Dermatose nodulaire contagieuse : une crise révélatrice pour FNE 43

, Mise à jour le 02/01/2026 à 15:30

Temps de lecture : 5 minutes

Alors que les barrages se lèvent dans toute la France suite à la mobilisation du monde agricole contre la gestion de l'épidémie de DNC, FNE 43, à travers un communiqué,  affirme son soutien aux éleveurs inquiets et dénonce une stratégie sanitaire qui privilégie les intérêts commerciaux sur le bien-être animal et humain.

La DNC a frappé la France depuis juin 2025 (en Savoie au départ). Depuis, 115 foyers ont été détectés dans neuf départements, entraînant l'abattage de plusieurs milliers de bovins, dont des troupeaux entiers dès le premier cas de contamination.
Selon FNE 43 (France Nature Environnement), les mesures d’abattage sont « une solution radicale qui vise avant tout à préserver le statut "indemne" de la France et ses capacités d'exportation », tandis que la maladie n'est pas transmissible à l'homme et présente un taux de mortalité qui n'excède pas 1 à 5 %, souligne la fédération.

Avec près de 1,3 million de jeunes bovins exportés en 2024, principalement vers l'Espagne et l'Italie. La fédération évoque « un non-sens à l'aube des bouleversements climatiques qui menacent la viabilité même de ce modèle ».

En attente de vaccination

« La Grèce et les pays des Balkans ont réussi à juguler l'épidémie par la vaccination entre 2016 et 2018. »

L'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a confirmé que la vaccination constitue le moyen le plus efficace de contenir la maladie.
La réglementation européenne n'impose pas l'abattage préventif total. L'EFSA indique également que sur un troupeau vacciné, l'abattage ciblé des seuls animaux positifs est aussi efficace.

Dans la filière agricole, les points de vue divergent, comme l’explique la fédération. Le syndicat majoritaire FNSEA s'oppose à la vaccination généralisée par crainte de perdre le statut "indemne" et les capacités d'exportation, alors que d'autres syndicats (Confédération paysanne, Coordination rurale) réclament la fin de l'abattage systématique.
 

« Le lien entre changement climatique, modèle agro-industriel et crises sanitaires n'est plus à prouver. » FNE 43

La hausse des températures favorise la prolifération des insectes vecteurs de maladies et permet la persistance en décembre des mouches porteuses de la DNC. Les élevages intensifs et les transports massifs aux marchés extérieurs fragilisent l'ensemble de la filière.

Une logique commerciale qui atteint ses limites

« Cette crise ne sera pas la dernière. » souligne FNE 43.

"L'accord MERCOSUR, la révision de la PAC et la loi Duplomb vont encore fragiliser les élevages familiaux au profit d'un modèle qui ouvre les frontières, dérégule les marchés et force à produire toujours plus". Des politiques dénoncées par la fédération au détriment des normes environnementales.
Selon FNE 43, depuis l'adoption de la loi Duplomb, les rendements continuent de baisser, 60 % des sols français sont dégradés, et maintenant la DNC frappe les élevages. « Ce ne sont pas les protections environnementales qui freinent l'agriculture, mais bien les limites physiques des écosystèmes dégradés et un modèle productiviste à bout de souffle. »

La Haute-Loire, terre d'élevage

FNE 43 rappelle l'urgence d'une transition vers des élevages durables et résilients. Les élevages familiaux du département composés le plus souvent d'une cinquantaine de têtes de bovins, valorisent des espaces où l'agriculture intensive est impossible. Des recherches récentes de l'INRAE démontrent que les exploitations qui allient gestion fine des ressources (pâturages, aliments naturels) et pratiques adaptées (races rustiques, limitation du nombre de bêtes par hectare) concilient selon FNE 43 performance économique, respect de l'environnement et bien-être animal.

FNE 43 énumère les dispositions à appliquer pour la transition :
• La sortie de la production animale industrielle : interdiction des nouvelles installations ou agrandissements d'élevages intensifs (ICPE), interdiction de l'élevage en cage et accès obligatoire à l'extérieur pour tous les animaux.
• Un plan national d'accompagnement pour les éleveurs vers une réduction planifiée des cheptels avec des plafonds et planchers par territoire, des aides spécifiques à la conversion vers l'élevage extensif
• Le soutien aux élevages agroécologiques et paysans : adaptation des critères sanitaires à l'élevage en plein air, autorisation et financement des abattoirs mobiles à la ferme, appels à projets pour installer de l'élevage durable dans les territoires qui en manquent.
• La relocalisation de la production via les circuits courts et la restauration collective
• La valorisation des races rustiques mieux adaptées et plus résistantes aux maladies.

Un appel à l'action collective

FNE 43 appelle à une production à taille humaine et à la promotion d'une agriculture locale, raisonnée et de saison au centre des priorités. « N'en déplaise aux têtes pensantes du syndicat majoritaire, nous sommes interdépendants et nous avons notre mot à dire sur la façon dont nous voulons nous nourrir », ajoute la fédération.

Guillaume Charmasson, président de FNE 43, conclut ainsi : « Notre position en tant qu'association de protection de l'environnement implique le Vivant dans son ensemble. On ne peut qu'être solidaire avec nos agriculteurs et nos éleveurs malmenés par un système productiviste délétère pour la profession, la biodiversité et notre avenir commun. Face aux bouleversements climatiques, il est urgent d'accompagner la transition vers des élevages durables, résilients et ancrés dans les territoires. »

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