Entretien avec le préfet : les sucrés-salés de 2025 et le menu pour 2026

, Mise à jour le 09/02/2026 à 06:00

Temps de lecture : 6 minutes

Au cours d’un entretien, le préfet Yvan Cordier dresse le bilan d’une année 2025 marquée par les tensions agricoles et les mobilisations citoyennes. Santé, éducation, emploi… il revient sur les enjeux majeurs du département et les décisions qui façonneront 2026.

Janvier a un air de nouveauté, les jours se rallongent et les résolutions vont bon train. Une chose est sûre, ce qui ne change pas, c'est le rendez-vous du préfet pour faire le bilan de l'année passée et les perspectives de l'année à venir. Un tour d’horizon de la vie citoyenne qu’il introduit ainsi « c’est une année qui était exigeante, parfois éprouvante, marquée pour les services de l'État par l'enjeu de la stabilité gouvernementale. »

Les différentes manifestations sur la voie publique ont marqué ces douze derniers mois, notamment celles de septembre avec le mouvement "Bloquons tout" puis et celle de décembre la mobilisation des agriculteurs.

« Je crois que nos concitoyens attendent que nous consolidions nos résultats, il y a une demande d'État en matière de sécurité, d'accès aux services publics, de santé, d'emploi. » Yvan Cordier, préfet de la Haute-Loire

Le monde agricole "a la dent dure"

Les fêtes de fin d’année n’ont pas apaisé les tensions : la colère gronde toujours dans tout le pays, et les Altiligériens ne font pas exception. Plusieurs actions de blocage sur les ronds-points ont été recensées.

Pour le moment épargné par l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, le département reste sous vigilance. Bien que tout se soit déroulé dans un « cadre acceptable », estime Yvan Cordier, « on est dans une attitude constante de dialogue avec toutes les organisations syndicales, en revanche on insiste beaucoup sur le fait qu'il ne saurait y avoir de dégradation » ajoute-t-il.

Malgré les contestations, les décisions des services de l’État restent inchangées : abattage total de l’unité d’élevage concernée, restrictions de circulation des animaux et contrôles renforcés par la gendarmerie. Pour l’heure, aucun chiffre précis sur les contrôles routiers n’est disponible.

La vaccination ciblée dans un rayon de 50 km autour des foyers, également contestée par certains agriculteurs, est maintenue. 

Mutualiser l'accueil aux soins

L'un des volets majeurs, dont les départements ruraux comme la Haute-Loire souffrent, est l'accès aux soins. En 2025, neuf maisons de santé ont été labellisées à Allègre, Beauzac, Coubon, Langeac, Pont-Salomon, Chambon-sur-Lignon et à Saint-Just-Malmont ainsi que les quartiers de Guitard et du "Pensio" au Puy-en-Velay.

Malgré ces avancées, certaines zones comme celles de la communauté de communes de Cayres-Pradelles et celle des Rives du Haut-Allier restent encore impactées par le manque de prestations médicales. 

« C’est un dispositif qui vise, en échange d’un financement par l’État, à garantir au public une certaine qualité dans les maisons de santé pluriprofessionnelles », explique Yvan Cordier.

Pour pouvoir bénéficier du dispositif, les structures doivent respecter des critères : présence d'un médecin et d'un infirmier, l'ouverture des lieux au moins cinq jours par semaine, et s'engager à ne pas pratiquer de dépassement d’honoraires.

"Une deuxième vague de labellisation est attendue pour mars 2026." Yvan Cordier

Carte scolaire, la grande inconnue

Territoires éducatifs ruraux

Les territoires éducatifs ruraux sont des dispositifs visant à coordonner écoles, collectivités, associations et familles afin de renforcer l’offre éducative en zone rurale et de favoriser l’égalité des chances des élèves.

Depuis 2023, le dispositif des Territoires éducatifs ruraux (TER) a été mis en place sur le département altiligérien, l’un sur la commune de Paulhaguet, l’autre regroupant Le Chambon-sur-Lignon, Fay-sur-Lignon et Le Mazet-Saint-Voy.

« Ce sont des outils très importants pour fédérer les acteurs et favoriser l’égalité des chances », souligne le préfet. Deux nouveaux TER sont actuellement en cours de création sur les secteurs de Cayres-Pradelles et de La Chaise-Dieu.

Par ailleurs, la répartition des enseignants et des classes sera à nouveau étudiée cette année « La question de la carte scolaire va se poser bien sûr à nouveau cette année, alors du fait des élections municipales, le calendrier est un peu chamboulé » souligne le Préfet.

Le nombre de postes disponibles ne sera connu que le 23 mars. Un dernier rendez-vous du Conseil Départemental de l'Education Nationale (CDEN) se réunira le 5 avril pour valider officiellement la répartition.

« On voit qu'en Auvergne la population scolaire diminue un peu plus, il y aura des ajustements, c'est mécanique, mais on va agir en responsabilité » indique Yvan Cordier, qui peut désormais donner un « avis formel » sur la fermeture ou non des classes, depuis le décret en date du 30 juillet 2025.

Il faut toutefois souligner que la baisse du nombre de postes des professeurs ne suit pas celle de la population du premier degré de la Haute-Loire, qui est, elle, plus marquée avec une baisse estimée à de 2,2 %, contre 1,8 % au niveau national.

Cette situation permet ainsi d’atteindre mécaniquement un taux d’encadrement inédit dans la région « il y a une concertation très forte avec les élus, avec un observatoire de la ruralité qui a été mis en place, qui permet d'échanger avec les élus sur les prévisions à trois ans » explique Yvan Cordier.

Transformer l’essai de l’emploi

Avec un taux de chômage de 5,6 %, « très proche du plein emploi », comme l’a souligné le préfet, le territoire se trouve aujourd’hui dans une dynamique positive, toutefois avec un défi majeur, celui de ramener vers l’emploi les publics qui en sont encore éloignés.

C’est dans ce cadre que la DDETSPP et France Travail, en lien avec le Département, travaillent à une « nouvelle gouvernance du réseau pour l'emploi et on commence à obtenir des bons résultats, notamment avec le partage du système d'information entre le département et France Travail », indique Yvan Cordier, qui permet désormais l’inscription automatique de tout allocataire du RSA à France Travail en tant que demandeur d'emploi.

En parallèle, France Travail modernise ses services et son accueil, avec la rénovation de ses agences, dont celle du Puy prévue en septembre prochain. La mise en place d’outils numériques et d’intelligence artificielle s’inscrit dans cette même volonté pour adapter l’accompagnement des demandeurs d'emploi pour rejoindre le monde du travail. 

Des aspects favorables

Malgré une année 2025 marquée par de fortes tensions touchant le monde agricole, l’environnement et une instabilité persistante, Yvan Cordier évoque des « motifs de satisfaction » comme la SCOP Fontanille, présente à la Grande Exposition du Fabriqué en France 2025, qui s’est tenue à l’Élysée les 15 et 16 novembre derniers « c'est un leader européen du textile médical », ou encore l’organisation à Brioude avec « le plus grand exercice de militaires avec des réservistes jamais organisé en France » conclut le préfet.

Les perspectives pour 2026 demeurent étroitement liées à l’adoption du budget ainsi qu’aux élections municipales, faisant de cette année une période déterminante tant au niveau national que local.

Photo par Maxime Pitavy Zoomdici archives

 

 

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