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Après avoir sillonné les routes d'Europe avec sa grand-mère de 101 ans, Fiona Lauriol, et ses deux parents passent aujourd'hui de département en département et ils étaient à Polignac pendant trois jours. Leur objectif ? communiquer sur une cause qui leur est chère, l'isolement de nos aînés. Une motivation qui les pousse à intervenir à toutes les échelles, du micro-trottoir jusqu'au Parlement français, en passant par des centaines de conférences à travers l'Europe.
En 2017, l'on annonce à Fiona que sa grand-mère de plus de 100 ans allait mourir dans une semaine. Malgré des relations compliquées entre les deux femmes, Fiona décide de s'occuper d'elle jusqu'à sa fin de vie.
« Je pars toujours du principe "ne fait pas aux autres ce que tu n'aimerais pas qu'on fasse à toi même", et comme elle avait encore de la famille, je ne voulais pas qu'elle meure seule, loin de tout le monde. [...] C'est vraiment au bout de 6 mois, qu'un jour où je suis rentré dans sa chambre, elle regardait le mur blanc avec un air complètement ailleurs, je me suis dit mon dieu, mais c'est ça la vieillesse ? Attendre bêtement la fin ? » nous confie Fiona.
Au final, le pronostic d'une semaine s'est avéré faux, c'est pourquoi Fiona a proposé à sa grand-mère de partir en camping-car. Et dans cette « petite maison roulante », accompagné de ses parents, elles se sont élancées sur les routes de France, d'Espagne, du Portugal, d'Andorre, ... Elles ont également emprunté le chemin de Saint-Jacques de Compostelle en fauteuil roulant sur plus de 450km. Et c'est trois ans plus tard et plus de 15 000 kilomètres au compteur, que Fiona a perdu sa grand-mère à 103 ans.
La mission de ce trio peut se résumer en quelques mots lutter contre l'isolement des plus âgés, mais nombreux sont les enjeux et difficultés qui se dressent. Tabous, manque de solidarité, passivité de l'entourage, manque d'intérêt pour certains, la « mort sociale » touche pourtant des centaines de milliers de personnes.
« En fait vous ne comptez pour personne, c'est horrible. » Fiona
« On est dans une société où il y a beaucoup de tabous, on ne parle ni de la mort, ni de la vieillesse, certainement pas du sexe chez les personnes âgées. Donc en fait on parle de rien et du coup on comprend rien. [...] En 2010, il y avait entre guillemets que 50 000 personnes en mort sociale, à l'heure actuelle il y en a un million, qu'est-ce qu'on attend pour réagir ? Et le dernier record macabre, donc là c'était au mois de mars, ils ont retrouvé dans un immeuble du 16ème arrondissement de Paris, une dame morte chez elle, depuis, 8 ans. Est-ce que c'est ça un pays dit "civilisé" ? En fait vous ne comptez pour personne, c'est horrible. » nous explique Fiona.
Aujourd'hui suivie par plus de 20 000 abonnés sur les réseaux, Fiona et ses parents poursuivent leur aventure pour lutter contre l'isolement des aînés. Pour cela, le trio est parti de 2023 à 2025 faire un tour d'Europe pour voir ce qui est fait ailleurs.
« Le constat est le même, c'est que physiquement on va prendre soin de nos aînés mais mentalement on ne va pas chercher à savoir ce qu'ils veulent vraiment. C'est se sentir utile, vivre dans la société et non être exclu. » en a conclu Fiona.
Des centaines de conférences, un livre (bientôt adapté sur grand écran), des réseaux sociaux, des micro-trottoirs, ..., les moyens pour sensibiliser sur ce sujet ont pris de nombreuses formes et ont même amené Fiona et ses parents devant les députés/sénateurs français, le directeur du CNSA, la mairie de Paris ou encore devant le gouvernement. Un dossier « assez gros pour caler un meuble » leur a été présenté, avec des projets comme l'interdiction de toucher un héritage pour les proches qui ne sont pas allés voir leurs grands-parents depuis 5 ans ou plus, ou encore la mise en relation des personnes âgées en mort sociale avec des jeunes dans la même situation.
L'objectif est donc de jouer à toutes les échelles pour « semer des graines, expliquer qu'on va tous vieillir un jour, et comment on veut qu'on s'occupe de nous. [...] C'est ce qu'on essaye aussi d'expliquer, c'est que, les politiciens, ils ne pourront pas tout faire, donc c'est à la société de se prendre en charge. » ajoute Fiona.
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