Clap de fin pour cette emblématique discothèque de Haute-Loire

, Mise à jour le 07/05/2026 à 06:00

Temps de lecture : 4 minutes

Un peu plus d’un an après l’annonce de la reprise de l’établissement par un nouveau gérant, la mythique discothèque du Monastier-sur-Gazeille l'Oasis a définitivement fermé ses portes. Le bâtiment, en passe d'être racheté, va connaître un changement d'activité. Une page qui se tourne.

Après plusieurs décennies à faire danser les foules, d'abord en tant que dancing, puis en tant que discothèque, la célèbre enseigne monastéroise n'accueillera plus de fêtards. L'annonce avait été faite sur les réseaux sociaux, via l'organisation d'une ultime soirée fin décembre 2025.

Plus de six décennies d'activité

Implantée depuis le début des années 1960, l’Oasis a marqué des générations entières et traversé les époques. Considérée comme une institution locale, elle a accueilli des milliers de soirées dansantes et de fêtes à thème.

La belle histoire commence rue Langlade, où René Reymond et sa femme Julie tenaient le café familial. Devant l'engouement suscité par les dimanches après-midi dansants organisés dans la rue, le couple acheta le terrain où se trouve encore l'Oasis. Très vite, l'enseigne se fait une réputation dans tout le département en tant que dancing.

Interrogé, Michel Arcis, maire du Monastier, se souvient : "Le dancing a vu passer beaucoup de monde, ça fait partie de l'histoire locale. À une époque, c'était l'un des principaux dancing du département." Voiture, car, stop... l'engouement était tel que tous les moyens étaient bons pour "monter à L'Oasis". Sur les réseaux, les souvenirs sont encore bien présents pour les internautes : "Au Puy, un car partait de la place Michelet tous les dimanches après-midi."

Dans le village, si les plus anciens se remémorent les après-midi et soirées dancing, les plus jeunes gardent en tête les soirées des années 80, électro et autres événements festifs et à thème. Pour ce couple de quinquagénaires, L'Oasis était un incontournable : "On n'avait pas de portable à l'époque. C'était le lieu de rencontre." Ils poursuivent : "C'est un lieu où beaucoup de couples se sont formés, nous les premiers !"

Aymeric, Monastérois de 24 ans et membre du Comité des Jeunes du Monastier évoque lui aussi la chaleur du lieu : "C'était un lieu de rassemblement. Quand on y allait, on était sûr d'y croiser des gens qu'on connaissait." Les moments festifs et conviviaux avaient pour habitude de se prolonger jusqu'au petit matin. Il se souvient : "À la fermeture, on aidait le patron à ranger les fauteuils et les cubes. Des fois, il nous proposait des petits trucs à manger avant de rentrer."

L'arrière du bâtiment, immanquable depuis la route
L'arrière du bâtiment, immanquable depuis la route Photo par Hugo Uliana

"Si tu vas en Ardèche et que tu dis que tu viens du Monastier, les gens répondent : Ah oui, Le Monastier, c'est l'Oasis !"

Un pincement au cœur

Derrière les souvenirs et les anecdotes qui refont surface, le sentiment est unanime chez toutes les personnes interrogées : "c'est un pincement au cœur". Pour ce même couple de quinquagénaires, "c'est une page qui se tourne, on a toujours connu l'Oasis au Monastier." Même sentiment pour le maire du Monastier : "C'est dommage. C'était un lieu très important pour les jeunes et les moins jeunes."

Pendant des décennies, l’établissement a rythmé les nuits de plusieurs générations, devenant un point de repère incontournable bien au-delà des frontières du village. "Si tu vas en Ardèche et que tu dis que tu viens du Monastier, les gens répondent : Ah oui le Monastier, c’est L’Oasis !", explique Aymeric du Comité des Jeunes. Une phrase qui résume à elle seule l’aura du lieu et la symbolique forte derrière sa fermeture.

Le bâtiment racheté par l'entreprise Cammarota

Le bâtiment serait sur le point d'être racheté par l'entreprise Cammarota, située au Monastier et spécialisée dans la plâtrerie et la peinture en bâtiment. Ce potentiel rachat laisse présager une mutation profonde du lieu, peut-être à des fins commerciales ou logistiques. Une évolution qui refléterait une dynamique économique en mouvement au Monastier-sur-Gazeille.

Ce changement d'activité s'inscrit dans un contexte plus large de crise qui touche le monde de la nuit, en particulier les établissements de taille moyenne situés en zones rurales. En Haute-Loire comme ailleurs, les patrons évoquent la nécessité de réinventer l'offre nocturne pour répondre aux attentes de la clientèle.

C'est dans ce contexte particulier que la page de L'Oasis se tourne. Elle laisse derrière elle un héritage gravé dans la mémoire collective des Monastérois et des noctambules de la région. Un pincement au cœur qui alimente les souvenirs partagés sur les réseaux et dans les conversations de village.

 

Vous aimerez aussi

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire

Je renseigne ma commune de préférence :

  • Accès prioritaire à du contenu en lien avec cette commune
  • Peut être différente de votre lieu de travail
Valider