Quand la maison d’arrêt du Puy en Velay prend feu

, Mise à jour le 13/07/2026 à 06:00

Temps de lecture : 3 minutes

Un prévenu déjà incarcéré était convoqué par visioconférence pour répondre de la dégradation de sa cellule, bien appartenant à l’administration pénitentiaire, le 28 février dernier. La directrice de la maison d’arrêt s’était constituée partie civile.

Les faits ont eu lieu samedi 28 février en soirée, le détenu, habituellement calme, devient soudainement agressif envers ses codétenus. Les surveillants l’isolent en cellule 18 pour tenter de calmer la situation. Malgré cette mesure et la remise de ses effets personnels, son agitation persiste. À 0h50, une forte odeur de brûlé se dégage de sa cellule, où il est retrouvé inconscient. Un autre détenu, logé à l’étage supérieur, est également intoxiqué par les fumées. L’intervention des pompiers permet d’éteindre l’incendie.

Les deux hommes sont évacués vers l’hôpital. L'incendiaire est évacué vers l’hôpital Nord de Saint Etienne avec un passage en réanimation. Son pronostic vital est alors engagé, il en gardera des cicatrices au coude et dans le dos. L’autre détenu souffrira aussi de brûlures.

Un acte aux conséquences lourdes

Un détenu violent, une intervention nocturne des secours, deux blessés, une prison en émoi : voilà le bilan de cette soirée. Pourtant, les rondes des surveillants, effectuées toutes les 15 minutes, n’ont pas suffi à empêcher le drame. Le détenu a non seulement détruit et incendié sa cellule, mais selon le tribunal a aussi mis en danger les 90 autres détenus présents ce soir-là, ainsi que le personnel de nuit.

Une cellule réduite en cendres

Les flammes ont achevé de consumer un mobilier déjà vandalisé. Le coût des dégâts est estimé à 14 000 €. Depuis la cellule a été rénovée avec l’aide de détenus formés par le Greta. Le prévenu, passé en commission disciplinaire, a écopé de 20 jours de quartier disciplinaire, notamment en raison de pensées suicidaires.

Un profil sans antécédents disciplinaires

Pourtant, ce détenu n’avait jamais posé de problèmes auparavant. Son comportement ce soir-là contraste avec son attitude habituelle. Incarceré depuis janvier, il traversait une mauvaise passe : pas de nouvelles de sa famille, en manque de cannabis. Vers 21h, il relève un défi lancé par ses codétenus et avale sept comprimés de Séresta, un médicament qui ne lui est pas prescrit. Il ne garde aucun souvenir de la suite : ni de son agressivité, ni de son isolement. Il reconnaît les faits, mais les qualifie d’accident.

Des séquelles physiques et un passé chargé

Âgé de moins de 30 ans, le prévenu est décrit par le parquet comme un délinquant endurci. Même derrière les barreaux, il aurait déjà tenté de s’évader. Sa peine devait s’achever en 2029, le tribunal lui inflige huit mois de prison supplémentaires.

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