Énergie, assurances, cantine : Yssingeaux dit stop à la hausse des prix
Ce lundi 22 juin, les collèges Jean Monnet d'Yssingeaux et Lafayette du Puy ont engagé un mouvement de grève. Fermeture de classes, refus d'en ouvrir de nouvelles... : enseignants, parents d’élèves, surveillants et agents d'entretien ont décidé de faire bloc face à ces situations jugées inacceptables.
Au collège Jean Monnet d'Yssingeaux, la mobilisation vise les fermetures d’une classe de sixième et de troisième. Pour le collège Lafayette, le mouvement vise à protester contre le refus du rectorat d'ouvrir une troisième classe de cinquième malgré le chiffre croissant des effectifs.
Aux côtés du personnel éducatif, des parents d’élèves tiennent à afficher leur soutien. Tous redoutent les conséquences de ces décisions sur l’accompagnement des élèves.
À partir de la rentrée prochaine, ce sont une classe de sixième et une autre de troisième qui devraient disparaître dans ce collège d'Yssingeaux.
Julien Paintandre, enseignant au collège Jean Monnet et représentant du syndicat des enseignements de second degré SNES-FSU 43, fait l'état des lieux : « On était à 20 classes et il est prévu manifestement que l'on passe à 18. »
Concernant la classe de sixième, l’enseignant évoque sa surprise : « On a des informations du rectorat comme quoi il y aurait 73 affectations en sixième à la rentrée. Ce qui nous a surpris parce qu'on avait des prévisions allant jusqu'à 87 élèves. » Il préfère toutefois "rester prudent" et attendre la clôture des journées d'inscription des sixièmes cette semaine. Il reconnaît :« Il y a effectivement une baisse de démographie au niveau des CM2 sur le secteur. »
Pour les troisièmes, la situation apparaît plus préoccupante aux yeux du personnel. « On avait 100 élèves de quatrième cette année, 10 qui partent en orientation troisième prépa métier, ce qui nous laisse 90 élèves, et on nous prévoit trois classes de 30 élèves », déplore-t-il.
Des effectifs hors-sol selon Julien Paintandre. « On a un indice de positionnement social qui classe 67 % de nos élèves dans les plus basses catégories socio-professionnelles. De très nombreuses études montrent que la réussite et l'échec scolaire dépendent aussi beaucoup de l'origine sociale dont les élèves sont issus. » Il rappelle également que « 33 % des élèves bénéficient d’un parcours personnalisé », en raison de difficultés scolaires ou de situations de handicap.
Dans ce contexte, l’enseignant juge la perspective de classes à trente élèves inacceptable : « On ne peut pas travailler à 30 dans ces conditions. »
Une inquiétude qui touche également les parents d'élèves. Émilie Brousselle est maman de deux élèves du collège Jean Monnet. Elle considère que l’enjeu dépasse la sphère individuelle : « On ne se bat pas que pour nos enfants à nous, on se bat pour l’école publique. »
Face à cette situation, le maire d'Yssingeaux Arthur Liogier a pris contact avec le rectorat afin d’alerter sur les conséquences de cette décision. La décision définitive devrait être connue d’ici la fin de la semaine. La grève pourrait être prolongée.
Les enseignants rappellent que le collège connaît une progression régulière du nombre d'élèves. Alors que l'établissement comptait 233 collégiens en septembre 2025, il en accueille aujourd'hui 252. Dans ce contexte, l'absence d'ouverture d'une classe supplémentaire entraînerait, la répartition de 59 élèves de cinquième dans seulement deux classes.
Pour le personnel, cette organisation compromettrait la qualité d'accueil et de suivi des élèves. Nadège Clauge, coordinatrice de la section UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants) pose une question simple : « Que vont devenir ces enfants ? »
Au-delà de l'aspect pédagogique, les grévistes mettent en avant des préoccupations liées à la sécurité. Plusieurs salles du collège disposent en effet d'une capacité maximale limitée à 28 personnes. « Quand on a 30 élèves, on ne peut pas respecter les règles de sécurité, notamment en cas d'évacuation d'urgence », explique Agnès Chichereau, représentante du personnel et professeure de SVT à Lafayette.
Là aussi, le personnel enseignant compte bien faire entendre ses revendications. Il devrait être reçu dans la semaine à l'Inspection académique. Les conséquences sur la rentrée prochaine sont encore floues.
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