Tout a commencé samedi matin vers neuf heures quand le premier a franchi la ligne. Dorian Houze parti de Saugues la veille à 19h a bouclé l'ultra trail et ses 138 km en 14h28.
Tout s'est accéléré ensuite avec des arrivées de plus en plus nombreuses tout au long de l’après-midi et de la soirée, les coureurs ont franchi la ligne d’arrivée un à un, parfois seuls dans leurs derniers mètres, parfois portés par les encouragements du public massé derrière les barrières. Le speaker annonçait chaque arrivée, renforçant l’intensité du moment, tandis que les applaudissements donnaient au site une atmosphère constante d’effervescence. Dans les allées du jardin Henri-Vinay, les proches suivaient les derniers kilomètres, dans une attente souvent longue mais chargée d’émotion.
Des formats exigeants et une arrivée vécue comme une délivrance
Des Chibottes (28 km) à l’Ultra (139 km), les différents parcours ont mis les organismes à rude épreuve. Plus la distance augmentait, plus l’arrivée prenait une dimension symbolique, vécue comme une délivrance. Certains franchissaient la ligne dans un ultime effort, d’autres dans un état d’épuisement visible mais heureux, tous marqués par l’effort accompli. Parmi eux, des coureurs engagés sur les différents formats ont rejoint le jardin Henri-Vinay au fil de l’après-midi.
Sam Dufour : une gestion prudente de l’effort
Originaire du Puy-en-Velay, Sam a pris le départ de l’ultra du grand trail du Saint Jacques (139km) et a adopté une stratégie prudente dès le départ : « Je suis parti très prudemment, puis j’ai essayé de gérer progressivement l’effort ».
Il décrit un passage particulièrement difficile sur la partie menant au lac du Bouchet :
« Les 8 kilomètres avant d’arriver au lac du Bouchet ont été très compliqués ». Dans les moments difficiles, le soutien des bénévoles a joué un rôle important : « La présence des bénévoles fait du bien, cela permet de relancer l’effort ». À l’arrivée, l’émotion domine : « Franchir la ligne représente une vraie libération. C’est beaucoup de bonheur, avec une forte émotion ».
Adrien Mondon : une course transformée après une chute
Venu de la région parisienne, Adrien a été engagé sur le Grand Trail (86 km). Il raconte avoir été marqué par une chute survenue peu après un ravitaillement : « Je suis tombé dans un escalier en descente après le premier ravitaillement ». Après cet épisode, il modifie son approche de course : « Je me suis mis en retrait, je suis passé en mode finisher, à partir de là, je ne pensais plus au chrono, seulement à terminer ». Il abandonne toute recherche de performance et Il franchit finalement la ligne après environ 9 h 45 de course :« L’essentiel était de terminer, surtout après mon abandon il y a deux ans ».
Marion : une attente suivie à distance sur le 28 km
Marion et ses enfants
Photo par TH
Originaire de Haute-Loire, Marion accompagnée de ses enfants a attendu son mari engagé sur les Chibottes (28 km). Elle suit sa progression en temps réel : « Nous le suivons grâce à son GPS Garmin, il nous partage son parcours ». L’organisation de l’attente repose sur les points de passage. Elle souligne une certaine habitude de l’environnement trail : « Nous connaissons un peu cet univers, je suis habituée au milieu du trail ».
Un public marqué par l’intensité des arrivées
Les spectateurs présents saluent une organisation fluide et la mobilisation des bénévoles (plus de 1000) « Sans eux, une telle épreuve ne pourrait pas se dérouler dans ces conditions ».
Au-delà des performances, cette édition du Grand Trail du Saint-Jacques met en lumière la dimension humaine, où chaque arrivée raconte une histoire personnelle portée par l’effort et le partage.
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