Je signale une erreur

Précisez éventuellement la nature de l'erreur
Saisir les caractères affichés dans l'image.

Un papillon qui veut votre mort

Par nicolas@zoomdici.com , Mise à jour le 06/02/2026 à 06:00

Ce cancer porte un joli nom. Papillomavirus. Aussi jolies que terribles sont ses ailes destructrices. Parce que la prévention est le meilleur des traitements, une campagne de vaccination contre lui et le méningocoques est à l’œuvre dans tous les collèges de la Haute-Loire.

En Haute-Loire, la campagne de vaccination en milieu scolaire contre les papillomavirus humains (HPV) et les infections invasives à méningocoques (IIM) est lancée. Elle s’adresse aux élèves âgés de 11 à 14 ans, scolarisés dans les collèges du département.

Présents au collège Anne Franck à Brives-Charensac, des représentants de l'Agence Régionale de Santé, de l'Académie de l’Éducation nationale ou encore de l'hôpital Emile-Roux, ont présenté les enjeux et l'importance d'une telle opération.

Serge Fayolle, directeur départemental de l'ARS, explique : "c'est la troisième année que cette action essentielle a lieu. Dans le département, 22 collèges publics et 7 privés participent. Ce sont 350 autorisations parentales qui ont été délivrées aux chefs des établissements scolaires".

Détail à souligner. Contrairement aux idées reçues, la vaccination contre le papillomavirus qui provoque des cancers de l'appareil génital, entre autres, n'est pas destinée qu'aux filles. D'ailleurs, d'après Christophe Aubry, responsable prévention à l'ARS 43 : "sur les 350 élèves candidats, 60% sont des garçons".

La prestation de la vaccination réalisée au collège est entièrement prise en charge par l’État et l’Assurance Maladie : aucun frais n’est à régler par les familles.

La Haute-Loire, plutôt bon élève

La vaccination est confiée au centre de vaccination porté par le Centre Hospitalier Émile-Roux au Puy-en-Velay et organisée conjointement avec le service de santé en faveur des élèves de la DSDEN. Ce mercredi 5 février, 15 élèves sont ainsi passés entre les mains du docteur Ferrer au collège Anne Franck.

"Si on compare la Haute-Loire avec la moyenne nationale, notre département se place au-dessus au sujet de la vaccination contre le HPV, indique Christophe Aubry. Soit plus d'une personne sur deux vaccinée avec les deux doses nécessaires".

Jacques Ferrer explique les enjeux du vaccin à une élève du collège Anne Franck.
Jacques Ferrer explique les enjeux du vaccin à une élève du collège Anne Franck. Photo par Nicolas Defay

Objectif ? Vacciner 80% de la population cible

L'ARS espère atteindre les 80% du contingent concerné, à l'instar des Pays-Bas ou de l'Australie, nations bien plus en avancées que l'Hexagone sur le sujet. "Les papillomavirus humains infectent 8 personnes sur 10, femmes comme hommes, au cours de leur vie", déplore Serge Fayolle.

Avant d'ajouter : "Ils sont responsables chaque année, de près de 6 400 cancers en France qui touchent, en particulier, le col de l’utérus, l'anus et la zone ORL. La vaccination est recommandée dès 11 ans, avant les rapports sexuels à venir. Elle permet de prévenir jusqu’à 90 % des infections à HPV responsables de cancers".

Le vaccin protège contre 9 types de HPV, dont 7 à haut risque. Il prévient les lésions précancéreuses et les cancers du col de l’utérus, de la vulve, du vagin, de l’anus, ainsi que les condylomes.

Pour la période 2024-2025, la couverture vaccinale en France s’élevait à 54 % chez les filles et à 43 % chez les garçons. En Auvergne-Rhône-Alpes, la couverture vaccinale a progressé en 2025, avec un gain de 14 points chez les filles de 15 ans et de 13 points chez les garçons. Pour la Haute-Loire, 293 collégiens ont reçu une première dose.

Les élèves ont été informés en cours, par leurs professeurs, sur le sujet.
Les élèves ont été informés en cours, par leurs professeurs, sur le sujet. Photo par Nicolas Defay

"Certains méningocoques amènent à la mort"

Concernant le méchant méningocoque, même traitement. Ces infections invasives peuvent provoquer des méningites et des septicémies. "Les conséquences peuvent être extrêmement graves" prévient Claudine Martin, infirmière conseillère technique auprès de l’Inspection Académique. "Les patients peuvent être lourdement handicapés, à vie. Certains méningocoques amènent à la mort".

Selon les représentants de l'ARS 43, une hausse importante des IMM est à déplorer. Aussi, pour renforcer la protection des enfants et des adolescents, la stratégie vaccinale a été intensifiée. "Depuis le 1er janvier 2018, la vaccination contre le méningocoque C a été rendue obligatoire", souligne Claudine Martin.

Et à partir de janvier 2025, la vaccination contre les méningocoques ACWY, en remplacement de celle contre le méningocoque C, et la vaccination contre le méningocoque B, sont devenus obligatoires chez tous les nourrissons.

Une seule injection assure une protection d’au moins 5 à 10 ans et peut être administrée en même temps que d’autres vaccins. Aux Pays-Bas, la baisse des cas des IMM chez les jeunes enfants a atteint près de 82 % après le remplacement de la vaccination C par ACWY.

Outre les établissements scolaires où sont organisés ce genre de campagne et les informations qui vont avec, les vaccinations peuvent se faire chez son médecin traitant, à l'hôpital, ou même dans les pharmacies.

L'ARS et l'Education nationale, main dans la main pour la prévention médicale.
L'ARS et l'Education nationale, main dans la main pour la prévention médicale. Photo par Nicolas Defay

 

Je renseigne ma commune de préférence :

  • Accès prioritaire à du contenu en lien avec cette commune
  • Peut être différente de votre lieu de travail
Valider