Autour d’elles, plusieurs structures d’accompagnement jouent un rôle clé, soutenant la création d’entreprise et offrant parfois l’opportunité d’un nouveau départ avec sérénité. Le CIDFF accompagne ses femmes qui rêvent autrement en accord avec leurs valeurs. L'association 60 000 rebonds permet d'affronter les échecs et de les transformer ainsi que France Active Auvergne, qui s'engage à faciliter la création d'entreprise.
Pecata, promeut le local
Après 15 ans en tant que responsable des achats dans le domaine de l’agroalimentaire, Carole Eymaron a choisi de se reconvertir pour créer son entreprise. Son projet, Pecata, met en avant des produits artisanaux non alimentaires fabriqués sur le département, dans une démarche éthique et écoresponsable.
C’est à la suite d’une prise de conscience qu’elle décide de changer de voie. « j'ai perdu ce contact humain et les valeurs qui m'étaient chères dans l’écoresponsabilité, l'environnement », explique Carole. Les valeurs sont ainsi devenues le moteur de sa reconversion, mais aussi l’audace. Elle confie : « il faut oser. »
Elle explique :« Quand on arrive à être entrepreneur très jeune, on n'a pas forcément l'expérience mais on a le temps. Quand on a l'expérience, on a souvent créé sa vie de famille et moins de temps », un équilibre fragile à conjuguer.
Voilà deux ans que sa société a ouvert ses portes avec cette même sensibilité : « c'est de pouvoir donner un accès facile et rapide à des choses créées localement et montrer qu'on peut consommer différemment, moins mais mieux. » Aujourd’hui, elle souhaite voir encore plus grand en développant davantage son offre de services, tout en continuant à valoriser les talents de la région et à encourager d’autres personnes à entreprendre ou à se reconvertir.
Epycur’Van roule sur la tendance
Pour Justine Ollier, le projet de location de van s'est en quelque sorte invité sur son chemin de vie et elle a saisi l'opportunité.
« Il y a un tel essor que je ne pouvais même plus utiliser mon van à titre perso, parce que je le louais tout le temps », explique Justine.
Petite-fille et fille d’entrepreneurs, elle a toujours évolué dans cet univers. Une familiarité qui l’a naturellement poussée à poursuivre des études en école de commerce. Mais l’aventure entrepreneuriale débute avant tout par un constat très concret. Habituée à louer son van lorsqu’elle ne l’utilise pas, Justine remarque rapidement l’engouement et la demande grandissante « il y a un tel essor que je ne pouvais même plus utiliser mon van à titre personnel, parce que je le louais tout le temps », explique Justine.
Face à une demande et à une offre encore très limitées sur le secteur, l’idée s’impose presque d’elle-même. Le parc automobile disponible s’est également agrandi. De trois véhicules au départ, elle compte aujourd’hui dix vans, dont certains sont proposés en gestion locative.
Dans un secteur encore très masculin, elle reconnaît que ses connaissances techniques ont été un atout important pour se faire une place. « je n'aurais pas monté cette entreprise si j'avais zéro connaissance et compétence en mécanique et en véhicule », explique-t-elle.
Au quotidien, Justine gère l’ensemble de l’activité : location, entretien et petites réparations. Elle devrait prochainement être rejointe par sa sœur pour l’accompagner dans le développement de l’entreprise.
Mama's café, un trio gagnant
Le Mama's Café est un bar pour déjeuner, bruncher ou prendre un café. A la tête du projet, Anne-Lyse Favre, Camille Collonge et Julie Fraisse, sont trois femmes avec, pour chacune, une histoire et un parcours différents mais une motivation et une détermination communes.
« On a du mal à être crédibles aux yeux de certaines personnes» Julie Fraisse
Leur personnalité complémentaire leur a permis de surmonter les obstacles liés à la création d’entreprise. Confrontées aux imprévus et aux situations complexes que connaît tout entrepreneur, elles ont dû faire face à certains stéréotypes de genre, « on a du mal à être crédibles aux yeux de certaines personnes» avoue Julie. S’imposer dans certains secteurs en majorité masculin n’est pas toujours évident, notamment lors des travaux ou des démarches financières.
Leurs parcours professionnels variés ont cependant constitué une véritable richesse pour le trio, tout comme le soutien de leurs proches et des personnes rencontrées au cours du projet. Un soutien sur lequel elles ont pu compter et qui a joué un rôle déterminant pour transformer ce projet en réalité. Anne-Lyse et Julie, toutes deux mamans, expliquent : « C'est vraiment bête à dire, mais des hommes qui vont s'occuper du linge, du ménage, de la garde des enfants, qui prennent le relais, c'est vraiment important. »
Ouvert, il y a trois mois, elles ajustent progressivement leurs horaires et leur organisation quotidienne.
Un but commun
Pour ces femmes, l'aventure se concrétise ou se poursuit, après trois mois ou trois ans d'expérience, le challenge reste présent pour pérenniser le projet et continuer d'évoluer.
Leur chemin rappelle que l’entrepreneuriat est souvent fait de doutes, de défis et d’adaptation, mais aussi d’audace et de détermination. Soutenues par des structures d’accompagnement et par leur entourage, elles prouvent qu’il est possible de se réinventer.