Claudia Pignol s'en est allée
Suspendus sous les avancées des toitures, cachés dans les haies ou derrière le feuillage des arbres, la présence discrète des nids de frelons asiatiques n'en reste pas moins dangereuse. C'est pour cela que la mairie de Brives-Charensac a organisé, dans la matinée du samedi 31 janvier, une réunion publique pour apprendre à lutter plus efficacement contre cette espèce invasive.
Aux pattes jaunes et au corps noir, le frelon asiatique est à différencier de son voisin européen plus coloré, de par son abdomen jaune et sa tête orange. En outre, l'espèce invasive est de plus petite taille (entre deux et trois centimètres). "En général, quand on le voit voler, on a un aspect d'insecte noir, si vous voyez trop de jaune, il y a peu de chances que ce soit lui" nous dit Christophe Tomati, naturaliste, venu bénévolement animer la réunion.
Si cette espèce est considérée comme invasive, c'est déjà parce qu'elle dérègle les écosystèmes et la chaine alimentaire. N'ayant pas encore de prédateur en Europe, il s'attaque autant à des insectes qu'à des proies plus grosses. C'est notamment la production apicole qui en subit les conséquences.
En outre, le frelon présente les mêmes risques que les guêpes et les abeilles (notamment pour les personnes allergiques). Notons quand même qu'ils ont une attitude plus prédatrice et que l'invisibilisation de leur nid présente un danger certain.
Un cycle de vie annuel
En hiver, ces insectes sont encore inactifs. Cependant, le répit va être de courte durée puisque la phase de réveil, avec les premières naissances, s'étale de fin février à avril. Lors de cette période, les reines cherchent un endroit pour s'installer dans un petit nid.
Au printemps d'avril jusqu'à mai, les premières ouvrières naissent et en parallèle, le nid s'agrandit. Un mois après, celui-ci devient trop étroit, et le groupe migre pour trouver, en hauteur et à l'abri des regards, pour y installer un plus gros nid encore.
A la fin de l'été et au début de l'automne, les ouvrières changent de cible concernant la nourriture, en se tournant notamment vers des protéines. Elles adoptent alors un caractère plus prédateur. En octobre, les mâles partent à la recherche de femelles à féconder. Ces dernières vont ensuite quitter le nid pour trouver un cachette avant l'hiver.
En cette fin janvier, c'est donc le meilleur moment pour d'agir, mais comment ?
Prévention et intervention
Lorsque vous voyez un nid, la première des attitudes à adopter est de ne pas intervenir soi-même et en évitant de les énerver (notamment par les vibrations d'une scie sur une branche). Il faut alors contacter des entreprises spécialisées dans ce domaine qui interviendront. Le prix d'une intervention varie entre 100 et 250 euros, au-delà de ces tarifs, il peut s'agir d'une arnaque. Ce sera au propriétaire du terrain de payer les frais.
Il faut également noter que la période d'intervention est importante. En hiver, les nids ne sont plus remplis et ne le redeviendront jamais. Si on veut que l'intervention soit la plus efficace possible, il faut la faire au printemps ou à l'été.
Comme dit le dicton, "mieux vaut prévenir que guérir". C'est là que des pièges à frelons présentent une utilité. Présentés par Christophe Tomati, et deux apiculteurs amateurs, Laurent Pinguet et Marc Séjalon, ces objets prennent la forme d'un entonnoir en plastique, accroché à n'importe quel contenant. A l'intérieur, une solution composée d'un tiers de bière, de vin blanc et de sirop de fruits rouges imbibée dans un éponge, joue le rôle d'appât. Le vin blanc sert notamment de répulsif pour certains insectes, dans l'optique de cibler surtout les frelons. Le piège à la particularité d'être sélectif sur les espèces. C'est-à-dire qu'il laisse entrer n'importe quel insecte, mais seuls les frelons restent bloqués.
Une fois capturés, la solution la plus sécurisée est de noyer les frelons capturés.
Intervention publique
Depuis le printemps 2025, une loi relative à la lutte contre les frelons a été votée. Déclinée au niveau départemental, des plans devraient normalement se mettre en place.
A Brives-Charensac par exemple, la mairie va commander des pièges pour ensuite les proposer à prix réduit aux habitants qui en auront fait la demande.