L’expo qui redéfinit notre rapport à la nature à l’Hôtel du Département

, Mise à jour le 10/06/2026 à 10:00

Temps de lecture : 3 minutes

La galerie Jean-Claude Simon de l’Hôtel du Département accueille actuellement l’exposition collective intitulée « Histoire Naturelle », réunissant les œuvres des artistes Armel Jullien et Carolo (Carole Chanard). Cette exposition propose un dialogue entre peinture et sculpture autour du vivant, de la nature et de ses représentations. Elle est à découvrir jusqu’au 3 septembre 2026. L’entrée est gratuite. Des visites guidées peuvent également être organisées pour les scolaires sur rendez-vous.

Le peintre Armel Jullien, qui avait déjà exposé dans la galerie Jean-Claude Simon en 2007, présente ici un ensemble d’œuvres ancrées dans une approche réaliste et sensible. Formé au dessin et à la composition en école d’arts graphiques, il est autodidacte en peinture à l’huile. Son travail s’inscrit dans une exploration attentive du monde rural, des paysages et des portraits d’éleveurs et de leurs animaux. Inspiré par l’histoire de l’art, du Moyen Âge au baroque, il développe une peinture où la précision du détail évoque parfois la photographie, tout en dépassant l’apparence pour interroger la perception du réel.

Dans ses toiles, Armel Jullien cherche à restituer une émotion liée à la rencontre avec la nature. Les scènes quotidiennes, les visages et les corps du monde rural deviennent les vecteurs d’une réflexion sur le vivant. Derrière l’exactitude apparente se déploie une dimension plus intime, où la peinture explore ce qui échappe au regard immédiat, entre présence sensible et profondeur émotionnelle.

Carolo travaille la matière naturelle pour parler du vivant

En parallèle, l’artiste Carolo, de son vrai nom Carole Chanard, vit et travaille en Lozère. Depuis 2004, elle développe une démarche singulière fondée sur l’utilisation de bouses de vaches de race Aubrac comme matériau de création. Son travail sculptural s’appuie sur une réflexion autour du cycle naturel, de la matière organique et de la relation entre l’animal, l’homme et la terre.

Carolo explique avoir été marquée par la symbolique des vaches, qu’elle considère comme fondatrices de paysages et de récits. Elle transforme cette matière issue du monde animal en sculptures modelées, séchées puis déshydratées au four, leur conférant stabilité et pérennité. Ce processus de transformation détourne la fonction première du matériau pour en faire un support artistique et symbolique.

Ses œuvres, souvent hybrides, évoquent des formes à la frontière de l’humain et de l’animal, et s’inscrivent dans une mythologie personnelle nourrie de références culturelles et anthropologiques. À travers cette démarche, Carolo interroge la circulation de la matière vivante et la manière dont elle peut devenir langage artistique.

 

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