Saugues mise sur un centre de santé pour attirer des médecins
La préfecture de Haute-Loire a annoncé début juillet « 12 millions d'euros » d'aides de l'État pour l'investissement des collectivités altiligériennes en 2026. Elle a par ailleurs loué « une situation financière locale saine ». Pourtant, l'Association des Maires de Haute-Loire ne voit pas tout en blanc.
Dans sa lettre du 7 juillet 2026, la préfecture a exposé des chiffres encourageants concernant l'activité des communes et intercommunalités de Haute-Loire en 2025. « Par rapport à 2024, l'autofinancement net augmente de 13 %. Les dépenses d'investissement progressent de 16,7 %, soit un rythme nettement supérieur à celui constaté au niveau national ».
Bilan : les communes altiligériennes se portent bien... pour l'instant ? Le président de l'association des maires de Haute-Loire (AMF 43), Jérôme Bay, a répondu à la préfecture. Paradoxalement, il s'est plutôt montré inquiet.
Dans une lettre du 13 juillet, Jerôme Bay observe la situation nationale, autour de la Haute-Loire. Il alerte sur un ralentissement de la dynamique des investissements des communes et intercommunalités depuis 2019, et sur une épargne en baisse (moins 7 % au niveau national).
Le maire du Brignon confirme que la situation des collectivités de Haute-Loire est actuellement bonne. Mais il nous dit craindre pour l'avenir : « Les maires sont préoccupés. Ils sont à la recherche de nouvelles recettes car les charges communales continuent d'augmenter. Et à côté de cela, les dotations de l'État sont rognées. J'ai par exemple perdu 8 % d'aides au Brignon ».
Selon lui, la bonne tenue des finances municipales altiligériennes est surtout liée au comportement des édiles. « Ici, les maires sont prévoyants, ils sont plus fourmis que cigales ». Autrement dit, les homologues de Jérôme Bay sont prudents dans leurs dépenses, « par crainte d'une baisse des subventions ». Ainsi, d'après lui, cette bonne gestion permet aux communes de continuer d'investir durablement en Haute-Loire. Cependant, ces hésitations des maires ralentissent et reportent certains projets. Jérôme Bay conclut : « Pour l'instant, on est bien. Mais il ne faut vraiment pas continuer sur cette voie du côté des dotations étatiques ».
Pour le président de l'AMF 43, les maires altiligériens « essaient de diversifier leurs recettes sans augmenter les impôts ». Dans les villes et villages, trouver de nouvelles sources de revenus (loyers...) induit des investissements publics ciblés. Cécile Gallien, maire de Vorey-sur-Arzon, estime que « dans la situation actuelle, où il faut faire avec moins de ressources, [les édiles] doivent prioriser des projets rentables au long-terme ».
Cécile Gallien prend l'exemple de Vorey : « La construction d'une maison de Santé a attiré des médecins. Ils versent à la commune des loyers qui nous permettent de rembourser l'emprunt effectué. C'est de plus un service incontournable pour les habitants et ceux qui s'installent ». D'après la maire, cette rentabilité de l'établissement offre à nouveau à Vorey une marge de manoeuvre de « 350 000 € de capacité d'investissement par an »
« Les maires doivent prioriser des projets rentables au long terme », Cécile Gallien, coprésidente de la commission des communes et territoires ruraux à l'AMF 43
Également coprésidente de la commission des communes et territoires ruraux à l'AMF 43, Cécile Gallien a, comme Jérôme Bay, rappelé la nécessité pour les maires et présidents d'intercommunalités de Haute-Loire, de « continuer à être prudents ». Si, selon elle, l'État « continue de jouer son rôle » d'aidant aux collectivités, les édiles doivent « promettre ce qu'ils peuvent tenir ».
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