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Après des décennies de dégradations, la Fontaine de l’Ange avait besoin d’une restauration complète pour retrouver sa fonctionnalité et sa beauté d’origine.Aujourd'hui, la Ville du Puy-en-Velay a officialisé la réception des travaux et la remise en eau de ce monument emblématique du quartier Cathédrale.
Plusieurs mois ont été nécessaires pour cette réfection afin de respecter le monument classé. Ces interventions ont permis non seulement de faire couler à nouveau l’eau, mais aussi de préserver cet élément patrimonial pour les générations futures.
Une fontaine qui a traversé les siècles
La Fontaine de l’Ange est un repère du centre ancien, dont les éléments les plus anciens remontent au XIVe siècle. La légende locale la relie au meurtre d’un choriste en 1320, à proximité de la rue des Farges.
Au fil des siècles, la fontaine a connu plusieurs transformations : transfert au XIXe siècle, remplacement du bassin, puis travaux de stabilisation au XXe siècle, notamment pour un pinacle fragilisé. Avec le temps, l’ouvrage s’est dégradé (encrassement, érosion, joints inadaptés, fuites), rendant nécessaire une nouvelle campagne de restauration, lancée au printemps 2025.
Ce qui a été restauré… dans le détail
Le fût gothique et le pinacle (arkose de Blavozy) ont été restaurés de mai à septembre 2025. Dépose et restauration en atelier : nettoyage doux, consolidation, ragréage, patine d’harmonisation, puis repose. Les éléments ont été remontés avec des scellements en fibre de carbone et de nouveaux joints. Hortense Jouanjus, conservatrice-restauratrice de sculptures, a obtenu un accord exceptionnel de la DRAC pour recréer les ailes de l’ange, afin de redonner une image plus claire de l’ensemble.
« On a mené une rénovation assez complète », confirme Fabien Michel
On continue avec le bassin d'octobre à novembre 2025. C’était l’un des gros problèmes : des fuites importantes. Le bassin a été repris avec arrachage d’étanchéités modernes, nettoyage et décapage à faible pression, puis révision de l’étanchéité avec application d’un enduit de mortier à la chaux. Les pierres détériorées ont été remplacées et les joints refaits.
Puis dans cette même période, le réseau hydraulique est passé en révision. L’idée était de s’assurer du bon fonctionnement de l’adduction d’eau, donc de vérifier tous les tuyaux et raccords. Avec ceci s’ajoute sur les abords : la reprise du dallage périphérique (dépose, remise en place, rejointoiement) et la restauration de la calade (remplacement des pierres endommagées et du rejointement).
« On a mené une rénovation assez complète », confirme Fabien Michel. La restauration a été pensée pour respecter l’histoire du monument, ses matériaux d’origine, son fonctionnement hydraulique et sa mise en valeur esthétique. Un travail « au plus juste » insiste t-il.
Revenus à la couleur d’origine
Pour Fabien Michel, restaurateur et tailleur de pierre de Saint-Pierre-Eynac, l’un des enjeux a aussi été esthétique. « On est revenus à la couleur d’origine, parce qu’on a nettoyé. On s’est posé la question d’en faire moins, il y a eu débat, mais la pierre va vite reprendre sa patine. » Il rappelle aussi que la restauration a inclus la reprise des joints et une consolidation de l’ensemble.
« Il n’y a pas un touriste qui monte au quartier Cathédrale sans prendre une photo de cette fontaine. Entretenir, sauvegarder et valoriser notre patrimoine local, ça fait partie de nos missions. » La Fondation du Patrimoine
111 000 € HT et des financements publics
Le montant des travaux s’élève à 111 000 € HT, sous maîtrise d’ouvrage de la Ville du Puy-en-Velay. Le chantier a bénéficié du soutien de l’État (près de 30 000 €), de la Région Auvergne-Rhône-Alpes (près de 7 500 €) et du Département de la Haute-Loire (près de 21 000 €).
La Fondation du Patrimoine a confirmé son appui lors de la présentation : « Il n’y a pas un touriste qui monte au quartier Cathédrale sans prendre une photo de cette fontaine. Entretenir, sauvegarder et valoriser notre patrimoine local, ça fait partie de nos missions. » Une aide de 15 % du montant des travaux, soit 12 620 €, doit être votée “très prochainement”. La Région a également rappelé la dimension patrimoniale et l’histoire attachée au lieu : « C’est une fontaine chargée d’histoire », a souligné une élue, évoquant la légende du choriste associée à l’année 1320.
La Fondation du Patrimoine a lancé une campagne de souscription ouverte à tous pour contribuer au financement. « Vous avez, par votre travail, donné un avenir à cette fontaine : elle va se transmettre aux générations futures », a souligné sa représentante. Environ 1 000 € ont déjà été récoltés, la collecte restant ouverte.
Une dernière touche de lumière avant l’été
La mise en lumière est en cours de finalisation : des spots seront positionnés sous des lanternes d’éclairage public. L’ensemble, annoncé comme discret et économe en énergie, doit être installé avant la période estivale et permettra une mise en valeur ciblée des éléments architecturaux de la fontaine, notamment de l’ange. Le choix de ce dispositif est aussi lié à l’état des réseaux électriques sous la fontaine, jugés inutilisables.
Julia Bay