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« Vous allez mourir » : deux ans de prison ferme pour ce récidiviste

, Mise à jour le 24/06/2026 à 06:00

C'est une intervention pour un banal accident qui a pris une tout autre tournure au Chambon-sur-Lignon. Face aux gendarmes venus lui porter secours, le quadragénaire a multiplié violences et menaces. Le prévenu comparaissait en récidive devant le Tribunal du Puy ce lundi 15 juin.

Éléments par Sylvie Peyrot

Les faits remontent à la journée du 13 avril 2026 au Chambon-sur-Lignon. Mis sous mandat de dépôt le 15 avril, il a été maintenu en détention le 1er juin 2026 jusqu’à son jugement. Il comparait en récidive pour avoir été condamné le 5 mai 2023 pour des même faits.

D'une intervention pour un accident à une violente altercation

Lorsque les gendarmes de Tence arrivent au domaine du Fraisse, au Chambon-sur-Lignon, le 13 avril dernier, ils pensent intervenir sur un simple accident matériel. Sur place, ils découvrent une scène inhabituelle : un véhicule immobilisé, moteur tournant, dont une roue arrière a été arrachée. À l'intérieur, un seul occupant. Recroquevillé sur son siège, le pantalon baissé, de la mousse aux coins des lèvres.

Alors qu'ils tentent de lui venir en aide, les gendarmes découvrent dans ses effets personnels un résidu de cannabis. C'est à cet instant que l'homme change brutalement de comportement.

Les insultes fusent. Puis viennent les menaces et les coups. Lors de son interpellation, le prévenu se débat violemment, frappe les militaires, mord certains d'entre eux et en fait chuter plusieurs au sol. Selon les éléments évoqués à l'audience, il aurait même tenté de s'emparer d'une arme de service tout en proférant des menaces de mort.

« Chiens d'État, vous allez mourir »

Dans le véhicule des gendarmes, sur la route de la brigade de Tence, l'homme continue d’invectiver les militaires et frappe volontairement sa tête contre une vitre. « Je vais me péter le crâne, je vais mettre du sang partout », aurait-il lancé.

Placé en cellule, l'interpellé demeure incontrôlable. Les militaires du Peloton de surveillance et d’intervention de la Gendarmerie (PSIG) sont appelés en renfort. Toujours très agité, l’homme dégrade sa cellule et adopte un comportement particulièrement inadapté, déféquant dans sa cellule et étalant ses excréments sur la porte de cette dernière.

Le lendemain matin, son état est toujours préoccupant. Réclamant sa drogue et son traitement, il tient des propos incohérents et semble totalement désorienté. Les gendarmes décident de le conduire aux urgences. Un trajet une nouvelle fois mouvementé : le prévenu tente de se détacher et continue de s’opposer aux militaires.

Il s'apaisera progressivement après l’administration de son traitement médical. Lors de son audition, il affirme ne conserver aucun souvenir précis des événements survenus la veille. Il explique alors qu’une personne était en train de le reconduire à son domicile lorsque le véhicule a subi l’accident ayant conduit à l’intervention des gendarmes.

Un parcours marqué par les addictions

Né en 1987, le prévenu présente un parcours difficile. Diagnostiqué hyperactif dès son plus jeune âge, il est confronté depuis de nombreuses années à des problèmes d’addiction.

Titulaire d’un BEP d’horticulture, il a exercé différents emplois dans le secteur agricole puis industriel avant d’interrompre son activité professionnelle en 2023.

Son casier judiciaire comporte déjà douze condamnations, dont une datant de mai 2023 pour des faits similaires. Il comparaissait ainsi en état de récidive légale.

Deux ans de prison ferme, plus lourd que les réquisitions

À l’audience, l’avocat de la défense a insisté sur l’état psychique de son client au moment des faits, estimant que son discernement était fortement altéré. Il avait demandé une peine sous la forme de travaux d’intérêt général.

De son côté, le ministère public a souligné la gravité des violences commises et des menaces proférées. Une peine de 18 mois d’emprisonnement ferme avec maintien en détention avait été requise.

Le tribunal a finalement prononcé une sanction plus lourde : deux ans de prison ferme avec maintien en détention. Le prévenu devra également verser 2 600 euros au titre des préjudices subis.

 

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