Au Digital Day de La Brasserie du Digital, ce jeudi 1er octobre, un chirurgien d'Emile-Roux est intervenu afin de participer à un temps fort consacré à la chirurgie robot-assistée.
Pour les patients devant subir une pose de prothèse du genou, soit l'une des plus douloureuses en orthopédie, l'arrivée de ce nouvel équipement change radicalement la donne.
« Vraiment aucune douleur »
« J’ai revu mes premiers patients opérés avec le robot : tous m'ont dit qu'ils n'avaient quasiment pas eu de douleur, voire vraiment aucune douleur », se réjouit le docteur Hubert Petit, chirurgien orthopédiste au sein de l'équipe de 4 praticiens de l'établissement.
Outre ce confort, les résultats fonctionnels seraient spectaculaires : « À 6 semaines de l'intervention, nous obtenons des amplitudes articulaires allant jusqu'à 142° de flexion, un niveau que l'on n'atteignait habituellement qu'au bout du troisième mois. Les patients ressortent plus vite de l'hôpital. »
« Les patients ressortent plus vite de l'hôpital »
Autre point majeur pour la population : cette technologie de pointe n'est réservée ni à une élite ni à des portefeuilles aisés. « Tous les patients en bénéficient, sans hésitation. Il n'y a aucun enjeu d'inégalité d'accès aux soins ou de critère social. Le choix de la technique robotisée est totalement neutre pour le patient, pris en charge normalement par la Sécurité sociale et les mutuelles. »
docteur H.Petit durant la conference de presse
Photo par BR
Un bras virtuel ultra-précis au service du chirurgien
Sur le plan technique, le robot (développé par Smith & Nephew) a été sélectionné pour sa capacité à s'intégrer parfaitement dans les blocs opératoires ponots. Contrairement aux idées reçues, le robot ne remplace pas le praticien : il s'agit d'une assistance intelligente tenue et contrôlée par les mains du chirurgien.
L'innovation repose d'abord sur le "bones (os) morphing" : une modélisation 3D de l'articulation réalisée directement durant l'opération. Cette acquisition intra-opératoire évite au patient de passer un scanner préopératoire irradiant et permet d'évaluer la tension exacte des ligaments en temps réel.
Pour procéder aux découpes osseuses, le chirurgien utilise une fraise motorisée tournant à 60 000 tours par minute, directement reliée au système robotique :
• Sécurité dynamique : la fraise se rétracte instantanément si la main du chirurgien s'approche d'une zone à risque ou si la jambe bouge.
Fraise rétractable
Photo par BR
• Préservation des tissus : les ligaments et tissus mous environnants sont totalement protégés par une barrière virtuelle définie par l'ordinateur.
• Évolutivité : le système fonctionne via des mises à jour logicielles. Déjà rodé pour les prothèses de genou, il s'étendra prochainement aux prothèses de hanche et d'épaule.
programmation du bones morphing
Photo par BR
Un gain écologique et financier inattendu
L'utilisation du robot réduit considérablement le matériel chirurgical nécessaire. Au lieu des 12 boîtes d'instruments traditionnelles (représentant environ 80 à 90 kg à stériliser à 30 € la boîte), le bloc passe à 9, voire 4 boîtes seulement. Sur une année, cela représente entre 30 000 € et 60 000 € d'économies de stérilisation, des tonnes de CO2 évitées et des dizaines de milliers de litres d'eau économisés.
Coûts, sécurité et données
Si l'investissement de plusieurs centaines de milliers d'euros est conséquent, le montage financier s'inscrit dans le cadre du Code de la commande publique.
L'établissement prend à sa charge le coût des fraise motorisée et capteurs, et ce, à priori, sans impacter son budget global ni restreindre le nombre d'actes.
Côté sécurité
Pas d'inquiétude sur les données : le nom du patient n'apparaît jamais dans l'ordinateur du robot ; l'équipement fonctionne en local et n'est pas relié à Internet ni au cloud ; le système est raccordé sur le réseau de secours avec groupe électrogène et doté d'une batterie d'une autonomie de 4 heures.
Avec près de trois opérations robotisées programmées par jour opératoire, l'hôpital Émile-Roux désire se positionner la Haute-Loire à la pointe de l'innovation médicale.