie importante des exploitations sans protection suffisante.
Il réclame notamment que le seuil de déclenchement de l’Indemnité de solidarité nationale (ISN) soit exceptionnellement abaissé de 50 % à 30 % de pertes pour les exploitants non assurés. Il souhaite également que leur niveau d’indemnisation soit aligné sur celui des agriculteurs assurés.
À plus long terme, la Confédération paysanne défend la création d’un fonds de mutualisation des risques auquel participeraient également les acteurs de la chaîne agroalimentaire, notamment la transformation et la grande distribution.
Face au manque de fourrage, le syndicat demande enfin une meilleure organisation entre les exploitations disposant de stocks et celles qui en recherchent. Il souhaite aussi que les fourrages destinés à la méthanisation puissent être mobilisés en priorité pour nourrir les troupeaux en difficulté.
La Confédération paysanne remet également sur la table la question des prix minimums garantis pour les éleveurs, confrontés à la hausse des coûts de production et à la baisse des prix dans certaines filières.
Pour le syndicat, ces mesures d’urgence doivent s’accompagner d’un travail de fond sur l’adaptation de l’agriculture au changement climatique. Son objectif reste affiché : maintenir un nombre important de fermes et éviter que les crises successives ne conduisent à leur disparition.
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