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C'est un sujet qui aura fait couler de l'encre : la crise agricole actuelle bat toujours son plein dans le département. Entre occupation de rond-point et rassemblement citoyen devant la préfecture, ce week-end a été marqué par plusieurs actions.
Le rendez-vous était donné ce samedi 10 janvier au rond-point stratégique de Lachamp à Saint-Pierre-Eynac. Après avoir un temps hésité sur le maintien ou non de l'action en raison des conditions climatiques, les agriculteurs de la Confédération Paysanne et de la Coordination Rurale ont tout de même convergé vers le rond-point. Ce dimanche, après avoir passé la nuit dehors, les agriculteurs de la Coordination Rurale étaient encore présents, rejoints par quelques citoyens soucieux de la cause agricole.
Sur place, la détermination restait intacte : "Les propositions sont insatisfaisantes. Il n'y a que des promesses avec des "si" mais rien de concret pour le moment" soulignait Martin Moreau, membre du conseil d'administration de la Coordination Rurale 43.
"On vit avec le vivant, on ne peut pas laisser un classeur fermé et le rouvrir dans 6 mois" Martin Moreau, coordination rurale 43
Sur place, un feu a été allumé sur le rond-point pour se réchauffer, les pieds dans la neige. Deux tracteurs sont positionnés aux extrémités du giratoire et une serre a même été installée pour abriter quelques tables. Le soutien ne faiblit pas non plus : entre klaxons et nombreux dons de nourriture, les citoyens semblent approuver l'action des agriculteurs.
Une concurrence jugée déloyale
Dans cette crise agricole actuelle, plusieurs sujets brulants occupent les esprits. Celui du Mercosur fait grincer des dents avec une concurrence des pays voisins jugée déloyale de par le manque de règlementations. "Comment on fait pour vivre quand on doit s'aligner sur des pays moins taxés et moins règlementés ?" s'inquiète Martin Moreau.
Les agriculteurs font également le constat amer de l'importation de produits qui ne respectent pas les normes françaises et européennes. Une chose est sûre, d'autres actions seront menées : "on a besoin de savoir où l'on va" assure Martin Moreau.
Un rassemblement citoyen devant la préfecture
Du côté de la préfecture, un rassemblement citoyen s'est tenu ce dimanche matin à l'appel de l'éco-architecte Alexis Monjauze. Une petite vingtaine de personnes ont pris part aux discussions autour des sujets brulants de la DNC (dermatose nodulaire contagieuse) et du Mercosur. Un rassemblement qui se voulait pacifiste et citoyen, lancé à travers un texte publié par une trentaine de personnes soucieuses de l'avenir de l'agriculture.
"Après la FCO (fièvre catarrhale ovine) sur les brebis l'an dernier, voici la DNC. Vous croyez que les paysans vont supporter d'années en années les maladies ?" s'inquiétait David Dubois, paysan installé à Vissac-Auteyrac.
La choix de la France sur la gestion de crise de la DNC (maladie de catégorie A) a longuement été critiqué, l'abatage total étant une aberration pour les participants.
"Quand on est paysan, on élève les animaux et on essaie de les soigner" David Dubois, paysan à Vissac-Auteyrac
De son côté, Alexis Monjauze, éco-architecte à l'origine de ce rassemblement intitulé "Longue vie aux vaches", a mis sur la table le sujet de la survie des exploitations familiales plus petites face à l'agriculture industrielle et massive.
Noé Charles, lui, n'est pas paysan mais a voulu venir en tant que citoyen pour soutenir cette cause qui le touche.
Le forum civique a ensuite décidé de se rassembler dimanche prochain à la même heure devant la préfecture en espérant réunir plus de participants.
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