Le magasin Decathlon du Puy-en-Velay ne commercialise plus, à ce jour, de poissons vivants destinés à la pêche au vif. Seulement, le dossier semble loin d'être clos.
Selon l'association de défense animale, l'enseigne souhaiterait engager des démarches pour se mettre en conformité afin de pouvoir reprendre cette activité. Dans un communiqué, PAZ appelle la préfecture de la Haute-Loire à ne pas accorder les autorisations nécessaires. Une procédure judiciaire engagée en 2025 est toujours en cours.
PAZ lance un appel à la préfecture
La pêche au vif
La pêche au vif consiste à utiliser comme appât un animal vivant, généralement un poisson ou un crabe, pour attraper de plus gros poissons.
En Europe, la pêche au vif est interdite en Allemagne, en Autriche, en Écosse, en Irlande et en Suisse.
Dans son communiqué de presse, l'association de défense animale demande à la préfecture de la Haute-Loire de ne pas délivrer les autorisations qui permettraient au magasin de commercialiser à nouveau des poissons vivants pour la pêche au vif.
Au cœur du dossier, la réglementation encadrant la vente d'animaux d'espèces non-domestiques, dont les poissons vivants.
Selon l'arrêté du 8 octobre 2018, les établissements souhaitant exercer cette activité doivent être titulaires d'un certificat de capacité et des autorisations administratives de la préfecture. Selon PAZ, le magasin du Puy-en-Velay ne disposerait pas de ces autorisations.
En 2025, Decathlon le Puy commercialisait toujours des appâts vivant
Photo par Clara Serrano
Une plainte et des documents obtenus
L'affaire ne date pas d'hier. Depuis 2019, PAZ mène une campagne nationale contre la vente d'appâts vivants chez Decathlon. Selon son dernier état des lieux, la part des magasins de l'enseigne proposant encore des poissons vivants serait passée d'environ 67 % en 2019 à 9 % en 2026.
En Haute-Loire, c'est en 2025 que le dossier a pris une nouvelle ampleur, lorsque PAZ a saisi la Direction départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP), estimant que le magasin exerçait cette activité sans les autorisations prévues par la réglementation.
Le 1er août 2025, l'association a déposé plainte auprès du tribunal judiciaire du Puy-en-Velay avant d'obtenir, après un avis favorable de la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA), plusieurs documents de la part de la DDETSPP. Parmi ces derniers, une mise en demeure adressée au magasin et un courrier dans lequel Decathlon indiquerait avoir interrompu la vente de poissons vivants et souhaiter engager une démarche de mise en conformité en vue d'une éventuelle reprise de cette activité.
« Concernant l'évolution au sein des divers magasins, à ce stade, nous n'avons pas d'éléments complémentaires à vous apporter. », Decathlon France
Le dossier reste ouvert
Au Puy-en-Velay, une pétition lancée en 2025 aux côtés d'une cliente du magasin a recueilli plus de 16 000 signatures, selon PAZ.
Dès 2023, Decathlon avait expliqué vouloir accompagner progressivement les pêcheurs vers l'utilisation de leurres artificiels, tout en estimant qu'un arrêt immédiat de la vente de vifs risquerait de déplacer cette pratique vers « d'autres circuits moins engagés. »
Contacté Le magasin Decathlon du Puy-en-Velay n'a pas souhaité s'exprimer à ce sujet, et le service presse de l'enseigne nous a fourni les explications suivantes :
« Depuis plusieurs années, DECATHLON est engagé dans la recherche, le développement et la vente de leurres de haute qualité, offrant des alternatives de plus en plus efficaces à la pratique traditionnelle de la pêche aux vifs. Respectant la liberté de choix de nos clients, nous les informons sur les avantages environnementaux des leurres et les encourageons à envisager ces options dans le cadre de leurs activités de pêche. Pour être durablement ancrée dans les pratiques, nous sommes convaincus que cette transition requiert une approche progressive et pédagogique. Concernant l'évolution au sein des divers magasins, à ce stade, nous n'avons pas d'éléments complémentaires à vous apporter. »