Égorgé et brûlé à Saint-Victor-Malescours : le meurtrier présumé entendu aux assises

, Mise à jour le 27/11/2020 à 08:31

Quand l'accusé entre dans la salle d'audience du palais de justice du Puy, aux alentours de 9h30, une femme éclate en sanglots dans les rangs des parties civiles. La seule vision de l'homme suspecté du meurtre de Mahieddine Zaz lui est insoutenable. Ce lundi 17 novembre, Saber S., principal suspect de l'homicide de Saint-Victor-Malescours du 20 septembre 2011, comparaît devant la cour d'assises de Haute-Loire pour le premier jour d'une semaine de procès.

Une voiture en flammes, un corps calciné
Le rappel des faits plonge la salle dans l'émoi. Dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 septembre 2011, vers 23h45 sur la commune de Saint-Victor-Malescours, les sapeurs-pompiers de Saint-Didier-en-Velay interviennent pour un feu de voiture. La Seat Ibiza, immatriculée dans la Loire, est abandonnée non loin de l'auberge « La Sapinière », en bordure du bois de la Garne. Les pompiers s'emploient pour éteindre l'incendie : un corps est en train de flamber à l'intérieur du véhicule, sur les sièges arrières. Ce corps, entièrement calciné, c'est celui Mahieddine Zaz, un Stéphanois de 36 ans. L'autopsie enlève tout suspens : « Didine » a été sauvagement égorgé, frappé à la tête avec un objet contondant et déposé sur le banquette de la voiture pour y être consommé par les flammes.

Une dette à l'origine du différend
Un nom sort rapidement de l'enquête. Le 28 septembre 2011, Saber S. est interpellé à son domicile et déféré au Parquet. Des traces de sang sont retrouvées à son domicile. Surtout, une altercation avec la victime deux heures avant les faits, filmée par les caméras de surveillance d'un cinéma stéphanois, le désigne comme principal suspect du meurtre de « Didine ». Les deux hommes, qui s'étaient rencontrés en prison, avaient un différend autour d'une dette. Selon divers témoignages, Saber S. devait 80 000 euros à Mahieddine Zaz dans le cadre d'un trafic de cannabis. Outre ces faits, le casier judiciaire du suspect ne plaide pas non plus en sa faveur : en 2002, Saber S. a été condamné à huit ans de prison par la cour d'assises des mineurs de la Loire pour deux viols en réunion. Des tournantes, en somme.

Des témoignages bancals
« Je ne l'ai pas tué », assure l'accusé dans un entretien avec un juge d'instruction, en 2012. L'homme, aujourd'hui âgé de 30 ans, a toujours clamé son innocence. À Saint-Etienne, quelques jours après la disparition de « Didine », les rumeurs font pourtant de Saber S. l'auteur du crime. Le soir des faits, quand il rentre vers 3h30 du matin chez lui, sa petite amie constate des plaies sur ses mains. Des portes non fermées la poussent à croire que son compagnon a dû passer dans leur appartement pendant la soirée. Elle ne retrouve pas non plus les vêtements qu'il portait le jour J. Lui explique s'être battu et avoir passé une partie de la nuit à jouer au poker chez des amis.

De nombreuses personnes sont entendues, à plusieurs reprises, et les témoignages changent au fur et à mesure que l'enquête progresse. L'amie du suspect rédige même un courrier pour exprimer son indignation face à la retranscription de ses propos. Elle dit avoir été influencée par les enquêteurs alors que des témoins affirment, de leur côté, avoir passé une partie de la soirée avec Saber S. Malgré les preuves qui semblent accabler l'accusé, l'affaire comporte encore une large part d'ombre.

Cinq jours de procès pour mettre en lumière ce qui reste confus, plus de quatre ans après les faits. Au total, 19 témoins et trois experts seront entendus au cours de la semaine. Et au milieu de tout ça, un clash d'avocats de renom : le duo Philippe Scrève/Jean-François Canis, qui défend les intérêts des 14 parties civiles, fait face au tumultueux David Metaxas, représenté ce lundi par son collaborateur Mehdi Mahnane. Verdict ce vendredi 21 novembre.

A.L.

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