Au Puy-en-Velay, du côté de la place Saint-Pierre, une porte s'ouvre sur un monde à part : celui du tout premier Head Spa coréen du département, ouvert en novembre 2024.
Ce soin capillaire et facial d'inspiration asiatique fait fureur dans le monde entier et au Puy, le lieu ne désemplit pas. Derrière la devanture, on retrouve deux amies : Gül et Anela.
D'amies à collègues
Toutes deux nées au Puy-en-Velay, elles se connaissent depuis toujours. Complices sur les bancs de l'école puis du lycée, elles partagent depuis l'adolescence un rêve ancré au fond d'elles : « Un jour, on montera quelque chose ensemble. »
Mais la vie prend d'abord des chemins détournés, bien loin de l'univers de la beauté. Pendant 8 ans, l'une évolue comme conseillère en banque. L'autre, de son côté, passe 6 ans dans le secteur des assurances. Des métiers exigeants, rythmés par la pression des objectifs et des chiffres, où l'humain s'efface parfois derrière les dossiers.
« On fonce ! »
Puis vient le déclic. À la suite d'un voyage au Japon, Anela découvre le fameux Head Spa, un rituel qui combine massage profond du cuir chevelu, soin des cheveux et relaxation. Séduite, elle rentre au Puy avec une certitude et en parle immédiatement à son amie de toujours. La réaction de Gül ne se fait pas attendre : « On fonce ! »
Gul et Anela, les deux amies
Photo par A&G
Les galères du départ
Changer de vie ne se fait pas en un claquement de doigts. Quitter la sécurité d'un CDI pour se lancer dans l'entrepreneuriat, non plus. De l'aveu même des deux amies, "le chemin a été semé d'embûches".
« Au début, on partait de zéro dans ce domaine », confient-elles. Il a fallu affronter le parcours du combattant : monter le dossier financier, convaincre les partenaires, réaliser une étude de marché poussée avec la Chambre de commerce et, surtout, se former, allant jusqu'à Paris pour se spécialiser dans l'analyse de peau haute technologie.
À cela s'est ajoutée la gestion des travaux, du stress des retards et du timing serré.
Leur pari ? Ouvrir coûte que coûte au tout début du mois de novembre, juste avant le rush des fêtes de fin d'année. Un coup de poker payant, mais éprouvant, marqué par des nuits courtes et une charge mentale dédoublée.
Un succès avéré
Aujourd'hui, deux ans après leurs débuts, le succès est au rendez-vous. Des clientes n'hésitent plus à faire plus de 40 minutes de route depuis Saint-Étienne ou Craponne pour venir s'offrir cette parenthèse.
Autre force des deux jeunes femmes, le refus catégorique des méthodes commerciales agressives. « On a toutes les deux connu des métiers à pression. Quand une cliente passe notre porte, on veut qu'elle se sente dans une bulle sans aucun jugement », explique le binôme.
Le duo utilise un scanner de peau de pointe, autrefois réservé aux cabinets dermatologiques, pour adapter la routine. « Si une cliente a déjà une crème qui fonctionne bien chez elle, on ne va pas lui en vendre une autre. On complète juste ce qui manque. »
Gül et Anela ont réussi bien plus qu'une reconversion professionnelle : elles ont prouvé qu'avec de la patience et une amitié à toute épreuve, on peut donner corps à une intuition.