Derrière chaque intervention, il y a une réalité simple : ces pompiers ont un travail, des contraintes professionnelles et doivent pouvoir rester formés et tout quitter en urgence lorsque l’alerte retentit.
Le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de la Haute-Loire compte 1 904 sapeurs-pompiers, dont 1 795 volontaires et 109 professionnels. Un modèle courant en France, mais qui suppose une organisation particulière pour garantir la disponibilité des effectifs, notamment en journée.
Des conventions pour libérer les volontaires
Pour faciliter cette disponibilité, des conventions peuvent être signées entre le SDIS, l’employeur et le salarié. Elles encadrent les conditions de départ en formation ou en intervention.
« Chaque jour, de nouvelles conventions sont signées », souligne Lydie Chauchat, du service mission volontariat du SDIS43.
Aujourd'hui, 292 établissements publics et privés du département ont signé ces accords, permettant à 615 volontaires de se former (jusqu'à cinq jours par an) et, parfois, de partir en opération de secours.
Ces dispositifs visent à lever un frein majeur : l’impossibilité pour certains volontaires de quitter leur poste en pleine journée. Ils permettent au salarié de s’absenter tout en maintenant son salaire, grâce à un système de compensation.
« Cette politique permet de garantir un effectif formé et disponible », ajoute-t-elle.
Dans les faits, les conventions concernent encore majoritairement la formation. L’opérationnel, plus contraignant pour les entreprises, reste souvent limité.
« Souvent, la formation est choisie en priorité et l’opérationnel se fait alors en dehors des heures de travail. »
En journée, un manque de bras criant
C’est pourtant en journée que les besoins sont les plus importants, faute de volontaires disponibles sur les horaires de travail.
« Il y a un fort besoin de disponibilité en journée ; toutes les semaines, c’est au moins une sortie, et souvent deux à trois », témoigne Lucie Bertrand, sapeur-pompier volontaire au centre de secours de Cayres.
À Solignac-sur-Loire, où elle est co-gérante du garage Bertrand, elle vient de signer une convention. Malgré un niveau de disponibilité dit « de dernier recours », elle est régulièrement sollicitée.
Quand elle part en intervention, elle « laisse tout en plan » et ses frères, également co-gérants, prennent le relais.
Le problème est structurel : beaucoup de volontaires ne peuvent pas quitter leur emploi sans accord préalable. Résultat, les interventions en journée reposent sur un nombre restreint de personnes.
« Une intervention dure au moins deux heures, en moyenne 2,5 heures. Une ou deux sorties, ça se gère. Quand c’est plus, c’est plus compliqué », précise Lucie.
Un temps difficile à absorber pour les entreprises, surtout les plus petites.
Un équilibre à trouver pour les entreprises
« Une sortie, c'est au dernier moment, donc l’opérationnel, c’est délicat », reconnaît Lydie Chauchat.
Côté employeurs, tout repose sur la souplesse. Libérer un salarié sans préavis peut rapidement désorganiser une activité.
« Il faut que le salarié soit niveau 4 (dernier recours), sinon c’est trop d’absences », ajoute Lucie Bertrand.
Pour encourager ces engagements, plusieurs contreparties existent : allègement de charges patronales, réduction d’assurance incendie, déclaration de mécénat auprès des impôts, versement direct des subrogations aux entreprises ou encore, accès à des formations. À partir de huit jours de mise à disposition par an, un label « employeur partenaire » peut également être attribué par la préfecture.
Malgré ces incitations, le passage à l’acte reste délicat. Si le nombre de conventions progresse en Haute-Loire, la disponibilité des volontaires en journée demeure un défi majeur. Sans employeurs engagés, les pompiers volontaires restent sur le quai, même quand l’urgence appelle.