Je signale une erreur

Précisez éventuellement la nature de l'erreur
Saisir les caractères affichés dans l'image.

Fast fashion : au Puy, une alliance locale pour limiter les dégâts

, Mise à jour le 30/04/2026 à 12:00

Le jeudi 23 avril, l'association la Collecte Ponote a signé une nouvelle convention avec Emmaüs, officialisant un partenariat aux ambitions écologiques et sociales fortes, à l’heure où la seconde main séduit de plus en plus.

Après un premier travail engagé avec AVI43, Emmaüs prend désormais le relais pour structurer, renforcer et valoriser la collecte textile sur le bassin ponot. La collaboration présentée comme « gagnant-gagnant » pour les commerçants, l’association et les consommateurs reste un enjeu crucial, alors que les volumes augmentent et que la qualité, elle, diminue. 

« Le textile, c'est notre quotidien, ces dernières années, on a une énorme baisse de qualité. Et pour avoir une seconde vie, il faut que ce soit quelque chose de qualitatif un minimum. » Morgane Vigne, chargée de communication à Emmaüs

Durablement polluant

Face à la montée en puissance de la fast fashion, les habitudes de consommation ont profondément évolué. Acheter à bas prix, souvent au détriment de la qualité, les vêtements sont difficiles à recycler et à traiter. Les stocks s'entassent et c'est tout un système de traitement qui n'est plus en capacité d'assurer les quantités.

« Il faut que les gens se rendent compte qu’en achetant de la fast fashion, ils font triplement du mal » Hacène Djerdi

Un constat partagé par les acteurs du terrain, qui observent chaque jour les conséquences directes de cette surconsommation. Les textiles, souvent composés de polyester, posent un vrai problème de recyclage. « On fait de l'enfouissement, parce qu'il y a beaucoup de polyester, et que le polyester, c'est compliqué à traiter », explique Hacène Djerdi, président de l'Office de Commerce et de l'Artisanat du Puy-en-Velay.

Moins durables, ces vêtements deviennent inutilisables et encombrants. C'est à travers cette initiative locale que la collecte ponote et Emmaüs tentent de renverser la tendance en sensibilisant le grand public et en en promouvant ce « acheter moins, mais acheter mieux » souligne Hacène Djerdi.

Un marché mondial sous tension

« Le produit neuf est moins cher que le produit de seconde main » Hacène Djerdi

Cependant d'autres problématiques touchent le marché international. Longtemps, une partie des vêtements collectés en Europe était exportée vers des pays africains. Mais aujourd'hui le continent africain se procure de la première main à moindre coût, alors « pourquoi acheter la seconde main européenne alors qu'elle coûte plus cher que la première main asiatique » interroge Morgane Vigne.

Face à cette concurrence, les vêtements mis au rebut s'accumulent et saturent la filière. Victor Moulyere, coordinateur à Emmaüs, confie « quand on arrête de recevoir les dons ici, c'est à cause des quantités de rebut, donc de matières qu'on ne peut pas valoriser sur l'espace de vente. »

Malgré certaines mesures mises en place, les régulations peinent à avoir un impact sur la consommation de produits issus de la fast-fashion, comme l'explique Hacène « quand on met 2 € sur le colis, d'abord, elle est contournée, mais en plus, on voit bien que ça ne marche pas. »

Une box personnalisée disponible au Puy
Une box personnalisée disponible au Puy Photo par DR

Un circuit ultra-court

Dans ce contexte, la Collecte Ponote développe depuis 2023, un système de box de collecte installées chez les commerçants et dans les entreprises. Une manière de participer à l'amélioration de la qualité des dons et de favoriser une économie circulaire de proximité.

Les clients peuvent déposer vêtements, chaussures et accessoires en bon état. Ces articles sont ensuite collectés par Emmaüs, triés, puis revendus en seconde main. Quant aux entreprises, elles peuvent s'en procurer grâce à une adhésion à partir de 25 euros qui leur permet de les louer à 50 euros par mois, en moyenne, ou de les acheter dès 350 euros.

Cette démarche implique aussi les commerçants en participant à la simplification du marché de la seconde main. « Je sais que je fais partie d'un métier qui pollue, alors sur ma zone de chalandise, j'agis en collectant, en permettant à Emmaüs de traiter, de valoriser et de revendre sur place »  déclare Hacène Djerdi. Les commerçants deviennent ainsi des acteurs de la transition, en lien direct avec leurs clients.

Allier écologie et solidarité

Implantées au cœur des commerces, les box permettent un contact direct avec les clients.  Elles participent également à une dynamique sociale, en soutenant les activités d’insertion portées par Emmaüs.

Cette initiative porte un message fort où chacun a un rôle à jouer pour un modèle plus vertueux qui favorise l'économie circulaire locale, et contribue à réduire l’impact environnemental du textile.

 

Confrontés à la fast-fashion, les professionnels s'organisent
Confrontés à la fast-fashion, les professionnels s'organisent Photo par Fanny Gimenez

Je renseigne ma commune de préférence :

  • Accès prioritaire à du contenu en lien avec cette commune
  • Peut être différente de votre lieu de travail
Valider