Eoliennes, RN 88 et démolitions : quel avenir pour cette vieille ferme de Haute-Loire ?
Ce dimanche, les plats sortaient pour la dernière fois des cuisines du restaurant Les Délices de Lavoûte. Un ultime service au goût amer (hors des assiettes) après sept ans de bons et loyaux services.
Nous rencontrons Florence Bonthoux, gérante du restaurant, à la fin de son dernier service. Attablée sur la terrasse, elle prend cinq minutes pour se remettre de ses émotions et répondre à nos quelques questions. Très émue, elle nous confie être heureuse d'avoir vu autant de monde hier soir et ce midi : "Cela faisait longtemps", confie-t-elle. En effet, ce seront les derniers clients de son établissement qui avait ouvert ses portes en juillet 2019.
Après avoir mis en vente son restaurant depuis des mois sans trouver repreneur, elle passe aujourd'hui par la liquidation judiciaire : "C'est un mot brutal mais j'avais des dettes donc on se met sous protection du tribunal de commerce", admet-elle.
Quelques larmes s'échappent de ses yeux lorsqu'elle évoque ce dernier service et ces innombrables souvenirs dans ce lieu si magique. L'émotion est là, la fierté aussi, celle de s'être battue pendant toutes ces années pour faire vivre ce lieu de partage, de gourmandise et de proximité.
Dans la salle, les tables se vident petit à petit. Nous rencontrons Christophe et Cécile venus spécialement de la banlieue lyonnaise pour l'occasion. "C'était important pour nous d'être là, nous voulions lui dire au revoir", s'émeuvent-t-ils avant d'échanger leurs numéros de téléphone avec la gérante. Tous les recoins de l'établissement deviennent alors le théâtre d'embrassades, de remerciements et d'émotions partagés. Tous regrettent cette fermeture et évoquent les nombreux souvenirs dans ces lieux. "Tout le monde est triste, une dame pleurait ce matin", précise Florence, elle aussi très touchée.
Pierre et Mireille, eux, sont venus de Saint-Etienne pour l'occasion mais connaissent bien le secteur. Habitués des premières chambres d'hôtes de Florence, ils souhaitaient être là pour son dernier service. Tous les deux regrettent des fermetures de plus en plus fréquentes dans l'Emblavez.
Entre deux questions, les remerciements s'enchainent. Jean-Paul Beaumel, maire sortant de Lavoûte-sur-Loire, sort de l'établissement avec sa conjointe : "Tu sais où on habite", lui lancent-ils.
A la fin du service, plusieurs personnes arrivent sur la terrasse, ce sont les différents "extras" qui ont travaillé pour Florence. Des fleurs à la main ou encore une lettre avec un grand "MERCI", ils sont venus la saluer et la remercier pour la dernière fois. "Nous sommes tous attristés par la nouvelle, c'était un endroit vraiment chaleureux", expliquent-ils.
Avec une ouverture peu avant le Covid, l'établissement avait tout pour fonctionner. Un cadre idéal en bord de Loire, une solide réputation de par sa gestion de chambres d'hôtes situées à côté du restaurant ou encore une cuisine moderne, locale et raffinée. "Quant on a ouvert, on a eu directement du monde, on faisait des ateliers et soirées à thèmes, c'était novateur dans l'Emblavez", confie la gérante.
L'arrivée de l'épidémie vint donc mettre un frein à ce début d'aventure démarrée sur les chapeaux de roues. "Le premier coup dur, c'était le covid. On n'a jamais pu trouver de stabilité", nous explique Florence. Avant son établissement, le covid avait entrainé la fermeture de deux restaurants à Lavoûte : "Nous nous sommes retrouvés seuls, il y a donc moins d'inertie".
Pour Florence, l'instabilité internationale a aussi sa part de responsabilité. Entre les annonces et choix politiques, la baisse du pouvoir d'achat et la hausse du carburant, les raisons d'une baisse drastique de la fréquentation sont multiples.
Ce dimanche, Florence a donc fermé les portes de son établissement pour la dernière fois avec un pincement au coeur dont elle se souviendra pendant longtemps. Soulagée, elle pourra ensuite s'envoler vers de nouvelles occupations du côté des Landes : "Tout ce que je sais, c'est que je voudrais travailler avec des clients !", affirme-t-elle pour conclure notre échange.
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