Vincent Minaire, Président de l'association "Pas d’éoliennes à la Chabassole", a alerté la rédaction de Zoomdici à propos de l'action juridique signée dernièrement par plusieurs entités.
Ainsi, à ses côtés, la commune de Saint-Paul-de-Tartas, France Nature Environnement Haute-Loire et l’association pour la préservation des Paysages exceptionnels du Mezenc, mêlent leur griffe pour s'opposer ensemble contre le projet d'implantation de quatre grandes éoliennes dans la forêt de Pradelles de la Chabassole, en bordure RN 102.
Le projet consiste en la création d'un parc éolien composé de quatre éoliennes d'une puissance unitaire de 3MW aux lieux-dits "Chanteperdrix" et "La Chabassole" sur le territoire de la commune de Pradelles.
Très majoritairement, les projets de parc éolien suscitent de vives oppositions, notamment par les gens riverains. La rédaction de Zoomdici a demandé à l'enfant du pays, Vincent Minaire, de revenir sur celui de Pradelles afin de comprendre les enjeux et les causes de la bataille juridique en cours.
Depuis quand ce projet a été initié ?
Vincent Minaire : "Déjà, il faut savoir que le projet de Pradelles est un projet par défaut. Il se substitue à un précédent projet conçu à partir de 2014, sur une partie du territoire de la commune de Saint-Paul-de-Tartas, sans que la commune de Pradelles y ait été associée".
"Placé sous la maitrise d’ouvrage de SAS Parc éolien de Saint-Paul-de-Tartas, il comprenait une dizaine d’éoliennes implantées majoritairement sur des biens de sections et nécessitait donc le consentement des sections concernées sur la mise à disposition du foncier. Le scrutin organisé par délibération du conseil municipal du 22 mars 2019 s’est tenu le 14 avril 2019".
"Il s’est traduit par un refus des habitants d’autoriser la signature d’un bail emphytéotique avec EDF Energie Nouvelle. Ce vote a retiré au porteur de projet toute perspective de maîtrise du foncier convoité et a conduit à l’abandon du projet". Vincent Minaire
Vincent Minaire poursuit sur la genèse et les étapes du projet : "Cette situation a conduit EDF Renouvelables à développer substantiellement une zone d’implantation distincte sur le territoire de Pradelles en y intégrant en 2019, pour augmenter le nombre d’éoliennes, le secteur rédhibitoire de La Fayette. Là, sont présents à 200 m de la première éolienne deux immeubles privés. Malgré tout, le projet comportant l’implantation définitive a été présenté à la population le 28 août 2021 et déposé à la préfecture le 17 juin 2022".
Qui sont les opposants ?... (Cliquez sur la croix pour dérouler l'info)
Association Pas d’éoliennes à la Chabassole : 120 adhérents se répartissant à équivalence entre les résidents principaux et les résidents secondaires (ces derniers occupent plus de 40% du parc de logements à Pradelles et 65% à Saint Paul de Tartas). Ils sont les plus importants contributeurs fiscaux du budget communal par la taxe d’habitation et la taxe foncière bâtie
Commune de Saint Paul de Tartas : le parc a été implanté en limite du territoire communal qui est donc inclus dans la zone de danger et affecté par les servitudes qui en résultent : nuisances acoustiques, exclusion de certaines activités. A terme compte tenu de l’existant et des projets à l’étude 21 éoliennes sont susceptibles d’encercler la partie Est de la commune malgré le vote négatif de ses habitants en 2019, impactant lourdement les paysages et le cadre de vie des habitants
France Nature environnement de la Haute-Loire est favorable au développement de l’éolien mais dans le cas présent elle considère que le cadre et le dispositif d’élaboration du projet, choisis par EDF Renouvelables, n’ont pas permis d’impliquer la population et de lui permettre de faire valoir démocratiquement ses choix. De plus, l’impact du projet sur la biodiversité, les paysages, le milieu hydrogéologique n’a pas été suffisamment pris en compte (proximité de deux zones Natura 2000 et de ZNIEFFS de 1ère catégorie). Ce projet ajouté aux précédentes réalisations voisines impacte négativement l’identité paysagère du territoire développée dans l’Atlas des Paysages d’Auvergne (2022)
Association de préservation des paysages exceptionnels du Mézenc (APPEM) déplore que ce nouveau projet affecte négativement l’intégrité des paysages du massif du Mézenc et du plateau ardéchois
Quels sont les principaux reproches formulés par les opposants ?
Vincent Minaire : "Nos objections rejoignent le diagnostic porté dans le portail cartographique des énergies renouvelable, un outil mis à dispositions des élus. Il y apparaît que la zone d’implantation choisie par EDF Renouvelables est caractérisée comme "non potentiellement favorable au développement de l’éolien terrestre en raison de forts enjeux (cumul de contraintes paysagères, naturalistes, patrimoniales)".
"Le bourg de Pradelles classé « plus beau village de France » constitue avec ses abords un site inscrit protégé. La commune de Pradelles comporte la plus grande densité de monuments historiques protégés du Velay volcanique". Vincent Minaire
"EDF renouvelables avance qu’aucun élément du patrimoine protégé "ne présente de relation visuelle avec le projet". Cette affirmation est fausse puisque les vues prises depuis le belvédère d’Ardenne présenteront d’évidentes co-visibilités avec le projet, de même que les églises classées de Saint-Paul-de-Tartas et de Lesperon !"
Vincent Minaire continue sur le sujet : "La forêt de Pradelles est pour ses habitants un havre de tranquillité, de fraîcheur, de loisir et de cueillette. EDF Renouvelables n’a pas étudié sérieusement l’impact de ses aménagements sur l’usage social de la forêt".
"La forêt sera et demeurera confisquée à ses usagers de toujours : ce milieu sera sérieusement dénaturé avec des déboisements, des nuisances acoustiques, des trouées à courants d’air dans les zones les plus passantes..." Vincent Minaire
Avant ce recours posé récemment, y'a t-il eu d'autres actions juridiques avant ?
Vincent Minaire : "Oui, un recours gracieux a été notifié au préfet le 3 septembre pour l’inviter amiablement à retirer son arrêté du 7 juillet. Il n’a pas réagi explicitement à cette demande. Passé le délai d’un mois, son silence est considéré comme un refus implicite de procéder au retrait de l’arrêté".
"L’éolienne n°1 n'est qu'à 160 mètres de la RN 102. Les risques de projection de glace sur cet axe routier important sont à craindre. D'autre part, cette éolienne se situe à 200 mètres d'habitations privées". Vincent Minaire
Pouvez-vous nous décrire la nature du recours déposé le 30 décembre 2025 ?
Vincent Minaire : "Il s’agit d’un recours contentieux auprès de la Cour Administrative d’Appel de Lyon, visant à obtenir l’annulation de l’arrêté litigieux. Le préfet n’a jamais répondu à nos courriers ni à nos interrogations sur quel sujet que ce soit. Son refus de prendre en considération les réserves de la commission sont clairement indiqués dans l’arrêté".