Au moins trois établissements visités par le prévenu
Tout commence, le 7 mars 2026 à la boulangerie « la flûte enchantée », il est un peu plus de deux heures du matin quand la police constate que la porte est enfoncée et que l'arrière d'un véhicule de l’établissement est également dégradée.. Les caméras de surveillance du commerce permettront de voir un homme qui tente d’arracher une balance puis qui s’en prendre aux tiroirs caisse avant de repartir .
Une dizaine de jours plus tard vers une heure du matin, la police est appelé rue Georges Sand pour un nouveau cambriolage, un homme s’enfuit avec le tiroir caisse à leur arrivée. Poursuivi, le voleur finira par abandonner son butin avant de prendre la fuite.
Les caméras de surveillance confirmeront l’arrivée du voleur peu avant une heure et un départ un peu précipité par l’arrivée des gyrophares. La police constatera que la porte a été dégondée et que rien ne semble manquer dans le commerce, ni avoir été détérioré.
Le 22 mars, vers 4 heures du matin, la boulangerie « Chez Mathieu et Nathalie » subit à son tour la visite du voleur. La procédure est identique et le même individu est reconnu. Un préjudice de 300€ incombe à l’établissement, le tiroir de caisse sera retrouvé au alentours sous un tas de feuilles.
Le 9 avril vers 3 h du matin , c’est à nouveau « la flûte enchantée » qui subit des dégradations : porte, balance.
un fond de caisse de ... 70€
L'homme récidive deux jours plus tard, le voleur fait une première visite à l’hôtel « Le Chris’tel » avant de revenir le lendemain pour y dérober un fond de caisse de 70€.
C’est à cette période que les policiers pensent reconnaître l’individu. La présence d’une empreinte viendra confirmer l’identité du cambrioleur par la suite.
Le prévenu sera arrêté deux jours plus tard aux abords du Christel, la perquisition de son appartement permettra de retrouver les vêtements portés lors des tentatives de vol ou vol.
Six vols ou tentatives de vol en un peu plus d’un mois
Pas moins six vols ou tentatives de vol ont lieu en quelques semaines chez des commerçants de la ville du Puy en Velay.
Lors de ses auditions, le prévenu reconnaîtra que partiellement les faits puis finira par avouer. Cependant lors de l'audience, il reviendra sur l’entièreté des faits.
Une jeunesse bercée dans la délinquance
Ce jeune célibataire de 23 ans, sans enfant, réside chez sa mère et n’a jamais travaillé. Son parcours judiciaire commence en 2017 dans le cabinet du juge des enfants pour vols, violences, dégradations, consommations de stupéfiant, recel de biens. Encore en décembre 2025, il était condamnée par la justice et était sorti de prison un an plus tard, ce que la juge manquera pas de relever.
« ça m’a tué ma vie en l’espace de deux mois »
Le procureur de la république pointera lors de sa plaidoirie, que le prévenu n’a engagé aucune démarche de soins durant sa détention et banalise en se cachant derrière sa consommation. Le jeune homme tente d’expliquer, avec toutes les difficultés qu’il a, que « quand on est là dedans, on ne pense pas aux médecins ». Que durant cette période, il a dérapé en fumant du crac, mais au-delà de ça, il dira « ça m’a tué ma vie, en l’espace de deux mois »
« Vous ne savez pas ce que c’est de prendre du crack, madame »
Mais derrière cette histoire de vol et de tentative de vol, se cache un jeune homme en souffrance, ancré dans la délinquance et l'addiction. A plusieurs reprise il lancera à la juge « Vous ne savez pas ce que c’est de prendre du crack, madame » et même si la juge lui a répondu« Non et je ne veux pas le savoir », il évoquera sa descente aux enfers.
« je me demande si un jour je serais un citoyen »
L’avocate qui défend le prévenu ne peut qu’évoquer une réalité qui n’est pas belle à voir, elle questionne ce que la justice peut faire pour ce jeune et demande que le quantum (montant d'une amende) demandé par la procureur de la république soit vu à la baisse.
Avant la décision judiciaire, le jeune homme terminera par « Je veux juste me sauver, je me demande si un jour je serais un citoyen ».
Trente mois de prison avec un suivi judiciaire et obligation de soins
Le tribunal condamnera ce jeune adulte à 30 mois de prison dont 8 mois de sursis avec un suivi judiciaire avec obligation de soins, de travail et interdiction des commerces concernés. il a été maintenu en détention.