(2/2) Ancienne décharge de la Pépinière : une pollution bien plus grande que redoutée
, Mise à jour le 29/08/2025 à 06:00
Partager
Lien copié dans le presse-papiers
Plus haut, des déchets encore plus gros et plus nombreuxPhoto par DR
Dans notre précédent article, nous évoquions un bloc de déchets qui s'était détaché du site de l'ancien site d'enfouissement de la Pépinière. Mais ce n'était qu'une partie émergée du problème. Le SYMPTTOM, en poursuivant les recherches sur place, a découvert une pollution d'une tout autre ampleur...
Une nouvelle découverte
Le jour même où nous leur montrions le bloc de déchets décroché de l'ancienne déchetterie, les représentants du SYMPTTOM (Syndicat Mixte Pour le Tri sélectif et les Traitement des Ordures Ménagères et assimilées) ont poursuivi leur exploration de la zone.
En continuant leur chemin sur les hauteurs, ils sont tombés sur ce qu’ils ont immédiatement qualifié de « véritable décharge sauvage ». Nous nous sommes rendus sur place pour constater l’ampleur de la situation.
Une scène écœurante
Nous remontons le petit cours d’eau évoqué dans notre précédent article. En aval se situe la Loire. Nous passons au-dessus de la falaise granitique qui surplombe le site du bloc de déchets. En effet, rapidement, le constat est accablant : encore plus de déchets que sur la première zone, parfois coincés dans les anfractuosités de la pente.
Les volumes paraissent plus massifs, les morceaux plus imposants. Sur des centaines de mètres, à côté de plastiques et détritus ménagers, nous découvrons des pneus, des cuves, de lourds blocs de béton, des carcasses de machines...
En amont, entre deux arbres, une ouverture étroite laisse apparaître les traces de dépôts. La scène nous laisse écœurés, presque nauséeux.
Des déchets toujours plus gros et plus nombreux en remontant à la source
Photo par DR
Une décharge sauvage connue, mais ignorée
Des riverains confirment : « Cette décharge, on sait qu’elle existe. Il y a des petites remorques parfois qui s'y arrêtent. » Le site, difficile d’accès, mais pas totalement invisible, a donc prospéré dans une relative indifférence. Un silence qui interroge.
Côté comportement aussi, nous restons perplexe. Comment peut-on alimenter de déchets ce site sauvage, alors même qu’à deux kilomètres se trouve la nouvelle déchetterie de la Pépinière, en accès libre ?
Le chemin d'accès à la zone de dépôt, quoique cabossé, est praticable. Cependant, son embouchure étroite et soudainement abrupte, ne nous semble guère se prêter au dépôt des gros encombrants que nous pouvons observer sur les deux rives du ruisseau.
En contre-bas de ce bucolique chemin, l'inimaginable découverte
Photo par DR
L'actuelle et l'ancienne : non pas une, mais deux décharges
D'anciens articles de presse mentionnent une décharge « non officielle » jouxtant jadis l’ancien site d'enfouissement du Puy-en-Velay. Certains anciens riverains que nous interrogeons s'en souviennent et la situent « en contre bas, à gauche de l’ancienne déchetterie, dans la pente, sur la droite du chemin de randonnée ». Exactement là où nous avons observé la source des déchets...
Ces déchets sont parfois perchés haut sur les deux rives du ruisseau, bien au-delà de ce qu’un simple dépôt sauvage unilatéral nous parait pouvoir expliquer.
Rappelons qu’à l’époque de l'ancien site d'enfouissement, en 1965, aucune norme n'encadrait le recouvrement du sol et que les déchets non triés étaient déversés directement sur le sol. En outre, les aménagements de l'époque permettaient alors l'accès et les dépôts d'ordures par l'autre rive. Ce pan d’histoire semble aujourd’hui refaire surface.
L'amont du ruisseau est donc alimenté par l'ancienne décharge d'un côté et la décharge sauvage actuelle de l'autre. L'aval est quant à lui alimenté par le bloc de déchets "décroché" de l'ancien site d'enfouissement...
En surface, rien n'apparait...
Photo par DR
Un dossier encore plus complexe
« Tant que cette décharge en amont ne sera pas traitée, le problème persistera en aval », explique David Bedenik, responsable des sites d'enfouissement du SYMPTTOM. Autrement dit, retirer le bloc de déchets mentionné dans notre article précédent ne suffira pas : c’est tout l’amont qu’il faut d'abord nettoyer et sécuriser. Au total, plusieurs centaines de mètres...
Ce dossier, qui s’annonçait déjà long, sera sans doute au final... très dense. Dans notre échange ressortent les termes "travail manuel", "treuil", "poulis", "inaccessible pour des engins"...
Un site escarpé et difficile d'accès
Photo par DR
La complexité du site, un terrain en pente, difficile d’accès, traversé par un ruisseau, exigera la mobilisation de multiples acteurs : le SYMPTTOM, les municipalités concernées (Coubon, Cussac-sur-Loire), la communauté d’agglomération, la DREAL, l'agence de l’eau… Un gros chantier, à la fois technique et logistique, aussi délicat que coûteux. Mais le problème est désormais posé et le dossier ouvert.
Face à ces découvertes et à ce défi, un constat : rien ne disparait jamais
Ici, au cœur d’un vallon sauvage et boisé, se joue bien plus qu’une question locale : il s’agit de notre rapport collectif à l’environnement, à nos déchets et à nos devoirs. Au fil de la Loire, ce sont aujourd'hui nos responsabilités qui dérivent.
Saluons le civisme et le courage de ceux qui ont vu passer, durant des années, les "petites remorques" et qui connaissaient l'existence de la dite "décharge sauvage".
Rappelons que la production de plastique explose actuellement dans le monde. Comme l'extraction minière, comme le trafic aérien, comme le poids des voitures, comme le nombre de fast-foods (50 000 en France, pays de la malbouffe), comme le taux d'incidence du cancer (X2 en 30 ans, et deuxième cause de mortalité chez les enfants), etc.
On constate combien la dérive du consumérisme mène droit dans le mur et se paie au prix fort.
Lors des orages il y a quelques années su Costaros la crue générée a partiellement emporté une décharge. Du côté d'Unieux dans la Loire un glissement de terrain a révélé aussi une décharge oubliée même des services administratifs. Nous sommes donc incapables de gérer sur quelques décennies nos déchets. Comment avec un tel constat croire au futur centre d'enfouissement de Bure qui doit stocker sur plusieurs dizaines de milliers d'années des déchets nucléaires ?
Vos commentaires
Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire
4 commentaires
Saluons le civisme et le courage de ceux qui ont vu passer, durant des années, les "petites remorques" et qui connaissaient l'existence de la dite "décharge sauvage".
Rappelons que la production de plastique explose actuellement dans le monde. Comme l'extraction minière, comme le trafic aérien, comme le poids des voitures, comme le nombre de fast-foods (50 000 en France, pays de la malbouffe), comme le taux d'incidence du cancer (X2 en 30 ans, et deuxième cause de mortalité chez les enfants), etc.
Quelle solution existe-t-il ? Aucune.
GRAVE nos dirigeants responsables incompétents !!!!!! REVOLTANT
On constate combien la dérive du consumérisme mène droit dans le mur et se paie au prix fort.
Lors des orages il y a quelques années su Costaros la crue générée a partiellement emporté une décharge. Du côté d'Unieux dans la Loire un glissement de terrain a révélé aussi une décharge oubliée même des services administratifs. Nous sommes donc incapables de gérer sur quelques décennies nos déchets. Comment avec un tel constat croire au futur centre d'enfouissement de Bure qui doit stocker sur plusieurs dizaines de milliers d'années des déchets nucléaires ?