Violences dans un huis clos familial : un couple devant les juges

, Mise à jour le 27/04/2026 à 17:00

Temps de lecture : 3 minutes

Le tribunal du Puy-en-Velay devait se prononcer sur un un couple parental accusé de violences sur enfants à Villeneuve-d’Allier, Vazeilles-Limandre et Blassac, entre 2020 et 2024. Cette affaire avait fait l’objet d’un renvoi en date du 7 octobre 2025.

 

Le 25 juin 2024, la gendarmerie de Langeac était diligentée pour arrêter et placer en garde à vue ce couple pour violences sur leurs quatre enfants. Une ordonnance de placement provisoire (OPP) avait été délivrée et les enfants placés à l’Aide sociale à l’enfance de Haute-Loire (ASE). Certains d’entre eux avaient fait l’objet d’une incapacité totale de travail (ITT). Une mainlevée de placement (retour des enfants au domicile) avait eu lieu le 27 février 2025 et l’intervention des services d’AEMO (Aide éducative en milieu ouvert) avait pris fin début 2026.

« Je vais pouvoir enfin être heureux »

L’institutrice de l’école avait eu, en avril 2024 au retour des vacances, un échange avec le père, qui évoquait des difficultés pendant les vacances et aurait usé de violences pour les gérer. L’institutrice avait alors proposé à ce père une aide pour les soutenir.

En juin de la même année, après l’intervention d’une chanteuse dans l'école des deux plus grands enfants évoquant les violences, leur garçon révéla des faits de violences. Après cet échange, il aurait déclaré : « Je vais pouvoir enfin être heureux. » Suite à ces révélations, la directrice de l’école a fait un signalement au procureur de la République.

« Il y a des nœuds au bout des lanières, parce que ça fait mal »

Les quatre enfants furent ensuite auditionnés, certains à l’école, pour préserver leurs paroles. Chacun évoqua les mêmes violences, le même martinet, la même main, les mêmes punitions, la ceinture marron. L’un d’eux décrivit le martinet ainsi : « Il y a des nœuds au bout des lanières, parce que ça fait mal. »

« Oui, c’est arrivé »

À la barre, le couple contesta les faits de violences et se défaussa en rejetant la faute sur les autres. « C’est la directrice de l’école qui a mal compris ce qu’il avait dit », « un de leurs enfants aurait influencé les autres à mentir », « ils ont pris ça pour un jeu ». Pourtant, lorsque la juge interrogea le prévenu sur la véracité de certaines violences, il répondit : « Oui, c’est arrivé. » Quant à la prévenue, elle trouva une explication à chaque question de la juge.

Agacé par cette énième audience, le père s’adressa au tribunal : « Vous êtes tous à charge ! »

« Ils tapent avec la main, mais ils sont gentils, ils font des choses… »

Un revirement important du discours des enfants fut noté lors des retours des visites médiatisées, où ils parlaient « d’un secret à ne pas dévoiler ». La question d’un chantage parental fut soulevée. Deux lettres des enfants furent adressées au tribunal, l’un d’eux écrivant : « Ils tapent avec la main, mais ils sont gentils, ils font des choses… »

Pour leur défense, l’avocat évoqua le poids de la machine judiciaire sur ce couple et excusa l’attitude du père, liée selon lui à la fatigue des audiences, des placements et des interventions. Avant de plaider la relaxe, il adressa plusieurs questions à la cour : « Si véritablement on a violenté ces enfants, comment la justice peut-elle leur rendre leurs enfants ? Pourquoi leur fait-on confiance aujourd’hui ? »

Le tribunal a condamné le couple à un an de prison assorti d’un sursis simple. Bien que les parents encouraient une perte partielle ou totale de l’autorité parentale, le juge n'a pas statué en ce sens.

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