Contrairement aux idées reçues, le trail de Saint-Jacques by UTMB ( du 12 au 14 juin) est loin d'être une course facile. « C'est un trail qui, sur le papier, pourrait paraître plus simple que d'autres, parce qu'on se dit que c'est en Auvergne, ce n'est pas les Alpes, les montagnes sont un peu plus douces, mais c'est l'un des rares trails où jamais personne n'a dépassé les 10 km/h de moyenne », explique Louis-Pierre Descours, membre fondateur de la Team Vellave. En réalité, les participants de partout, et ils seront plus de 7000 pour se confronter à des parcours exigeants. Parmi eux, une nouvelle équipe féminine se lance dans l'aventure, elle se nomme la Team Vellave.
De la théorie à la pratique
Le projet naît de l’initiative de trois passionnés de course à pied, Olivier, Jean-Philippe et Louis-Pierre, qui sont par ailleurs chefs d'entreprise de Multi Transports, Index et de la bijouterie Descours 1893. Ils décident de lancer un défi à l’une de leurs amies : " je t'aide et tu vas arriver à faire les 139 km de l’ultra-trail" .
De cette idée naît une ambition plus large : constituer une équipe féminine de compétitrices aux profils différents et engagée sur l’ensemble des épreuves de la course. Le projet est rapidement proposé à l’association du trail, et la Team Vellave prend forme.
La Team Vellave
L’équipe se structure autour de la sélection de coureuses expérimentées, issues du monde du trail local et capables de performer. Les huit membres font toutes partie d’un club de course. « Elles se croisaient sur des courses, mais elles ne se connaissaient pas forcément toutes », souligne Louis-Pierre Descours.
« La résilience et la capacité de ces filles à mener de front toutes les problématiques de vie », Louis-Pierre Descours
Mais ce qui distingue réellement ce collectif, c’est le défi du quotidien, c'est d'allier vie personnelle, professionnelle tout en s'engageant pour le trail : « Elles sont infirmières, cheffes d’entreprise, ingénieures ou encore agricultrices. Elles ont des enfants, elles sont mariées ou divorcées et, malgré tout, elles s’entraînent sérieusement », ajoute-t-il
L'équipe des traileuses en détail (cliquez sur le +)
Amélie — Ultra du Saint-Jacques · 139 km
Entrepreneure et mère de trois enfants, Amélie court depuis plus de vingt ans. Pour elle, la course est un équilibre, une force intérieure. Sur les 139 km, elle allie maîtrise, résilience et capacité à transformer l’effort en cheminement personnel.
Mathilde — Ultra du Saint-Jacques · 139 km
Gérante d’une structure équestre, Mathilde a découvert la course après la naissance de son fils. Le trail s’est imposé comme une évidence. Sur l’ultra, elle mise sur sa détermination et son instinct pour vivre une aventure fondatrice.
Angélique — Grand Trail · 86 km
Ingénieure R&D, Angélique a toujours été sportive. Le trail s’est imposé naturellement. Sur le 86 km, elle cherche une immersion totale, entre exigence physique et plaisir du terrain.
Charlotte — Grand Trail · 86 km
Kinésithérapeute, Charlotte court depuis toujours. Pour elle, le Trail du Saint-Jacques est un retour aux sources. Sur ce 86 km, elle sera portée par ses racines et l’énergie du collectif.
Marine — Monistrail · 55 km
Infirmière et maman, Marine a troqué le ski de fond contre le trail. Elle y trouve liberté et dépassement. Sur le 55 km, elle apportera sa puissance, son mental et son énergie communicative.
Marion — Les Chibottes · 28 km Dynamique et souriante, Marion explore toutes les disciplines outdoor. Sur le 28 km des Chibottes, elle trouvera un format à son image : rythmé et exigeant.
Virginie — Les Chibottes · 28 km
Un format court mais intense qui devrait convenir à Virginie. 28 km et 750 m de dénivelé qu'elle va parcourir à son rytme Dynamique et technique, cette course traverse les célèbres Chibottes, offrant un terrain ludique et varié.
Laurie — Le Dolaizon · 12 km
On ne présente plus Laurie qui s'est encore illustrée sur les 15 km. A elle les 12 km et 200 à 300 m de dénivelé. Idéal pour se challenger sur un effort court, entre chemins roulants et sections techniques.
Un défi personnel construit en équipe
Pour les huit traileuses, déjà inscrites dans des clubs, ce projet représente un nouveau défi. Pour certaines, il s’agit d’une première expérience sur de longues distances ; pour d’autres, d’une montée en puissance.
Amélie Borie s’engage sur le parcours de 139 kilomètres après une première expérience sur le raid Le Puy-Firminy de 69 kilomètres. Cette entrepreneuse explique : « J'avais envie d'essayer l'ultra-trail, de voir si j'en étais capable. » Elle ajoute avec humour : « Je pense que je suis un peu dingue. »
De son côté, Marine Couston découvre également de nouvelles distances : après avoir couru les 26 kilomètres en 2025, elle double la mise avec celui de 55 kilomètres cette année.
Heureusement, elles peuvent compter les unes sur les autres et, grâce à leur groupe WhatsApp, rester connectées pour organiser des entraînements et partager des conseils.
Marine et Amélie
Photo par DR
Une préparation exigeante
L’entraînement est structuré mais adapté aux contraintes de chacune. Amélie explique : « J’essaie de faire trois à quatre sorties par semaine, avec du vélo et du renforcement musculaire. »
« Je fais du vélo, pour changer un peu, me faire plaisir et pour éviter de me blesser », Marine
Allier sport et alimentation pour maintenir la forme physique et se préserver jusqu’au jour J. Un équilibre à trouver sans faire face à un rythme trop restrictif. Amélie insiste : « C'est vraiment une hygiène de vie, mais il y a des petits plaisirs, je ne vais pas m'interdire un restaurant. »
Marine, de son côté, indique que les séances peuvent être traumatisantes pour le corps : « On encaisse pas mal de kilomètres, avec des sorties longues. » Le vélo permet alors une continuité de l'entraînement tout en se préservant : « Je fais du vélo, pour changer un peu, me faire plaisir et pour éviter de me blesser. »
À un mois du départ
À l’approche de l’échéance, la préparation se précise, même si certaines incertitudes demeurent. « Il faut penser à tout : l'équipement, l'alimentation, la gestion de la course », explique Marine.
L’objectif reste avant tout de terminer le trail. Pour Amélie, qui se confronte au plus long parcours, « il va falloir que je temporise et que j’aie vraiment une gestion de l'endurance », confie-t-elle.
« La clé, c’est d’être bien accompagnée », confie Amélie
« Je dois faire environ 10 heures de sport par semaine », explique Amélie. Marine, elle, parcourt environ 50 kilomètres par semaine. Il faut alors composer avec les contraintes du quotidien, mais aussi trouver un équilibre personnel.
« La clé, c’est d’être bien accompagnée », souligne Amélie, avant d’ajouter : « mon mari m’aide énormément. » Marine rejoint son propos car ce besoin de sport, ce n’est pas simplement pour préparer le trail de Saint-Jacques, c’est aussi un temps dédié à elle. « Je sais que si je ne prends pas mes baskets pour m'aérer, alors à la maison, c'est plus compliqué à gérer. »
Courir pour toutes les femmes
L’idée démarre d'un défi et se concrétise en un projet collectif à travers une équipe féminine portée par des compétitrices. Avec seulement 20 % de participantes, Louis-Pierre souhaite « mettre en valeur la Haute-Loire, mettre en valeur les femmes du territoire et les femmes dans le trail. »
À travers leur engagement sportif, il ne s’agit pas seulement d’un défi personnel. Amélie veut bousculer les idées reçues. Elle confie : « Je veux aussi courir pour toutes les femmes qui se disent : "Moi, je n'ai pas le temps, je ne suis pas capable." », avant de conclure : « On n'est pas des Wonder Women, mais on essaie au mieux d'arriver à tout faire. »