Surpopulation et tension carcérale à la maison d’arrêt du Puy

, Mise à jour le 27/04/2026 à 12:30

Temps de lecture : 3 minutes

Ce lundi 27 avril, les surveillants de la maison d’arrêt du Puy-en-Velay se sont mobilisés dès l’aube dans le cadre d’un mouvement national initié par le syndicat UFAP UNSA Justice. Ils dénoncent la surpopulation et les conditions de détention, dont la prison du Puy est particulièrement affectée.

Le mouvement a débuté à 6 h 15, la maison d'arrêt du Puy fait partie des nombreuses prisons de France à s'être mobilisées dans tout le pays. Le personnel pénitentiaire a alerté à de nombreuses reprises du nombre croissant de détenus qui dégradent les conditions de détention et du travail des agents.

250 % de surpopulation

« Aujourd’hui, on est à 90 détenus pour 36 places », alerte Loïc Robert, secrétaire local du syndicat UFAP UNSA Justice. Un chiffre qui illustre une situation critique, avec un taux d’occupation dépassant les 250 %, bien au-dessus de la moyenne nationale.

« On est bien plus haut que la moyenne nationale qui tourne aux alentours de 130 à 140 %. » Loïc Robert

En théorie, chaque détenu devrait disposer d’une cellule individuelle. Cependant, la pratique est toute autre, elles sont souvent occupées par trois personnes. « À l'intérieur, trois dans une cellule de 9 m2 si on enlève le mobilier, il doit rester trois ou quatre mètres au sol, ça s'annonce compliqué, il y a énormément de problèmes de cohabitation, des bagarres, donc ça va être très compliqué », souligne Loïc Robert.

Tension en détention

Cette promiscuité engendre des tensions quotidiennes. « On a de plus en plus d’incidents », explique le représentant syndical, évoquant des faits qui se sont multipliés ces derniers mois : une prise d’otage, une tentative d’évasion lors d’une extraction médicale ou encore un incendie de cellule récent. Le syndicaliste relate également des faits moins médiatisés « on a aussi deux agressions sur le personnel où il y a des coups, il y a des crachats au visage, il y a aussi eu une morsure à la main. » 

« Ce n'est que le début, parce que là avec 90 détenus, j'ai bien peur que l'été soit très compliqué », craint Loïc Robert.

Les conditions de travail du personnel comme celles de détention sont jugées pour le personnel « extrêmement dures » et « inacceptables » pour les détenus. Malgré un désencombrement en fin d'année 2025, ayant permis de transférer une vingtaine de détenus, la prison a continué à incarcérer, ramenant le nombre de détenus à la situation initiale.

Créer de nouvelles cellules

Parmi les pistes avancées, les syndicats proposent de mieux transférer et répartir les détenus dans les établissements de la région, certains affichant des taux d’occupation moins élevés que celui de la Prison du Puy. Le personnel a profité de la visite de Laurent Wauquiez (fin mars 2026) pour évoquer également un agrandissement. 

Les surveillants pénitentiaires se disent favorables à un agrandissement mais pas à la construction d'un autre bâtiment. Ils tiennent à conserver la proximité avec les détenus, essentielle à la réinsertion. « C'est une prison à taille humaine » explique le représentant syndical qui évoque la possibilité d'aménager un autre bâtiment dans l'enceinte de la maison d'arrêt.

Le mouvement devrait se poursuivre, « on a prévu de rester sur place toute la journée, à voir si le mouvement sera reconduit ou pas », conclut Loïc Robert.

Les surveillants péniteniaires dénoncent les conditions de détention et de travail
Les surveillants péniteniaires dénoncent les conditions de détention et de travail Photo par Fanny Gimenez

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