La saison touristique est loin d’être terminée, pour Emmanuel Boyer, directeur de l’Office de tourisme communautaire, elle s’étend « du mois d’avril jusqu’au 15 octobre ».
Une évolution importante, alors que mai et juin peuvent désormais « faire jeu égal » avec les mois d’été.
Saint-Jacques, le moteur qui ne cale pas
Sur les six premiers mois, la fréquentation touristique s’inscrit, selon Emmanuel Boyer, « dans la dynamique des trois dernières années », avec une progression par rapport à 2025 jusqu’à fin juin. Mais derrière cette tendance, sans surprise, le succès du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Depuis le début de l’année, sa fréquentation progresse en moyenne de 15 %. Un chiffre « vertigineux » pour Emmanuel Boyer, surtout au regard des « handicaps de la saison », canicule en tête.
Une dynamique qui se retrouve dans l’hébergement. Les réservations sur les plateformes comme Airbnb ont progressé de 12 % sur les six premiers mois de 2026, par rapport à la même période en 2025. Les hôtels et les campings suivent également la tendance, avec une hausse de 6,5 % de la taxe de séjour perçue par l’Agglomération. « Il y a depuis quelques années une mutation, l’offre s’est diversifiée », constate le directeur.
Juillet et août ont pris un coup de chaud
L’été, lui, est un peu moins flamboyant. Si juillet et août restent « bons » pour le directeur, ils accusent un ralentissement. Les réservations sur les plateformes ont notamment reculé d’environ 12 %. Difficile d’en déterminer la cause avec certitude, mais la canicule et la hausse des carburants ont probablement refroidi quelques ardeurs, selon Emmanuel Boyer.
Qui prendrait du plaisir à gravir les 268 marches du Rocher Saint-Michel sous 35 °C ? Le tourisme de groupes a lui aussi marqué le pas. « On a senti un coup de frein cette année », constate le directeur, évoquant un « effet psychose » autour des fortes chaleurs et un surcoût de 15 à 20 € par personne pour les autocaristes.
« L’année 2025 avait été exceptionnelle. On revient sur des standards 2024 », relativise Emmanuel Boyer. Si une enquête de l’agence régionale de tourisme menée auprès d’une centaine de prestataires a montré que 53 % considèrent malgré tout juillet et août comme bons, le directeur appelle à « désacraliser le mois de juillet. »
La saison n'est pas finie
Car la saison n’aurait pas encore rendu son verdict. « Les premiers indicateurs sont plutôt encourageants », pour Emmanuel Boyer. L'automne devrait notamment apporter son lot de visiteurs, avec une clientèle « un peu différente », davantage composée de seniors.
Reste à savoir comment le territoire s’adaptera à des étés potentiellement plus chauds. Emmanuel Boyer esquisse déjà une piste : « Si les canicules reviennent, il faudra peut-être avoir une certaine souplesse. Peut-être qu’il faudra ouvrir le Rocher Saint-Michel et la Vierge jusqu’à 20 h. »
Le tourisme ponot est peut-être en train de changer de calendrier. Et juillet, longtemps considéré comme le mois-roi, devra désormais partager la couronne...