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Au conseil municipal, l'opposition met la majorité à l'épreuve du terrain

Par nadia , Mise à jour le 18/06/2026 à 17:00

Sécurité de la Via Dolaizon, remise sur le marché des logements vacants : derrière ces deux sujets, les élus d'opposition ont défendu une même critique. Selon eux, les réponses apportées par la municipalité restent en décalage avec les usages et les besoins des habitants.

À travers les débats sur la Via Dolaizon et la taxation des logements vacants, une même question a traversé le conseil municipal : les réponses apportées par la collectivité sont-elles à la hauteur des réalités de terrain ?

À peine inaugurée, la Via Dolaizon fait déjà l'objet de réserves

Lors de l'examen d'une délibération portant sur les futurs aménagements du secteur des Carmes, nécessaires pour assurer la continuité du parcours jusqu'au pôle intermodal, plusieurs élus d'opposition ont dénoncé les limites du tracé actuel.

Naziha Bouachmir (Le Puy-en-Velay Populaire - LFI) a estimé que le projet « ne répond en rien aux besoins des usagers » et a pointé une voie qu'elle juge parfois dangereuse en raison de portions empruntant les trottoirs. Même tonalité du côté de Laurent Johanny (Le Puy en commun), qui a ironisé sur une Via Dolaizon « lourdement inaugurée » malgré deux interruptions de parcours et des aménagements qu'il considère « particulièrement accidentogènes ».

L'élu a notamment cité le secteur de la rue de la Passerelle, où un tracé aurait été effacé après sa mise en place à cause du risque d’accident, le trajet comprenant un « virage à 90 degrés sur le trottoir ». Il a également pointé les équipements temporaires liés à la vidéoprojection de la façade de l'église des Carmes qui « ont été posés sur la voie » actuellement matérialisée.

Au-delà de ces points précis, Laurent Johanny a regretté le manque d'informations sur les aménagements à venir dans le cœur de ville. « Je pourrais soutenir le projet, encore faudrait-il que nous ayons les détails », a-t-il lancé, indiquant avoir déjà formulé cette demande à plusieurs reprises. Ce à quoi l’édile a répondu :

« Vous serez informé en temps utile quand on aura suffisamment travaillé sur le projet. »

Michel Chapuis a défendu un projet attendu « depuis près de quarante ans » et rappelé que certains aménagements restent provisoires dans l'attente des travaux programmés autour des Carmes. Le maire a également assumé le principe de portions partagées entre piétons et cyclistes, estimant que ce type de cohabitation existe déjà dans de nombreuses villes.

« Il y a des moments où la bande cyclable est interrompue, mais plutôt que de ne rien avoir du tout, je préfère qu'on dispose d'un itinéraire qui permette déjà de circuler sur la majorité du tracé », a-t-il résumé.

Le secteur des Carmes doit faire l'objet d'une requalification plus large avec modification des espaces publics, réduction de la place accordée au stationnement à côté de l’église et sécurisation de la traversée de l’avenue de la Dentelle. Le projet détaillé sera présenté ultérieurement au conseil municipal, a assuré le maire.

Une hausse de la taxe sur les logements vacants réclamée

Quelques dizaines de minutes plus tard, les échanges se sont poursuivis sur un autre sujet touchant directement au quotidien des habitants : le logement.

Taxe d'habitation sur les logements vacants

La loi de finances pour 2026 fusionne plusieurs dispositifs existants en une taxe unique, rendant caduque la délibération antérieure.

Une nouvelle délibération pour son instauration à compter du 1er janvier 2027 a donc été nécessaire.

Les logements concernés sont ceux à usage d’habitation non meublés, vacants depuis plus de deux années consécutives, hors certaines exonérations.

Selon une estimation évoquée en séance par Michel Chapuis, la commune compterait environ 1 200 logements vacants. En 2025, 336 logements ont été concernés par cette taxe, générant près de 237 000 euros de recettes.

Pour cette nouvelle taxe applicable à compter de 2027, la municipalité propose de reprendre le taux actuel de 18,19 %.

Naziha Bouachmir a défendu une hausse « à la même hauteur que celui de la taxe foncière » (49,18 %) et a annoncé voter contre la délibération pour cette raison.

Laurent Johanny a également demandé une augmentation du taux afin de renforcer l'effet incitatif du dispositif, d’autant qu’il estime que tous les mécanismes de protection rendent la mesure suffisamment ciblée. Estimant que l'enjeu dépasse largement la seule question des recettes fiscales, l’élu insiste :

« Le sujet, c'est d'inciter à remettre ces logements sur le marché »

Michel Chapuis n'a pas fermé la porte à cette piste. « Votre intention n'est pas du tout idiote », a-t-il répondu, rappelant que la réglementation permet d'aller jusqu'à un taux de 50 %.

Une position qui a conduit l'opposition à revendiquer une première avancée. « Déjà que vous réfléchissiez à l'augmentation de ce taux, c'est une bonne nouvelle, c'est bien ce que j'avais défendu au dernier conseil municipal », a réagi Naziha Bouachmir en fin de séance.

Reste à savoir si cette réflexion évoquée par Michel Chapuis se traduira par une hausse effective du taux. Une question qui pourrait revenir sur la table lors du prochain débat budgétaire.

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