Sa voix est posée et dénuée d’animosité. Il relate doucement ce qu’il s’est passé au sein de son cheptel de génisses et de bovins, le samedi 19 septembre dernier. « Nous sommes installés dans le village de Lissac, à Saint-Paulien, explique Fabien Garnier, patron du Gaec de la Marade. Ce jour-là, nous avions regroupé un troupeau de 24 bêtes ».
Il poursuit sur la même tonalité : « Puis, nous avons été alertés que nos bêtes s’étaient échappées du pré pourtant clos de toutes parts et qu’elles divaguaient du côté de Marcilhac. Quand nous sommes arrivés dans le champ en question, il ne restait que deux génisses. Une était visiblement blessée à la tête, une autre était à côté d’elle, comme à son chevet ».
« Son crâne a été perforé et une partie totalement arrachée »
D’après le rapport du vétérinaire rendu sur place, une morsure très profonde est à l’origine de la blessure. « Son crâne a été perforé et une partie totalement arrachée, détaille l’éleveur. Un morceau de l’oreille était manquant et les sinus avaient été sectionnés ». Face à l’importance des lésions, la décision est alors d’euthanasier la jeune génisse de 11 mois.
« Il a confirmé que le loup était très probablement à l’origine de ce carnage »
L’Office Français de la Biodiversité (OFB) est dépêché sur les lieux. « Il a confirmé que le loup était très probablement à l’origine de ce carnage », souffle Fabien Garnier. Malgré tout, les enquêteurs ne pourront émettre plus de précisions quant à l’âge du prédateur, le sexe ou encore le nombre.
« D’après ce que nous avons entendu, l’attaque aurait été perpétrée par un jeune loup, indique l’éleveur. Un loup adulte aurait dévoré en partie la génisse et emmené avec lui des morceaux plus larges ».
« Comment ne pas être inquiet de ça ? »
À la question de savoir quel était son ressenti, à présent, plus d’un mois après cette perte, Fabien Garnier n’hésite pas. « On a peur, car nous savons le loup tout proche de chez nous ! L’attaque s’est déroulée à 200 mètres des habitations, à 200 mètres de nos enfants ! »
En pleine conscience, il admet que l’attaque d’un loup sur un humain reste exceptionnelle, voire nulle. « Mais nous ne pouvons nous ôter de l’esprit que lui, ou la meute, est là, à proximité, dans les forêts qui nous entourent. Comment ne pas être inquiet de ça ? »
Zoomdici a demandé aux services de l’État si la préfecture de la Haute-Loire allait mettre en place des dispositifs adaptés concernant cet événement. Nous n’avons, à ce jour, reçu aucune réponse de leur part.