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Des vols dans des commerces pour payer son crack

, Mise à jour le 21/04/2026 à 17:00

Un très jeune majeur comparaissait ce jeudi 16 avril, au tribunal du Puy en Velay. Le prévenu était convoqué pour répondre de plusieurs chefs d’accusations de vol ou tentative de vol perpétré commis du 7 mars 2026 et le 14 avril 2026, dans certains commerces Ponot .

 

Au moins trois établissements visités par le prévenu

Tout commence le 7 mars 2026 à la boulangerie « La flûte enchantée ». Il est un peu plus de deux heures du matin quand la police constate que la porte est enfoncée et que l’arrière d’un véhicule de l’établissement est également dégradé. Les caméras de surveillance du commerce permettront d’identifier un homme qui tente d’arracher une balance, puis s’en prend aux tiroirs-caisse avant de repartir.

Une dizaine de jours plus tard, vers une heure du matin, la police est appelée rue Georges Sand pour un nouveau cambriolage. Un homme s’enfuit avec le tiroir-caisse à leur arrivée. Poursuivi, le voleur finira par abandonner son butin avant de prendre la fuite. Les caméras confirmeront son arrivée peu avant une heure et un départ précipité à l’arrivée des gyrophares. La police constatera que la porte a été dégondée, mais que rien ne semble manquer dans le commerce, ni avoir été détérioré.

Le 22 mars, vers 4 heures du matin, la boulangerie « Chez Mathieu et Nathalie » subit à son tour la visite du voleur. La procédure est identique et le même individu est reconnu. Un préjudice de 300 € incombe à l’établissement : le tiroir-caisse sera retrouvé aux alentours sous un tas de feuilles.

Le 9 avril, vers 3 heures du matin, c’est à nouveau « La flûte enchantée » qui subit des dégradations : porte, balance.

Un fond de caisse de... 70 €

L’homme récidive deux jours plus tard. Le voleur fait une première visite à l’hôtel « Le Chris’tel » avant de revenir le lendemain pour y dérober un fond de caisse de 70 €.

C’est à cette période que les policiers pensent reconnaître l’individu. La présence d’une empreinte viendra confirmer l’identité du cambrioleur par la suite.

Le prévenu sera arrêté deux jours plus tard aux abords du Chris’tel. La perquisition de son appartement permettra de retrouver les vêtements portés lors des tentatives de vol ou vol.

Six vols ou tentatives de vol en un peu plus d’un mois

Pas moins de six vols ou tentatives de vol ont lieu en quelques semaines chez des commerçants de la ville du Puy-en-Velay.

Lors de ses auditions, le prévenu reconnaîtra partiellement les faits, puis finira par avouer. Cependant, lors de l’audience, il reviendra sur l’intégralité des faits.

Une jeunesse bercée dans la délinquance

Ce jeune célibataire de 23 ans, sans enfant, réside chez sa mère et n’a jamais travaillé. Son parcours judiciaire commence en 2017 dans le cabinet du juge des enfants pour vols, violences, dégradations, consommation de stupéfiants et recel de biens. Encore en décembre 2025, il était condamné par la justice et sorti de prison un an plus tard, ce que la juge ne manquera pas de relever.

« Ça m’a tué ma vie en l’espace de deux mois »

Le procureur de la République pointera, lors de sa plaidoirie, que le prévenu n’a engagé aucune démarche de soins durant sa détention et banalise ses actes en se cachant derrière sa consommation. Le jeune homme tente d’expliquer, avec toutes les difficultés qu’il a, que « quand on est là-dedans, on ne pense pas aux médecins ». Il avouera avoir dérapé en fumant du crack, mais ajoutera : « Ça m’a tué ma vie, en l’espace de deux mois. »

« Vous ne savez pas ce que c’est de prendre du crack, madame »

Derrière cette histoire de vols et de tentatives de vol se cache un jeune homme en souffrance, ancré dans la délinquance et l’addiction. À plusieurs reprises, il lancera à la juge : « Vous ne savez pas ce que c’est de prendre du crack, madame. » Même si la juge lui répondra : « Non, et je ne veux pas le savoir », il évoquera sa descente aux enfers.

« Je me demande si un jour je serai un citoyen »

L’avocate qui défend le prévenu ne peut qu’évoquer une réalité difficile. Elle questionne ce que la justice peut faire pour ce jeune et demande que le quantum demandé par le procureur de la République soit revu à la baisse.

Avant la décision judiciaire, le jeune homme terminera par : « Je veux juste me sauver, je me demande si un jour je serai un citoyen. »

Trente mois de prison avec un suivi judiciaire et obligation de soins

Le tribunal condamnera ce jeune adulte à 30 mois de prison, dont 8 mois de sursis, avec un suivi judiciaire incluant obligation de soins, de travail et interdiction d’approcher les commerces concernés. Il a été maintenu en détention.

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